samedi 16 octobre 2010

François Viangalli : Densité brève - Poèsie Corse

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François Viangalli : Densité brève



U culore nasce incù u lume :

ch’ellu si cambii u lume,

s’alteranu i culori.

Postu chì ùn ci sὸ paesi

chì t’abbianu listesa polvera.

Ùn si pὸ parte da qualsiasi locu

senza mutà se stessu,

corpu è anima :

facenu l’ochji l’esiliu primu.

La couleur naît de la lumière :

que la lumière change,

les couleurs s’altèrent.

Comme il n’est de pays

qui soient jumeaux,

qui portent la même poussière.

On ne peut quitter un lieu,

sans se changer soi-même,

corps et âme :

c’est le regard qui crée

le premier exil.

Chjara notte chì riposa,

quale sà quant’è mè

l’esiliu è a vicinanza

di e pensate sin’à a terra,

issa terra umida è muscosa

nù l’inguernu di u ritornu ?

Claire nuit qui repose,

qui sait comme moi

l’exil et la proximité

des pensées jusqu’à la terre,

cette terre humide et parfumée

dans l’hiver du retour ?



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Avec l'aimable l'autorisation de Norbert Paganelli

Revue : NU(e) - 13 poètes corses



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2 commentaires:

paganelli a dit…

Bravo pour cette mise en ligne (mise en bouche ?) de cette belle poésie écrite en langue corse. Eh ! Elle vie la langue corse....ainsi que toutes les autres minoritaires de France, de Navarre et d'ailleurs... Ce sont les mauvaises herbes indispensables à notre salut, ce sont les adventices du 8° jour, ce sont des preuves d'amour pour la grande humanité qui ne souhaite pas porter de vêtements repassés ni de chaussures trop lustrées. C'est la vie quoi ! Merci à toi ami Marsyas !

mystérieuse a dit…

Intéressant, étonnant.. bien que la traduction française fasse perdre de son charme à ce beau poème. A entendre ce doit être magnifique!