dimanche 30 mai 2010

Poèsies d'enfants des Alpes ! - 1989

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Un des plus hauts sommets de Provence
le Monviso



Un thème original & dans une langue originale, le Provençal de del'autre coté des Alpes, en Piémont!


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La primiero parapiolo

Nono, nouneto,
ài vist 'na parpaiouleto.
Es bello, es jauno,
a prou de pouchins biancs.
Cercavo uno fioureto
per s'arpausar n'estis.
A troubà ben de chatins,
de marguerites, de balaròts.
S'es pausà souplo en pauhet
e m'à dich:
La primo es arrubà, fihet !




Nicolò COMETTO
Sancto Lucio de Coumboscuro/
Scuola elementare, classe prima
(councours de 1989)



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La proumiero viouleto


Il ee naissuho sû lou bort de la vìo,
de sus lou bouissoun,
eicuro, mà bello e profumà.
Il ee venguho noû dire
que la primo ee arribà,
que, tra pâ-gaire, las randoulinas
tournerén à soun ni,
que tuchi lh'albres,
un aprè l'autre,
se croberén de flours !
Il ee venguho à proumettre
à tuchi li paures,
que st'uvèrn î patian bién,
que la faré pâ pi freit.
Pâ-utagaire, lou soulelh,
encà tièdde,
acoumensaré à eichaudà,
la tèrro tourneré rigoulhouso
bou lou travalh de l'ome
à la gràssio delh Boun Diou!!


Robèrta PRONO
Roure - Val Clusoun /
Eicolo elementaro
(councours de 1989)


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samedi 29 mai 2010

Avant Propos de la Genèsi : La Haggada - F Mistral

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Traduction de la Haggada, par F. Mistral, livre rabbinique des traditions des carrières de Carpentras, Cavaillon, Avignon,...
Textes lus durant la Pâque juive ou Pessah, il y en eu une version chrétienne que Mistral nous donne dans son Avant-Propos de la traduction de la Genesi , le texte ci-dessous sert d'introduction !



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DEMANDO. — Quau saup ço qu'es un ?

RESPONSO. — léu. Un es noste Dieu, que règno
dins lou cèu e sus la terro.

D. — Quau saup ço qu'es dous ?

R. — léu. Dous es li taulo de la Lèi.

D. — Très ?

R. — Es li patriarcho, Abraham, Isa e Jacob.

D. — Quatre ?

R. — Es nôsti maire Saro, Rebèco, Rachèu e Lia.

D. — Cinq ?

R. — Es li cinq libre de Mose, lou Pentatèuque, nosto lèi.

D. — Sièis ?

R. — Li sièis libre de la Mischna (coumentàri dòu Pentatèuque).

D. — Set ?

R. — Li set jour de la semano.

D. — Vue ?

R. — Li vue jour d'avans la Circouncisioun.

D. — Nàu ?

R. — Li mes di femo prens.

D. — Dès ?

R. — Li coumandamen de Dieu.

D. — Vounge ?

R. — Li vounge estello (dòu sounge de Jòusè).

D. — Douge ?

R. — Li douge tribu d'israèl.

D. — Trege ?

R. — Li trege atribut de Dieu.






La Genèsi

Traduction F Mistral
Publié par l'Astrado


1990


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vendredi 28 mai 2010

Armand Lunel : LA REINE JEANNE - 1962

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Les "Suds" eurent leur Reine, une "vraie" méditerranéenne au sang chaud!!!



LA REINE JEANNE

JEANNE 1 re, comtesse de Provence, reine de Naples, de Sicile et de Jérusalem, était l'arrière petite-nièce de Saint Louis et la petite-fille du roi Robert si justement nommé le Sage, dont un mémorialiste de l'époque, Villani, assura qu'il fut plein de sens naturel et de science, illustre maître en théologie et excellent philosophe, nécromancien fameux, riche enfin de tous les talents et de toutes les vertus. Pour notre Jeanne malheureusement, cette hérédité combien enviable! S'inscrivit sous la forme d'un zéro. Elle n'était guère intelligente; elle n'avait ni instruction ni culture; elle ignorait le latin indispensable à la rédaction et au contrôle des actes publics; et ce qui reste à souligner, puisque ce fut le principal, elle était parée des grâces les plus lascives, brûlant de tous les feux de la chair et la cuisse aussi légère quela cervelle. Sans compter les amants qu'elle savait choisir d'une œillade impérieuse parmi les jeunes seigneurs de sa cour, elle consomma tour à tour quatre époux, tenant ainsi avec chacun d'eux le rôle d'une mante religieuse couronnée.

Le premier, son cousin, André de Hongrie, lui fut imposé par une décision politique de son grand-père, qui fit célébrer leur mariage à Naples, quand ils n'avaient lui que sept ans et elle, neuf. Qu'attendait-elle déjà de leurs Jeux d'enfants, petit mari et petite femme ? Tout. Elle n'eut jamais rien ou presque de cet ourson des Carpates, qui s'enragea de n'être que prince consort et qu'elle prit de plus en plus ça horreur. En 1343, quand à la mort de l'aïeul elle monta sur le trône, elle n'était encore que dans sa dix-septième année. En 1345, elle venait d'atteindre sa dix-neuvième, lorsque dans leur résidence estivale d'Aversa, le n° 1 fut étranglé de nuit, à la porte de la chambre conjugale, par l'escouade de ses favoris. Le moins qu'on puisse dire, à sa charge comme à sa décharge, c'est que, si elle n'ordonna pas, elle sut et elle profita.

Sur ses vingt et un ans, elle s'adjugea son n° 2, un autre de ses cousins d'une branche rivale, Louis de Tarente, un superbe oiseau de proie, dont elle avait été la maîtresse du vivant d'André et qui était sûrement du parti des assassins. Après quoi, craignant le pire, comme le roi Louis de Hongrie, impatient de venger la mort de son frère, descendait avec ses troupes sur Naples, elle ne trouva son salut que dans la fuite, s'embarqua clandestinement pour la Provence et, après avoir essuyé une terrible tempête, arriva saine et sauve à Marseille, où son premier soin fut de confirmer tous les privilèges de la ville, précaution qui lui valut un accueil triomphal des habitants. Ensuite, il y eut l'étape d'Aix ; mais là les barons du pays, plus méfiants et un peu moins emballés que les gens de Marseille, commencèrent par une opération de chantage et, tout en lui prodiguant toutes sortes de marques d'attachement et de respect, ils la retinrent prisonnière dans son palais comtal jusqu'à ce qu'elle eût juré de ne jamais rien aliéner de la Provence et de n'y nommer que des fonctionnaires indigènes. Libérée sur cette promesse qu'elle était bien décidée à ne pas tenir, elle parvint au terme de son voyage, Avignon, alors décimé par la peste noire. Là, après avoir obtenu du pape Clément VI une absolution tacite pour le meurtre de son premier mari et la dispense canonique pour son mariage avec le second, comme elle avait grand besoin d'argent pour rentrer à Naples, elle en fut réduite à vendre sa bonne ville d'Avignon pour quatre-vingt mille florins d'or. Par bonheur pour elle, le roi de Hongrie s'était fatigué en route et avait dû renoncer à son expédition punitive. Mais le n° 2, Louis de Tarente, se montrait aussi désagréable et encore plus autoritaire que son prédécesseur. Par une série d'intrigues et de violences, il réussit à priver la Reine de tout pouvoir effectif et à régner à sa place. En 1362, ce fut encore une chance pour Jeanne, quand il mourut pour s'être refroidi dans l'eau de son bain.



La même année — c'est dire combien le veuvage fut bref! — l'insatiable s'offre son n° 3, un gigolo de haute futaie, Jacques d'Aragon, roi de Majorque, plus jeune qu'elle de onze ans et beau comme un Adonis; ce dont avec son tempérament elle ne pouvait que se réjouir; mais il était en proie à des crises de frénésie épouvantables, à tel point que pour s'en débarrasser elle l'envoya finir ses jours à la conquête des Baléares.

De nouveau veuve en 1375, elle eut son quatrième numéro en la personne d'un vieil et solide condottiere allemand, Othon de Brunsvvick. Sans héritier direct pour assurer sa succession malgré tant de coucheries, elle commit l'imprudence d'adopter le duc d'Anjou, Louis, frère du roi de France Charles V, aux dépens de son neveu, Charles de Duras qui, dans sa fureur, rassembla une armée hongroise avec laquelle il s'empara de Naples en 1381. La malheureuse Jeanne s'y trouva prise, à sa merci, comme dans une ratière. Internée dans un château des Apennins, elle fut livrée à quatre bourreaux magyars qui, pour venger le meurtre d'André de Hongrie, l'étouffèrent, après lui avoir lié bras et jambes, entre deux édredons; digne fin d'une souveraine qui avait toujours préféré les plaisirs du lit aux devoirs du trône.

Son règne, rempli de sang, de luxure et de sottises, fut un désastre pour la Provence perpétuellement livrée aux factions des seigneurs en révolte, à la guerre civile et aux ravages des Grandes Compagnies, ces corps francs de Gascons, d'Anglais et d'espagnols qui, pillant, tuant et violant, répandaient partout la misère, la panique et la mort. Or, malgré une telle accumulation d'aventures scabreuses et de fautes politiques, si invraisemblable que paraisse la métamorphose, cette Jeanne se détache, s'élève et resplendit avec F auréoler dans notre folklore, de toutes les séductions et de toutes les vertus d'une princesse de conte de fées. Belle, héroïque, juste, pieuse, bienfaisante, protectrice du Gai Savoir et Présidente — l'expérience ne lui manquant pas! — des plus brillantes de nos Cours d'amour, elles n'aurait vécu que pour assurer le bonheur des Provençaux et en être adorée. Les souvenirs de son libertinage ont bien laissé, ça et là, des traces comme dans le dicton : « Acô es la puto Jeanne ; lou darié la gagno ». « C'est la, P...Jeanne; le dernier la gagne ».
Mais ce ne sont que minces et imperceptibles bavures à côté du rôle sinistre de vamp qu'elle joue dans la légende napolitaine; et si dans les rues chaudes d'Avignon, d'Arles ou de Marseille, une ou deux maisons trop accueillantes en firent jadis leur marraine, comme il advint aussi à Madeleine et à la très chaste Laure, tout cela ne pèse pas beaucoup en face du nombre incalculable de palais de châteaux, de donjons, de calvaires, d'aqueducs, de puits, de fontaines et taême de caraires, ces chemins réservés à la transhumance qui, de nos joura encore, portent son nom en témoignage de ses libéralités. On se gardera d'oublier, aux Baux, le Pavillon intitulé de la Reine Jeanne, mais élevé par une Jeanne de Quiqueran en 1581, et, où Mistral a voulu prendre le modèle de son tombeau. Et puisque Carpentras s'enorgueillit de ses berlingots, Aix, capitale historique de la Provence, ne pouvait faire mieux que d'offrir aux gourmands du monde entier les calissons de sa reine. Jusque dans la pâtisserie, la voilà à l'honneur! On ne s'étonnera donc point que le maître de Maillane, en lui
consacrant une tragédie d'ailleurs manquée, ait tenu à prendre le relais d'une de nos plus complaisantes traditions et se soit ainsi expliqué dans sa préface :

"La reine Jeanne appartient à un groupe défigures historiques, telles que Caïus Marius, Ossian, le roi Arthur, le comte Raimon de Toulouse, notre bon roi René, la duchesse Anne de Bretagne, Roland, le Cid et autres, auxquels se rattachent dans la mémoire populaire les légendes héroïques, les traditions de la race, les monuments mystérieux...
La belle Jeanne est pour nous Provençaux ce que Marie Stuart est pour les Écossais : un mirage d'amours rétrospectives, un regret de jeunesse, de nationalité, de poésies enfuies".

Mais comment cette Reine, malgré sa réputation exécrable et pour la plus grande part trop bien fondée, a pu et peut encore jouir en Provence d'une aussi paradoxale popularité, alors qu'elle n'y a séjourné que quelques mois et que, dès son retour à Naples, elle s'empressa, parjure à son serment, de révoquer les franchises qu'elle ne nous avait accordées que sous la contrainte?



Un historien éminent, Emile Léonard, dont les travaux ont enfin établi irréfutablement la triste vérité sur Jeanne 1 re, a suggéré avec beaucoup d'esprit et de finesse qu'il s'agirait d'un cas psychologique pareil à celui de M. Perrichon. Quand elle fuyait le courroux du roi de Hongrie, ce sont des galères provençales qui vinrent la recueillir dans le golfe de Naples; ce sont les Provençaux qui lui offrirent alors un refuge et un asile; les Provençaux encore qui, tout au long de ses épreuves, lui restèrent fidèles et de leur mieux lui portèrent secours. Finalement, toute la gloire qu'ils s'étaient acquise en lui rendant de tels services, et dont ils s'estimaient d'autant plus fiers qu'elle les mériterait davantage, ils devaient généreusement la faire rejaillir sur leur royale obligée. Si son bref passage en Provence y laissa, pour reprendre l'étonnante formule de Mistral, l'éblouissement d'un météore, le roman de sa jeunesse, de son sex-appeal et de ses malheurs y fut sans doute pour beaucoup. Comme elle était partie pour ne plus jamais revenir, peut-être faut-il interpréter aussi cette transfiguration de son histoire comme une autre histoire de Princesse Lointaine : loin des yeux, près du cœur et par la suite notre mémoire collective, procédant à la toilette de ses souvenirs, fit tomber les oripeaux sanglants et les linges souillés de la reine Jeanne, pour ne garder que son sceptre d'ivoire, ses aiguillettes d'or et sa robe de velours blanc immaculée.

Armand Lunel ;
"j'ai vu vivre la Provence"
Fayard - 1962
Avec la permission de Mme Astruc sa Fille.

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mercredi 26 mai 2010

Juon-Mari GASTON : MIOUNÈLO - ( Auvergnat )

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MIOUNÈLO


Après Mistral e sa Mirèio
Dimpiei lontèms abio l’idèio
De canta – raibe fuol d’un paure troubadour –
Uno oubergnato joubenèlo
Que s’apelario Miounèlo.
Aquel jour es bengut. Suors de l’oumbro, ma bello,
Buole t’enmantela de glorio e d’esplendour !

Illustre efont de la Prouvenço
Que Calliopo, à ta neissenço
Dinc toun bret d’amourié benguè poutouneja,
E que, dinc sa lengo dibino
Lou grond poueto Lamartino
A l’Oumero noubel de la raço latino
Quond ligiguè tes bers coumparabo deja !

Del cap del cièu flourit d’estièlos,
Coumo un pradel de pimpanèlos,
Ound lou brabe sent Peire un jour m’aculiro
Ombe sa barbo grisounonto ;
Guido la marcho trantioulonto
D’un pastre del Cantàu que, d’uno mô tremblonto,
Umblomen, dariès tu, be semena soun grô.

Mestre, toun obro es immourtalo.
L’èclo reial, d’un soul cuòt d’alo,
Escalado les puèts ound piàutou ses coutis ;
Mes la mesengo carbounièro
Puot pas darca dins sa flaquièro
Les aures les pus nauts que buordou la ribièro,
Nimai les ousselous apelats reipetits.

E tu, que benguères sus terro
Per arranca de la misèro,
Uno nuèt de Nadàu, les omes pecadous
Que touchour lou diaple tourmento,
E que, sul la mountogno sento
Dabon Joan l’apostoul e ta maire doulento,
Mouriguères, clabat, sul l’aure de la Croux;

Senhour divenc, ò nostre Paire !
Embouio agaro toun esclaire
Coumo un oussèl del cièu sur moun front se pousa;
Atàu moun obro coumençado
Al sòu de la noubèlo annado
Pel fiot del Sent-Esprit saro purificado
De tout ço que pourio en elo t’oufensa.

............



Un jour que gardabo sas oulhos
Al miet de las bloundos estoulhos
Ound filhos e garçous benou glena l’estìu;
Lóugièro coumo uno blueto
Uno pauro catarineto
Que, poueticomen, dins nostro lengo eicito
Apelon, mai que mai “pouloto del Boun Dièu”,

Talo uno rèino, espassejado
Dunqu’ati per uno alenado,
Douçomen se pousè sul rebers de la mô
De nostre pastre que, pecaire,
Semblè entendre, tremoulaire,
Uno bouès que disio – soui l’amo de toun paire;
Fai toun bouot, Piorrounel, n’esperes pas demô !

Tô lèu qu’es facho la domondo
La bestiouno alero s’alondo
E sons mai s’atarda, bistomen prend soun bòu,
Touto minusculo e lóugièro,
A l’endessus d’uno ouglonièro
Del tems que lou souguel que darco la ribièro
Ensemble fo canta busqueto e roussinhòu.

L’ouro es esquito e perfumado.
Des longs escabèls de fumado
Se debòusou dins l’èr que coumenço à bruni.
Partit de la glèisio roumono,
Lou cont doulent de la campono,
De l’aurièro des buos dunqu’al found de la plono,
Roudelo à trabers comps dabon de s’agani.



..........

Qu’ero las darnièros semonos
Que gardabo fedos e monos
Pes comps de la “Pradèlo” omb “Toupou” soun labrit,
Car lou bouriaire, aquelo annado,
Li abio counfiado la bacado
Que mountabo l’estìu se perdre sul l’òussado
Del coustat d’à Mandalho, al pe del Puèt Marit.

Dimpiei que sabio la noubelo,
Cado mati, la demuiselo,
Quond lou souguel lebont esclairo lou cièu blus
Dabon lou jour que l’acoumponho
Lontems fissabo la mountonho
En pensant: quond Piorrou quitoro la camponho
Pendent quatre longs mes, ailàs! nous beiren plus !


Zo bous declare, per ma fiato,
Qu’ero uno poulido oubergnato
La filho de l’Alino e de Moussu Guiral,
Lou cuarrou de la Granoulièro,
Buorio impourtonto de Bercuèro,
Un bilache qu’arroso uno fresco ribièro
E qu’oumbrachou, l’estìu, lou bergne e l’ouseral.

Cò’s ati que nostro erouïno,
Filho unico, seje ons à peno,
Ero nascudo en mai, quond les tels sou flourits.
Ambe sa facio rousinèlo,
Ses uèls sourisents, Miounèlo
Ero la plus graciouso e gionto demuisèlo
De soun bilache, amai càu dire, del païs.


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Acò's uno grondo obro de Juon-Mari GASTON, felibre d'Auvernho e grond poueto, nascut en 1911 e toujour verd. Véni de recebre Miounèlo amm una letro e uno dedicaço que mostro una tèsto toujour vivo.

La revisto Lou Felibrige o publicat un article de Nadal Lafon, l'Auvirnhat coumplexat que se lengadoucianiso dien lou noum e dien l'escrit soubre "l'Aucelum dins Miounèlo".

Almen deciagabo qu'aquel grond pouemo, lou pendent de Mirèio en auvernhat, èro estat editat en 1990 e que'n demoro quauques esemplàris.

Miounèlo 21 E (17 + 4 de port. Es un gros lhibre)

de coumanda à

Jean-Marie Gaston

Le Bourg

15340 Calvinet


Miounèlo s'achabo mièl que Mirèio puèi que se maridou à la fi, e lis entravadis sou min grèus. En fait es un pretèste per chanta l'Auvernho, sa naturo, e ilustra un pauc sas tradicious, mas li vèrs sou plô balançats.



Alan Broc
Avril 2010


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mardi 25 mai 2010

S.A. Peyre : VAI-T'EN VEIRE SE VEN.

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Léoplodine Hugo



VAI-T'EN VEIRE SE VEN

Vai-t'en vèire se vèn,
Dins la lus e lou vent,
La chato incouneigudo ;
Vai-t'en vèire se vèn,
0 s'es despareigudo.

Belèu que t'adurra,
Dins un rampau cura,
Uno abiho escoundudo ;
Belèu que t'adurra
Sa vido semoundudo.

Sara belèu rèn mai
Qu'un eslùci de mai
E troubado e perdudo ;
Sara belèu rèn mai
Que cerco à la perdudo.


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VA REGARGER SI VIENT...

Va regarder si vient,
dans la lumière et dans le vent,
une jeune fille inconnue ;
va regarder si elle vient,
ou si elle est disparue.

Elle t'apportera peut-être,
dans une branche creuse,
une abeille cachée ;
elle t'apportera peut-être
l'offrande de sa vie.

Ne sera-t-elle rien de plus
qu'un éclat de lumière en mai,
et trouvée et perdue ;
ne sera-t-elle rien de plus
que recherche éperdue ?



S.A. Peyre
édité en 1968 par
Ed. Max Ph. Delavouët

(paru in l'Astrado -1990)

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lundi 24 mai 2010

2ème Acampado de Gremoun

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2009


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Vendredi 4 et Samedi 5 JUIN 2010

Au foyer Francis Perrigot à Aigremont Entrée libre

2èmeAcampado de Gremoun

Rencontres Cévennes- Provence



Hommage à Jan Castagno

La 1ère Acampado de Gremoun, en 2009 a marqué l’amitié entre les peuples provençal et cévenol par l’inauguration d’une plaque sur la ligne de rencontre de nos deux langues, la signature du Traité d’Aigremont et des festivités pendant toute une Dimenchado.
La 2ème Acampado perpétue cette manifestation et en fait déjà une tradition. Elle se situe dans la dynamique du Collectif La Fierta Cevenolo qui œuvre à la reconnaissance de l’identité cévenole et dans celle du Traité d’Alliance des Langues d’Oc.
C’est donc encore Aigremont, berceau de ces rencontres qui accueillera l’Acampado 2010 à laquelle vous invite Lou Clu, en partenariat avec le Collectif Prouvènço et avec le soutien de la Communauté de Communes « Autour de Lédignan », du Conseil Général du Gard, de Groupama et du Crédit Agricole pour cette grande fête qui associera cérémonies, danses, chants, contes, galéjades, expositions et spectacles.


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Pour tout renseignement : Lou Clu
04 66 83 45 46 - 06 11 81 67 40 - 04 66 56 64 69 - clu@live.fr


Programme

sous réserve, susceptible de modifications

Vendredi 4
- 18h30 Ouverture
- 19h. Théâtre cévenol : « La disputo au liè » de Jan Castagno par la Cie Gargamela
- 19h.30 Repas avec animation par les patoiphones du Clu et du public
- 21h.30 * Prime time : lecture par les Clubaïre d’extraits des « Sources de la liberté » (Les Camisards) de Claude Aubry traduits par Yves Gourgaud
* Chiron, chanteur et conteur provençal

Samedi 5
- 10h. Jan Castagno par J.Allègre (C.A.D.E.) Comité d’Animation de La Vabreille
- 12h. Intronisations par la Confrérie des Vins de Pays du Gard
et la Compagnie des Mange-tripes d’Alès
- 13h. Repas avec animations
- 15h.30 Rencontres Lengo Nostro autour de textes et des littératures des Cévennes et de Provence animées par Yves Gourgaud, Félibre, Editeur AigoVivo, professeur de Langues d’Oc et par les animateurs du Collectif Prouvenço.
- 18h. Défilé dans le village en circulade
- 19h. Repas-baleti animé par les Boulegaïres de Chamborigaud
avec toute la journée des animations : danses, contes, galéjades et chants par des groupes de Provence et des Cévennes, par l’animatrice provençalo-cévenole Claude Fayet et par les patoiphones du Clu.

Exposition Jan Castagno pendant toute l’Acampado

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dimanche 23 mai 2010

LA BÈSTIO DEL GIVOUDAN - la Bète du Gévaudan (Alan Broc)

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LA BÈSTIO DEL GIVOUDAN
toujour eitant misteriouso




Al coumençomen se parlè d’un loup, mas d’una forço inacoustumado e ammé de reaccious particulièro. Amai soun pelau èro mai faube que lou di loups.

Un film recent reprend una teourìo ja vièlho qu’un ome pervers se sario escoundut souto de pèls de loups per faire de crimes countro lis efonts e lei jouventos. D’àutri dïzou qu’hou faguè soubre l’estiganço d’un coumplot di clèrgue per tourna lou Poble à la religiou, qu’avio pamen jamai quitado.

Pamen sen be fourçats de veire que i avio una bèstio, ou de bèstios.

Vaqui sèns trop de coumentàris, de renduts de quauques uns de si rescountres.


COUMENCÈ DÏN LOU VIVARÉS

N’en parlou pel primier cop en Vivarés, pas en Givoudan, lou 30 de junh de 1764.
« Una drollo de quatorge ons del vïlatge dis Ubas estado chapado per una bèstio fero. »

PASSO TALÈU DÏN LOU GIVOUDAN

A la fi de setembre, acò fai ja tretge persounos que sou estados tuados per la bèstio.

Lou 27 d’ouctobre, moussu de Labartho, gentilome de Maruéjous escrieu à d’amics sèus :

« Aquelo bèstio es tô leugièro à la courso que se mostro dïn la mèmo journado à de distanço enormos, e que torno pareisse à l’endrèit d’ount’ èro partïdo, ço que faguè cranhe al coumençomen que n’i aguèsso mant-uno. Soun agilitat es inquèro mai dificilo de crèire : fai tres jours qu’un païsô qu’avio trat tres cops ammé soun fuzilh, pouguè pas l’empacha de l’aganta i rounhous maugrat un grond coutelas à faire lis esclops que tenio à la mô, e maugrat que virèsso toujour per l’esquiva. »

Poudet pensa qu’aquel païsô que mouriguè de sei nafros quauques jours daprès, aguè leze de finta la bèstio e de veire qu’acò èro pas un ome !

Moussu de Labartho escrieu ço que lou païsô e d’àutri testimònis li aun dït :

« Aquelo bèstio o la tèsto larjo, plô grosso, estïrado coumo la d’un vidèl e achabado en muzèl de lebrier. Lou piau roussèl, gaire-be rouje, es regat de negre per l’estïno, lou pitre es larje e un pauc gris, lei chombos de davont sou un pauc bassos, la coeto forço larjo e forço plô fournido. Courre en boumbissent, lis aurilhos drèitos ; sa marcho al pas es forço lento. Quand chasso s’aclato ventre à terro e se rebalo ; laidounc semblo pas mai bèlo qu’un gros reinald. Quand es à l’estricado que li counvé, se rounso soubre sa predo e l’afaire se counclus en uno clunhado. Minjo lei fedo en l’aire, drèito soubre si pès de darié. Atau, es prou bèlo per ataca un ome à chaval. Sa pagèlo es mai nalto que la d’un grond loup. Es lepeto del sang, di tetous e de la tèsto. Torno souvent al cadabre qu’es estado fourçado d’abandouna, e se l’aven enlevat, guelo leco la terro se i o de sang. »
Quand o devourat una jouvento ou un efont, à la garganto, aclapo si rèstos dien la terro, coumo per se faire de reservos per l’ivèr.

Lis autouritats de la prouvìncio damandèrou d’ajudo. Quatre coumpanhios de voulountàris venguèrou de Cliarmount, apiejados per cinquanto-sièi dragouns. Mas lou remembre de las dragounado es demourat e la poupulaciou coulabouro pas ammé li souldats. S’en vaun.


UNO IENO

Is entours de Langounho, de vïlatgés se radunèrou, armats de fourchos, de picos, de coutèls. Faguèrou una grondo batüdo e tuèrou una bèstio. Lou curat afourtiguè qu’èro uno ieno, bèstio africano vengüdo dïn lou Reiaume sèns que se sapièsso coumo. Aluquèrou de fiocs de joio.

Mès ti-avet que quauques jiours daprès, apareguè endacon-mai en Givoudan e ataquè d’autros persounos. Ero ressuscitado ! Amai on la vezio à de liocs diferents al meme moument.

UN OME

Se de gents pensou d’uèi que poudio èsse un ome, almen après la ièno, es qu’aguèrou l’impressiou de cops qu’entendio lou lengatge dis omes.

« Un jiour un païsô, en l’avisant, avio cridat en patai à sa filho : « Mari-Ano, apòrta-mi la destrau ! » e la Bèstio avio fugit.

D’un aute coustat, quau pot saber se la bèstio avio coumprés ou se lou simple toun de la voutz e lou noumbre de persounos l’aviou pas faito fugi.

Mai impressiounat e mai parlant per l’ipoutèsi d’un ome qu’aurio proufitat de l’escazenço ; un cop la bèstio despoulhè una drollo de dez-o-sèt ons, li talhè lou cap, li coubriguè lou cos de si fardos, tournè bouta lou cap, ammé soun bounet, talomen plô que quand la troubèrou, creguèrou d’en primier que dourmissio. Chalio avedre de môs per faire tout acò.


PASSO EN AUVERNHO

Valentomen coumbatüdo dïn lou Givoudan, la bèstio partis en Auvernho. Devouro una fenno de 45 ons à La Fajo, pròchi Vedrino-Sant-Loup, dioucèsi de Sant-Flour. Près de Chantoloubo, ataco puèi un drolle di piaus fournits e li emporto uno partïdo de la pèl del cràni.




LIS EFONTS VALOUROUS DEL GIVOUDAN

Puèi torno dïn lou Givoudan, ounde la coumbatou ferounomen, li quites efonts !

Lou doutge de ginié 1765, d’efonts gardabou lei bèstios de lours parents soubre la mountonho pròchi Saugues, dïn la paròquio de Chanaleios : cinq drolles e duoi drollos, de nau à ounge ons.

Saben lours noums que meritou d’èsse retenguts : Maddaleno Chausse, Jano Gueffier, Jaque Costou, Jousep Panafieu, Juon Pic, Jaque-Andriéu Portofais e Juon Veyrier.

Li parents, prudents, lis aviou armats d’una broco, amm’ una pielo de coutèl al cap, tengudo per un estuch. Soubtomen la bèstio s’aturo, menaçairo. L’aviou pas vïsto venï ni augido.

Cossé, lis efonts se radunou, desestujou lours pïcos, faun lou sinne de la croutz e afrountou la Bèstio. Aquelo d’atï viroulejabo à lour entour, en esquivant las pielos. Chircabo d’aganta un di dous pichounèls. Salto à la garganto de Jousep Panafieu ; mas li tres einats la fissou de lours pounchos e la bèstio requiolo. Gardo la gauto de l’efont dïn sa goulo, e la minjo. Puèi torno e se rounso soubre lou pichou Juon Veyrier e l’emporto maugrat li cops de lanço. Lis àutri la perseguissou, mas courre mai vïste. Aun l’idèio de la buta vers uno sanho, ounde lei quitos vachos mau gardados s’enfangou. La manobro capito prou plô.

Un di tres perseguissèires fo aquelo proupausicioiu gaire glouriouso : Leissen-li Veyrier e partissan del temp que lou minjarò.

Mas Jaque-Andriéu Portofais se reganho : Anan à l’ajudo de Juon. Lou delibran ou peirissen toutes.

Li sièi drolles d’enferounissou soubre la Bèstio. Fissai-li la tèsto, lous uèlhs, la goulo, ço-coumando Portofais.

Mas la Bèstio es trop nalto e podou pas atenhe lis ueis. Capito quitomen d’aganta la pielo de Jaque-Andrieu Portofais, sèns larga Juon Veyrier que té souto uno de sas pautos. Mas lis àutri s’encapudou, e la bèstio boumbis en darié, en largant sa predo.

Jaque-Andrieu Portofais (Portefaix) fouguè premiat de sa valenço. L’estat li paguè de bouns estùdis, que faguè à Mountpelier, e devenguè ouficier d’artilhario.

Espandïdo per li coulpourtaires, soun istòrio esmouguè lou plô jouve Gilbèrt Mothier de La Faieto, que vóuguè rejounhe li chassadours. Aurio vóugüt se batre soul à soul ammé lou moustre, èsse lou sant Jòri de l’Auvernho.


JANO MARLET

Uno auto valento fouguè Jano Marlet, espouso de Pèire Jouve, del masatge de La Bessièiro, entremié Sant-Albô e Lajò, uno terro de boscs e de roubinos, un païs de loups, de loubas, de loubatas e de loubards.

Al mitan de mars de 1765, la Bèstio avio ja sannat à Prunièiro una fedo e un tessou. Puèi darquè lou Truèire à un ga, e se troubè en Auvernho davant la bòrio de Pèire e Jano Jouve.

Aquelo fenno de santat delicato, èro maire de sièi efonts, e prendio lou souguilh ammé li tres mai jouves deïn lou jardi. Erou per tourna dïn la bòrio : primier lou drolle de sièi ons, puèi sa maire, puèi la filho de nau ons que pourtabo soun frairou de quatorge mes.

D’un cop, Jano augis lou brut d’una pèiro que toumbo del mur de la courtiau. Se revïro e vèi la Bèstio qu’o saltat soubre la droulleto, que l’o faito toumba e que li té lou bras dïn sa goulo, del temp que la pauro sarro soun frairet per lou proutegi. La maire desarmado se rounso soubre la Bèstio e li fo larga sa filho. La drollo se relevo e fico de pednados à la Bèstio. La maire s’enguilho entremié li dous coumbatents. La Bèstio requiolo e vïro lou cap vel drolle de sièi ons. Jano Jouve lou coubris de sa persouno. Empounho la Bèstio à la garganto, ensajo de l’escana.

La maire e la Bèstio lhuto cos à cos, de las pautos, dis àrpios, di caissaus. Lou moustre requiolo d’un cop, aganto lou droullet per la tèsto e l’emporto. Jano la ratrapo e arranco lou drolle. La Bèstio fo toumba Jano, torno aganta lou drolle, e vòu fugi. Jano ramasso sa pèl, aganto una pèiro, salto d’escambarlou soubre la Bèstio e li martèlo la
closco. La bèstio la torno faire toumba e s’esbinho ammé sa predo. Jano la reté per la coeto. La Bèstio la tïro de l’aute latz de la mureto.

Irousomen, à-n-aquel moument lou paire e li dous filhs einats tornou di champs. Un fisso la Bèstio à cops de baiouneto, del temp que soun cô la moussego. La feruno achabo per partï en renounçant à sa predo. Mas lou paure droullet avio la caro desquissado e informo, e mouriguè tres jours après.

L’erouïsme de la maire faguè de brut e arribè is aurilhos del rèi Louvis XV que li faguè remetre tres cent lieuros. Mas lou meme sir, la Bèstio devourabo un droullet à Chanaleios.



LA GRONDO BATÜDO D’AUVERNHO

Duoi batüdos se devou rejounhe. Uno partis de Servièiros, e l’auto de La Fount del Fau. La jounhudo es previsto al Bosc Negre.

Lou 9 d’agoust de 1765, à uno ouro del vèspre, lou curat de Paulhac, l’abat Bertrand Dumount arribo e counto ço qu’es arribat lou meme mati à sa sirvento, Mari-Jano Valet, de dez-o-nau ons. Una drollo galhardo, biaissudo e valento :

« Ero à quinge cents pas al sud de Paulhac ammé sa sorre Tereso, mai jouvo de dous ons, e anabo à la bòrio de Broussous. Deviou traversa uno isclo coubèrto de vernhats, entremié dous bras del rieu que s’escampo dïn la Deijo, un pauc mai lonh. I o dous darcadous que permetou de passa. Del temp que caminabou en terren descoubèrt, aun avisat la Bèstio que lei roudabo. O vóugut se rounsa soubre Mari-Jano. Mas èro armado d’uno baiouneto que soun paire li avio fargado, e o tustat la Bèstio al pitre. Aquelo d’atï o bramat fourejomen, en pourtant la pauto de davont à sa nafro, coumo uno persouno l’aurio fat. Puèi s’es escampado dïn lou rieu, ounde s’es roudelado mai d’un cuòp, abons de sourti e de dispareisse. »

Amm’ acò, li batèires anèrou à l’endrèit que la Bèstio avio atacat lei jouventos. Lei questiounèrou, agachèrou la baiouneto inquèro pleno de sanqueto soubre tres póuces de loungour. Troubèrou de piados de la Bèstio e de traulhos. Lei seguèrou, e veguèrou que lou loup avio bourdejat lou rieu, e que l’avio passat e tournat passa en mant-un
lioc, abans de dispareisse.

L’abat Dumount mandè un raport di faits à Moussu de Sant-Prièst, intendent del Lengadò à Mountpelier, ounde se legissio :

« I veirés que la Bèstio fero es bessai estado nafrado mourtalomen per una segoundo pieucèlo d’Ourlhens ou del Givoudan que lou cèu avio destïnado à-n-aquel espet per delibra la proubìncio del moustre afrous que les tracasso despuèi tont de temp… S’aquelo Bèstio mouris pas del cuòp qu’o recebut, cò’s segur que n’en sarò aflaquido per loungtemp. »

Ensajèrou d’atira la Bèstio soubre una fenno artificialo pleno de pouizou. Deguisèrou una fedo en pastresso, del temp que li chassaires s’escoundiòu. Mas la Bèstio soulfinè aquessos trampèlos groussièros.

Aladounc faguèrou apèl al rèi.

De Versaios Louvis XV mandè Antòni de Beauterne, soun lioc-tenent dei chassos e porto-arcabuso, ammé uèit gardo de las capitanarios reialos.

Arribè à Cliarmount al mié del mes de junh. Se fo remetre per l’intendent d’Auvernho, Ballainvilliers, de chavals, de miòus de bast, de petards per li traire pels boscs e espouruga la Bèstio e la destousca, vint lanços enmargados « per lei metre entre lei môs de païsôs demié li mai vigourous e li mai sàbis ». Se trasporto puèi à Sant-Flour, puèi al Malzieu, en Givoudan. Repartis si gardos dïn li vïlatges dis entours. A la fi de junh, sa pichouno armado es ja prèsto e coumenço lei batüdos.

L’astre fai que la Bèstio se té tranquillo durant quaucos senmonos.


LOU FAMOUS JAN CHASTEL E SOUN FILH ANTÒNI

Lou 15 d’agoust de 1765, dous cavaliers d’Antòni de Beauterne rescountrou Chastel e si dous filhs. li cavaliers s’aprèstou à passa per uno sendo estrèito per prendre lours postes de chassadours e damondou i tres Givoudanés se lou passatge es segur, se i o pas de sanhos.

"Anas-i, ço-dïs lou paire. Poudet sègre tranquilles."

Mès al cap de sounque detz pas lou primier chaval s’enfango fin lou ventre. Li dous àutri gardo aun de mau à sauva l’animau e lou cavalier.

D’aquel temp li tres Chastèl s’espoufidou.

Li cavaliers s’en vaun e faun un raport à Antòni de Beauterne, qu’escrieu i jutges de Saugues que faun enclava Jan Chastèl, dït « lou Masc », e si dous filhs. Lou mai jouve se souno Antòni. S’èro fat dis Uganauds del Vivarés, puèi di galerians de Touloun, èro estat fat presounier per li piratos d’Algier. Avio renegat la fe catoulico per pouder èsse delibrat countro rençou. Un cop tournat en Givoudan, viscabo isoulat al mié di boscs, ammé de côs e de loups un pauc aprivadats.

Lou medici de Saugues coumto :
« Un cop, mountèri à lour bòrio, que la maire èro malauto. Al moument de tourna, fazio negro nueit. Jan m’avio beilat dous loups coumo escorto, en me precisant : Fai mèfi de toumba pas, que te devourariou ; e un cop à l’ousta, doublides pas de lour douna una tourto de pô. »

Adounc pouden dïre que :

li Chastel aun marrido reputaciou. lou passat un pauc misterious e plô particulier del filh Antòni renforço la suspiciou. Abelis de loups.




BEAUTERNE S’EN TORNO

Beauterne repetabo que voulio tourna à Versaios abans la sazou marrido. Ti-avet que lou 21 de setembre desquilho un loubatas dïn la valado d’Alaier en amount de Brieude.

Henri Pourrat farò remarca :

« Quonho crespïno ! Talèu arribat dïn aquel cantou ounde la Bèstio es pas jamai vengüdo, desquilho d’un cop de canardièro un loubatas dïnc un bosc que pertanh à de mounjos. Amm’ acò, demié toùti lis àutri chassaires, acò’s vers guel que la Bèstio arribo, e guel jinco talomen plô, que li mando uno balo dïn l’uei. »

Lou loup es pourtat soubre l’estïno d’un ase fin Cliarmount. Tres ciroges l’empalhou e Beauterne torno à Versaios ounde Louvis XV li douno uno pensiou de milo lieuros ammé lou drèit de bouta la Bèstio dïn sis armos d’escut.
Pel rèi, l’afaire es achabat.
Pamen li Givoudanés e lis Auvirnhats tuou la Bèstio inquèro sièi cops.
La Bèstio s’es tengudo tranquillo quand li Chastel èrou en presou, se tenen pas coumte del loubard tuat per Beauterne.
Mas aquel loubard inoucento touto la famìlio, qu’o larjour, e que participo ei batüdos.

Lou 19 de junh 1767, soubre lou pendïs d’ubac del Mount Mouchet, pròchi lou vïlatge d’Auvers, lou marqués loucau e sa troupo de chassadours batou la mountonho. La Bèstio es estado vïsto pel bosc de la Tenazeyro. Lou senhe d’Apcher dispauso sis omes per l’encercla. Jan Chastel n’en fazio partïdo, ammé soun chapelet, « e sei diablarios » ço-diziou d’ùnsi. Se bouto de ginoulhous e legis lei litanios de Vierge, lou fuzilh pausat près de guel, quand aviso la Bèstio, à cinquanto pas, soubre soun quiòu, que lou finto, paziblomen.

Prend lou temp d’achaba sa pregàrio, barro soun missau, plego li mericles, lei boutos dïn sa pocho, sèns se despacha. Empounho lou fuzilh, jinco, trai. La Bèstio toumbo soubre lou flanc e guel li crido : (Acò’s rapourtat en lengo d’o dïn li raports de l’epoco souto aquelo formo)

Bestia ! N’en mandjaraz pa puz ! » (Remarcat li –Z qu’endïcou que lou – S finau es mut en auvirnhat)
Charguèrou lou cadabre de la Bèstio fin lou chastèl de Bescos, ounde lou marqués demourabo. La balo de Chastel li avio traucat lou còu e petat l’espallo gaucho.
Jan Chastel anè à Versaios mas Louvis XV pretendè que la Bèstio esistabo pas mai despuèi dous ons. Jan Chastel oubtenguè almen del dioucèsi de Mende que li paguèssou 72 lieuros.



COUNCLUSIOU

La Bèstio tuet peraqui cent persounos. La chifro es pas preciso que saben que de gents fouguèrou coumpletomen minjats. I aguè de dispareguts, e dïn li cadabres troubats, n’i aguè qu’èrou pas più qu’un boucinou de cos.

De legendos circulèrou soubre Antòni Chastèl, que lis Algerians l'auriou chastrat - acò's vertat qu'hou faziou souvent - e que sario devengut fòu à se vouler venja soubre tout lou mounde.
So qu'es sigur es que sabio aprivada de loups. Moun ipoutèsi es que i avio mant-uno bèstios. So qu'es sigur es que n'i aguè almen uno qu'èro plô mai bèlo qu'un loup acoustumat, e soubretout amm una coulour de piau prou diferento.

Aladounc, de qué se trachabo ?

Una bèstio exoutico, mès quonho ? Una ieno sario pas estado tant grosso coumo dïzou li testimònis amai se la descripciou jounto plô. Pouden pensa també à un loup aprivadat e nouirit regulieromen, adounc plô galhard, ple de forço. L'atitüdo de la Bèstio davant Jan Chastèl manco d'agressivitat. Semblo espera un sinne de soun mèstre. Fau l'ipoutèsi que uno dei bèstio tuarèlo èro un loup aprivadat per Antòni, e que Jan decidè d'arresta lis espets sanguinous del loup de soun filh.

Acò clarifico pas tout, mas parcialomen.



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samedi 22 mai 2010

Nicola Dal Falco : deux poèsies

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Apollo and Marsyas,
Perugino (Pietro di Cristoforo Vannucci)
(1450-1523)




passò Apollo



per passi divini s’ergono luoghi,
s’affacciano alla mente del mondo,

(e fu così che due architetti sbronzi
sorrisero morendo);

nel tempio è l’ impronta del suono,
la voce che scende, l’atto di intendere l’invisibile,
vedere più sentire;

lasciava, ogni anno, la scena invernale
a Dioniso,
neve arrossata di sogni.



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Il fuoco muove la paglia con languore d’acqua,
scava gole rubizze, dissipando nel fumo giallo
esili cornicioni di cenere, violente arche di profumi
- la malva, il cardo, il papavero, il trifoglio -
quanto di bovino ingreppia il triplo ventre

e sale ripido per la breve cappa dei desideri,
incontrando sopra l’uliveto la brezza che viene dal bosco,
il mattutino respiro d’alberi e uccelli,

così, si compie il sacrificio d’erbe quando
l’orto rispecchia nei suoi incerti frutti il grigio
anteriore del cielo, l’alta, gravida fronte

jeudi 20 mai 2010

leonardo Sciascia : Il mare colore del vino 1973

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Un des grands de l'écriture sicilienne, lorsque j'ai appris l'italien, il fut l'un de mes premiers romans, il n'a toujours pas quitté ma bibliothèque... Toute la Méditerranée ! " La Mer Couleur De Vin" est éditée en français chez Gallimard (un conseil de lecture)

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Il mare colore del vino


Un grosso paese, quasi una città, al confine tra le province di Palermo e Trapani Negli anni della prima guerra mondiale. E come se questa non bastasse, il paese ne ha una interna: non meno sanguinosa, con una frequenza di morti ammazzati pari a quella dei cittadini che cadono sul fronte. Due cosche di ma-fia sono in faida da lungo tempo. Una media di due morti al mese. E ogni vol-ta, tutto il paese sa da quale parte è venuta la lupara e a chi toccherà la lupara di risposta. E lo sanno anche i carabinieri. Quasi un giuoco, e con le regole di un giuoco. I giovani mafiosi che vogliono salire, i vecchi che difendono le loro posizioni. Un gregario cade da una parte, un gregario cade dall'altra. I capi stanno sicuri: aspettano di venire a patti. Se mai, uno dei due, il capo dei vec-chi o il capo dei giovani, cadrà dopo il patto, dopo la pacificazione: nel succhio dell'amicizia.

Ma ecco che ad un punto la faida si accelera, sale per i rami della gerarchia. Di solito, l'accelerazione. ed ascesa della faida manifesta, da parte di chi la promuove, una volontà di pace: ed è il momento in cui, dai paesi vicini, si muovono i patriarchi a intervistare le due parti, a riunirle, a convincere i giovani che non possono aver tutto e i vecchi che tutto non possono tenere. L'armistizio, il trattato. E poi, ad unificazione avvenuta, e col tacito e totale as-senso degli unificati, l'eliminazione di uno dei due capi: emigrazione o giubila-zione o morte. Ma stavolta non è così. I patriarchi arrivano, i delegati delle due cosche si incontrano: ma intanto, contro ogni consuetudine e aspettativa, il ritmo delle esecuzioni continua; più concitato, anzi, e implacabile. Le due parti si accusano, di fronte ai patriarchi, reciprocamente di slealtà. il paese non ca-pisce più niente, di quel che sta succedendo. E anche i carabinieri. Per fortuna i patriarchi sono di mente fredda, di sereno giudizio.

Riuniscono ancora una volta le due delegazioni, fanno un elenco delle vittime degli ultimi sei mesi e "questo l'abbiamo ammazzato noi", "questo noi", "questo noi no" e "noi nemmeno", arrivano alla sconcertante conclusione che i due terzi sono stati fatti fuori da mano estranea all'una e all'altra cosca. C'è dunque una terza co-sca segreta, invisibile, dedita allo sterminio di entrambe le cosche quasi uffi-cialmente esistenti? O c'è un vendicatore isolato, un lupo solitario, un pazzo che si dedica allo sport di ammazzare mafiosi dell'una e dell'altra parte? Lo smarrimento è grande. Anche tra i carabinieri: i quali, pur raccogliendo i caduti con una certa soddisfazione (inchiodati dalla lupara quei delinquenti che mai avrebbero potuto inchiodare con prove), a quel punto, con tutto il da fare che avevano coi disertori, aspettavano e desideravano che la faida cittadina si spegnesse.

I patriarchi, impostato il problema nei giusti termini, ne fecero consegna alle due cosche perché se la sbrigassero a risolverlo: e se la svignarono, poiché ormai nessuna delle due parti, né tutte e due assieme, erano in grado di ga-rantire la loro immunità. I mafiosi del paese si diedero a indagare; ma la paura, il sentirsi oggetto di una imperscrutabile vendetta o di un micidiale capriccio, il trovarsi improvvisamente nella condizione in cui le persone oneste si erano sempre trovate di fronte a loro, li confondeva e intorpidiva. Non trovarono di meglio che sollecitare i loro uomini politici a sollecitare i carabinieri a un'indagine seria, rigorosa, efficiente: pur nutrendo il dubbio che appunto i ca-rabinieri, non riuscendo ad estirparli con la legge, si fossero dati a quella cac-cia più tenebrosa e sicura. Se il governo, ad evitare la sovrappopolazione, o-gni tanto faceva spargere il colera, perché non pensare che i carabinieri si de-dicassero ad una segreta eliminazione dei mafiosi?

Il tiro a bersaglio dell'ignoto, o degli ignoti, continua. Cade anche il capo della vecchia cosca. Nel paese è un senso di liberazione e insieme di sgomento. I carabinieri non sanno dove battere la testa. I mafiosi sono atterriti. Ma subito dopo il solenne funerale del capo, cui fingendo compianto il paese intero ave-va partecipato, i mafiosi perdono quell'aria di smarrimento, di paura. Si capi-sce che ormai sanno da chi vengono i colpi e che i giorni di costui sono conta-ti. Un capo è un capo anche nella morte: non si sa come, il vecchio morendo era riuscito a trasmettere un segno, un indizio; e i suoi amici sono arrivati a scoprire l'identità dell'assassino. Si tratta di una persona insospettabile: un professionista serio, stimato; di carattere un po' cupo, di vita solitaria; ma nes-suno nel paese, al di fuori dei mafiosi che armai sapevano, l'avrebbe mai cre-duto capace di quella caccia lunga, spietata e precisa che fino a quel momen-to aveva consegnato alle necroscopie tante di quelle persone che i carabinieri non riuscivano a tenere in arresto per più di qualche ora. E i mafiosi si erano anche ricordati della ragione per cui, dopo tanti anni, l'odio di quell'uomo con-tro di loro era esploso freddamente, con lucido calcolo e sicura esecuzione. C'entrava, manco a dirlo, la donna.

Fin da quando era studente, aveva amoreggiato con una ragazza di una famiglia incertamente nobile ma certamente ricca. Laureato, nella fermezza dell'amore che li legava, aveva fatto dei passi presso i familiari di lei per arrivare al matrimonio. Era stato respinto: ché era povero, e non sicuro, nella povertà da cui partiva, il suo avvenire professionale. Ma la corrispondenza con la ragazza continuò; più intenso si fece il sentimento di entrambi di fronte alle diffi-coltà da superare. E allora i nobili e ricchi parenti della ragazza fecero appello alla mafia. Il capo, il vecchio e temibile capo, chiamò il giovane professionista: con proverbi ed esempi tentò di convincerlo a lasciar perdere; non riuscendo con questi, passò a minacce dirette. Il giovane non se ne curò; ma terribile im-pressione fecero alla ragazza. La quale, dal timore che la nefasta minaccia si realizzasse forse ad un certo punto passò alla pratica valutazione che quell'amore era in ogni caso impossibile: e convolò a nozze con uno del suo ceto. Il giovane si incupì, ma non diede segni di disperazione o di rabbia. Co-minciò, evidentemente, a preparare la sua vendetta.

Ora dunque i mafiosi l'avevano scoperto. Ed era condannato. Si assunse l'esecuzione della condanna il figlio del vecchio capo: ne aveva il diritto per il lutto recente e per il grado del defunto padre. Furono studiate accuratamente le abitudini del condannato, la topografia della zona in cui abitava e quella del-la sua casa. Non si tenne però conto del fatto che ormai tutto il paese aveva capito che i mafiosi sapevano: erano tornati all'abituale tracotanza, visibilmen-te non temevano più l'ignoto pericolo. E l'aveva capito prima d'ogni altro il condannato.



Di notte, il giovane vendicatore uscì di casa col viatico delle ultime raccoman-dazioni materne. La casa del professionista non era lontana. Si mise in agguato aspettando che rincasasse; o tentò di entrare nella casa per sorprenderlo nel sonno; o bussò e lo chiamò aspettandosi che comparisse a una data fi-nestra, a un dato balcone. Fatto sta che colui che doveva essere la sua vitti-ma, lo prevenne, lo aggirò. La vedova del capo, la madre del giovane delegato alla vendetta, sentì uno sparo: credette la vendetta consumata, aspettò il ritor-no del figlio con un'ansia che dolorosamente cresceva ad ogni minuto che passava. Ad un certo punto ebbe l'atroce rivelazione di quel che era effettiva-mente accaduto. Uscì di casa: e trovò il figlio morto davanti alla casa dell'uomo che quella notte, nei piani e nei voti, avrebbe dovuto essere ucciso. Si caricò del ragazzo morto, lo portò a casa: lo dispose sul letto e poi, l'indomani, disse che su quel letto era morto, per la ferita che chi sa dove e da chi aveva avuto. Non una parola, ai carabinieri, su chi poteva averlo ucciso. Ma gli amici capirono, seppero, più ponderatamente prepararono la vendetta.

Sul finire di un giorno d'estate, nell'ora che tutti stavano in piazza a prendere il primo fresco della sera, seduti davanti ai circoli, ai caffè, ai negozi (e c'era an-che, davanti a una farmacia, l'uomo che una prima volta era riuscito ad eludere la condanna), un tale si diede ad avviare il motore di un'automobile. Girava la manovella: e il motore rispondeva con violenti raschi di ferraglia e un crepitio di colpi che somigliava a quello di una mitragliatrice. Quando il frastuono si spense, davanti alla farmacia, abbandonato sulla sedia, c'era, spaccato il cuore da un colpo di moschetto, il cadavere dell'uomo che era riuscito a seminare morte e paura nei ranghi di una delle più agguerrite mafie della Sicilia.


(Da : Il mare colore del vino, Einaudi,
Torino, 1973, pp. 132-137)


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Barbo Tòni Baudrier : O MAIRES

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O MAIRES

O maire, maire, ma’ valà de l’aire
sès, un pau e tout, la rèsto:
gaire!
N’a que dìhen: "pas pas" e
soun i paire:
disès: "Mah mah", vousautro que sès maire;
n’avès suà la frount, poussà
l’araire;
n’avès desverumà
bou lou varaire
e clartrà bou i uéi cròi lou
bourre ei caire:
n’avès fach sorre li fremo e
i ome fraire,
à l’istat de fuec sès està nòsti
abeuraire,
e à l’uvèrn senso braso i
abrasaire,
per nosto fam n’avès cerchà
i asaire;
ente la toufo, n’éres
i ventoulaire,
sès està tout un bot
vòsti debanaire;
fasie boun i pascatge
bou li chabraire;
n’avès trià per noste mound
triaire;
n’avès chamà bou la
vòutz di pistaire.




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mardi 18 mai 2010

Santo Estello de Ceta - 1906 (Armanac Cetori 1907) un Sonnet

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Pour illustrer ce moment, annuel, & tant attendu par certains, un souvenir de la fameuse Santo Estello de Ceta, où Mistral fut présent !!! Un Sonnet ...de fin de repas!


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A toutes lous Felibres

(Sonnet dich à la Santa-Estèla de Ceta)

En aquesta grand jour de fèsta
Que, ioi, toutes nous reünis
Jouta la bannièira celèsta
Que la Santa-Estèla brandis,

Quand, la Coupa en man, l'on s'aprèsta
A faire ansi soun paraulis
Après Ion de Mistral que resta
La pus bèla flou dau païs,

A moun tour à plena rasada,
En l'ounou d'aquesta journada
Lève moun veire amé bounur

Au Felibrige dount s'enflama
Nostre cor e touta nostra ama.
Au grand flambèu dau ciel d'azur !



LUCIEN DULAC.

Ceta, 6 de Jun de 1906

Aramanac Cetori 1907
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Un troç del chant primier de l'Oudissèio de Charloun Riéu

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TELEMAQUE

Minervo, divesso dis iue glas, ié venguè :
— O noste Paire, enfant dóu Tèms, lou mai aut di Rei ! Aquest au mens es esta mata d’uno mort justo. Ansin siegue mata ’quéu que fara lou meme! Mai moun cor s’estrasso au souveni dóu brave Ulisse, lou paure ! que reboulis despièi long-tèms, liuen de si gènt, dins uno isclo au mitan de la mar. E dins aquelo isclo aubrouso, ié demoro uno Divesso, la dangeirouso chato d’Atelas, aquéu que counèis li founsour de la mar e porto lis àuti coulouno aubourado entre la terro e lou Cèu. E sa chato d’aquest tèn lou malurous que se doulouiro e qu’elo blandis sèmpre de soun dous paraulis pèr finqu’óublide Itaco ; mai éu barbèlo de revèire la tubado de soun endrè, pièi mouri. E toun cor es pas pretouca, o Jupitèr, pèr li sacrifice qu’Ulisse te faguè, proche li nau d’Argos, davans la grando Troio ? Adounc, perqué siés tant
enmalicia contro éu ?

E Jupitèr, amoulounaire di nivo, ié respoundeguè coume eiçò :
— Ma fiho, queto paraulo vèn d’escapa d’entre ti dènt ? Coume pourriéu-ti óublida lou divin Ulisse, que pèr l’èime es en subre de tóuti lis ome e qu’óufrissié lou mai de sacrifice i Diéu que sempre vivon e demoron dins lou vaste Cèu ? Mai Netune qu’envirouno la terro es de-countùni encagna pèr l’Uiard qu’Ulisse embourgnè : Poulifème fort coume un Diéu, lou mai fort dis Uiard. La ninfo Tòuso, fiho de Fourcin, Mèstre de la mar sóuvajo, lou meteguè au mounde s’estènt apariado emé Netune dins si baumo coufudo. Amor d’acò Netune que bassaco la terro, pèr pas tua Ulisse, lou forço de courre bourrido liuen de soun païs. Mai nàutri que sian eici, asseguren-ié sa revengudo e Netune óublidara soun iro, car soulet noun poudra rèn
contro tóuti li Diéu inmourtau.

E Minervo, Divesso dis iue glas, ié venguè :
— O noste Paire, enfant dóu Tèms, lou mai aut di Rèi ! S’agrado i Diéu benastru que lou sage Ulisse tourne dins soun oustau, manden l’Anounciaire Mercùri, Mataire d’Argus, dins l’isclo d’Ougigìo, pèr que fague assaupre à la Ninfo de la bello como qu’avèn decida lou retour d’Ulisse fort e paciènt. E iéu anarai en Itaco, empurarai soun fiéu, e, acampant lou Counsèu dis Acaian cabelu, ié dounarai la forço de courseja tóuti li Calignaire qu’escoutellon si fedo noumbrouso e si biòu à cambo torso e bano courbudo. E lou mandarai en Esparto e dins la savelouso Pilos, pèr fin que s’assabènte dóu retour de soun paire bèn-ama, e que fuguè mai-que-mai ounoura au mitan dis ome.
Ansindo aguènt parla, courdelè autour de si pèd li bèlli sandalo redoulènto e daurado que la portavon sus mar e sus l’inmènso terro coume l’alenado dóu vènt. Prenguè ’no forto lanço d’aram, pounchudo, longo, grevo e soulido, que n’en dountavo lou fube dis ome valènt contro quau elo, fiho d’un paire ufanous, èro enmaliciado. E s’estènt abrivado dóu cresten de l’Oulimpe, sa lanço d’aram en man, davalè au mitan dóu pople d’ltaco, vers lou courredou d’Ulisse sus lou lindau de la court, retrasènt à-n-un estrangié, lou capoulié di Tafian, Mentés.
E ié veguè lis arrougant Calignaire que jougavon i palet davans li porto, asseta sus de pèu de biòu qu’éli-meme avien sagata. E de precoun e de serviciau à soun entour apetega, lis un sermavon lou vin dins li cratère, lis autre escuravon li taulo emé d’espoungo trauquihouso ; i’aguènt espandi li touaioun, despartissien la carnasso à rebala.
E lou proumié de tóuti, lou divin Telemaque veguè Minervo. Entre li Calignaire èro asseta, lou cor doulènt, vesènt dins soun èime soun brave paire reveni subran e coucha li Pretendènt foro de l’oustau, e reprene soun poudé, e mena soun bèn. Adounc pensant à-n-acò, asseta ’m’éli, veguè Minervo ; e venguè vers lou courredou, endigna qu’un estrangié demourèsse long-tèms dre sus lou lindau. S’en aprouchè, i’ agantè la man drecho, reçaupeguè la lanço d’aram, pièi ié diguè aquésti paraulo aludo :
— La bono salut, Estrangié ! ami fuguen ! pièi après lou repas nous dirés ço que vous fau.
Aguènt ansin parla, lou menè ; Minervo seguissié. E quouro fuguèron intra dins la grand salo, apielè la lanço contro uno nauto coulouno, dins uno armarié lusènto ounte èron deja messo à-de-rèng forço àutri lanço dóu ferme e paciènt Ulisse. E faguè sèire Minervo, aguènt mes sus la cadiero un bèu tapis travaia de man de mèstre, souto si pèd un escabèu. Pèr éu, meteguè proche d’elo un sèti escrincela, liuen di Calignaire, pèr fin que l’estrangié noun se n’en faguèsse dóu repas tarabastous, au mitan di taulejaire mauembouca, e pèr ié demanda de soun paire.
Uno servicialo faguè boumbi dins un peiròu d’argènt, pèr l’asigado, l’aigo d’uno bello eigadiero d’or ; meteguè proche d’éli uno taulo lusènto. Pièi uno beilesso venerablo aduguè de pan e curbiguè la taulo de mèisse à jabo e requist ; e ‘n decoupaire serviguè li plat de car de touto merço, e ié pourgiguè de coupo d’or ; e un precoun à tout moumen ié baiavo à béure.


E li Calignaire plen de croio intrèron à-de-rèng, s’assetèron sus de sèti o de cadiero ; e de varlet vujavon d’aigo sus si man; e li servicialo acuchavon lou pan dins li gorbo ; e li jouvènt emplissien li cratère emé de vin. Pièi meteguèron la man i mèisse ; e quand se fuguèron assadoula, vouguèron d’àutri causo, la danso emé lou cant, adournamen di festin. E ‘n precoun meteguè ‘no mai que bello quitarro dins li man de Fèmi, quecantavo aqui mau-grat éu. E jouguè de la quitarro et coumencè de bèn canta. Mai Telemaque diguè à Minervo dis iue clar, en clinant la tèsto pèr que lis autre noun pousquèsson ausi :
— Bèl Estrangié, aurés-ti maliço de mi paraulo ? La quitarro e lou cant à-n-aquèsti agradon eisa, car bravon sèns vergougno lou bèn d’un autre, la richesso d’un ome que sis os blanquejon e s’apourridisson à la plueio, dins quauque rode de la terro fermo, o que soun barrula pèr lis erso de la mar. Boutas, se lou vesien en Itaco retourna, tóuti amarien miés de cambo desgajado que tant d’or en abounde e tant de bèu vièsti! Mai es mort, subissènt soun marrit destin, e nous soubro plus d’espero, quand meme un ome nous anounciarié sa revengudo, car aquéu jour jamai vendra. Mai parlas-me, lou cor sus la man. Quau sias e de queto raço sourtès ? Mounte es vosto vilo e quìnti soun vòsti parènt ?
Sus queto nau sias-ti vengu ? Quéti marin vous an adu en Itaco, e quau soun ? Car pènse pas que fugués vengu d’apèd. E digas-me franc, pèr que lou sache : venès-ti pèr la proumiero fes o bèn sias-ti un oste de moun paire ? Car proun gènt couneissien nòstis oustau e perèu Ulisse n’en vesitavo proun.

E Minervo, Divesso dis iue glas, ié respoundeguè :
— Te dirai de causo sincèro. Me vante d’èstre Mentés l’enfant dóu brave Anquiale, e beileje li Tafian, que di rèm soun lis ami. E vaqui qu’eici me siéu abourda ‘m’ uno barco e de coumpagnoun anant sus li nègri mar vers d’ome que parlon uno lengo estranjo, encò de Temese ounte vau carga d’aram e mounte porte lou ferre que lusis. E ma barco s’es arrestado eila vers la campagno, foro vilo, dins lou port de Reitroun, souto l’anoui bouscassous. E nous fasèn un ounour d’èstre liga ‘mé vautre e paire en fiéu pèr l’espitalita. Pos ana demanda pèr acò, aqui au vièi Laerto, car dison que vèn plus en vilo e que soufris dins en mai aliuncha, soulet em’ uno vièio femo que ié fai soun recate, quouro es las de percourre si drud vignarés. E siéu vengu, que lou brut se dounavo dóu retour de toun paire ; mai li Diéu entravon soun camin. Car lou divin Ulisse es panca mort sus terro; viéu dins quauque rode, retengu sus la mar vasto, dins uno isclo que lis erso embarron. E d’ome feroun e ruste, mèstre, lou retènon pèr forço. Mai vuei te predirai ço que li Diéu m’ispiron en ço que se coumplira, emai fugue pas devinaire e counèigue rèn i signe. Bouto, demourara pas long-tèms liuen de sa terro nadalo, meme estènt carga de cadeno de fèrri. E troubara lou biais de reveni, car es drud d’engano. Mai parlo, e digo-me franc se siés lou vertadié fiéu d’Ulisse éu-meme. Ié retraises mai-que-mai pèr la caro e la bèuta dis iue ; car nous sian rescountra souvènt avans que partiguèsse pèr Troio, mounte anèron peréu sus de nau cloutudo lis àutri capo d’Argos. Desempièi ai plus vist Ulisse e nimai éu m’a plus vist.

E lou brave Telemaque ié respoundeguè :
— Estrangié, vous dirai de causo mai-que-mai sincèro. Ma maire dis que siéu l’enfant d’Ulisse, mai iéu n’en sabe rèn, car degun noun saup pèr éu-meme quau es soun paire. Que noun fuguèsse pulèu l’enfant de quauque ome urous que degue veni vièi sus si terro ! E aro, lou dison : es dóu plus malastra dis ome que siéu na... Vaqui ço que me demandavias.
E Minervo, Divesso dis iue glas, ié venguè :
— Li Diéu t’an pas fa sali d’uno raço sènso glòri dins sa lignado, amor que Penelopob t’a fa tau que te vese. Mai parlo, e responde-me lou cor sus la man. Qu’es aquelo taulado ? Dequ’es aquel acamp ? N’aviés- ti besoun ? Es-ti uno souido vo ‘no noço ? Car acò n’es pas paga ‘n coumun talamen aquéli taulejaire brafon emé croio e arrouganço dins aquel oustau. Tout ome d’èime sena se n’en farié de te vèire au mitan
d’aquéli causo desountado.
E lou brave Telemaque ié respoundeguè :
— Estrangié, amor que me demandas d’acò, aquel oustau antan fuguè riche e ounoura tant que l’ome valènt abitè lou païs; mai vuei li Diéu, sourgènt de nòsti mau, autramen n’an pensa pèr faire d’éu lou mai escoundu dis ome. E noun lou plourariéu ansin, meme lou sachènt mort, s’èro esta sagata ‘mé si sòci au mitan di Trouian o s’èro mort entre de man amigo, après la guerro. Alor Grè i’aurien auboura ‘no lauso, e à soun enfant i’aurié leissa ‘no grando glòri dins l’aveni. Mai vuei lis Escòrpi l’an rauba dins l’escur ; e ‘s mort, e degun n’a rèn sachu ni rèn sachu d’éu, e m’a leissa que li doulour e li lamento. Mai me doulouire pas que sus éu, e li Diéu m’an manda d’àutri lagno amaro. Tóuti aquéli que coumandon dins lis Isclo, à Douliqui, à Samos, à Zacinto l’abouscassido, em’ aquéli que coumandon dins la rudo Itaco, tout acò cercon ma maire e meton moun oustau au nis de la serp. E ma maire noun pòu refusa de noço que fan orre, ni bouta fin à-n-acò. E aquélis ome abenon moun oustau en mangiho e léu veiran ma fin, tambèn.


E, pietadouso, Minervo respoundeguè :
— Ah ! n’es pas de doute, as grand besoun d’Ulisse, que metigue sa man sus aquéli Calignaire óutrajous ! Car se revenié e que se tenguèsse dre sus lou lindau de la porto, emé soun casco e soun blouquié emé dos pico, tau que iéu lou veguère la proumiero fes, bevènt e se gaudissènt dins nosto demoro, retour de Courinto ounte èro ana vèire Ilos de Mermerido ; car Ulisse i’èro ana querre, sus uno nau rapido, uno pouisoun mourtalo pèr ié trempa si matrassino apounchalo d’aram ; e Ilos n’i’en vouguè gens baia, cregnènço di Diéu que vivon eternamen ; mai moun paire que l’amavo tant n’i’en baiè ; se dounc Ulisse, tau que lou veguère, revenié au mitan di Pretendènt, n’aurien pas pèr long-tèms e si noço sarien amaro! Mai apartèn i Diéu de saupre se revendra vo noun pér li puni dins soun oustau. Te doune dounc pèr counsèu de cerca lou biais de li bandi d’eici. Aro, escouto, e ensouvène-te de mi paraulo: deman, aguènt reüni lou counséu di valènts Acaian, parlo-ié e pren li Diéu en testimòni Forço li Pretendènt de se retira sus lou siéu. Que ta maire se vòu d’àutri noço, s’entourne dins l’oustau de soun paire qu’a ‘n grand poudé. Si pròchi parènt la maridaran e ié faran uno grosso doto, coume counvèn à-n-uno chato amado de si gènt. E te counseiarai sajamen, se vos crèire. Armejo la meiouro de ti barco emé vint remaire, e vai-t’en saupre de nouvello de toun paire, parti despièi tant de tèms, pèr fin que quaucun d’entre lis ome te n’en parle, o qu’ausigues la renoumado de Jupitèr que despartis la glòri dis ome. Vai d’abord à Pilos e questiouno lou divin Nestor ; pièi en Esparto encò dóu blound Menelau, lou darrié revengu di Grè encuirassa d’aram. Se sabes que toun paire es vivènt e qu’arribo, espèro ancaro un an, mau-grat ta doulour; mai se sabes qu’es mort, aguènt acaba sa vido, revène dins la terro ounte siès nascu, pèr i’auboura ‘n mausoulèu, e celebra de gràndi funeraio coume counvèn, e douna ta maire à-n-un ome. Pièi, quouro auras fa e coumpli tout acò, sounjo dins l’èime e lou cor, de tua li Calignaire dins toun oustau pèr ruso o pèr forço. Fau plus t’adouna i causo d’enfant, qu’es plus de toun age. Sabes pas de quant de glòri s’es cubert lou divin Ourèsto entre lis ome, en sagatant aquéu que tuè soun paire ilustre, lou fin Egiste ! Tu peréu, ami, siés grand e bèu ; siegues valènt pèr que lis ome que vendran te lauson. — Iéu vau redavala vers ma nau precepitouso e mi coumpan que dèvon s’èncagna en m’esperant. Ensouvène-te, e neglegigues pas mi paraulo.
E lou brave Telemaque ié respoundeguè :
— Estrangié, m’avès parla ’n ami, coume un paire à soun enfant e jamai óublidarai vòsti paraulo. Mai demouras emai fugués pressa, pèr fin que vous estènt bagna e vous estènt chala dins voste cor, vous entournés vers vosto nau, countènt em’ un presènt riche e precious que vendra de iéu e sara tau que d’ami n’en baion à sis oste.
E Minervo, Divesso dis iue glas, respoundeguè :
— Nàni, me retèngues pas pus; fau que parte. Quouro revendrai, me baiaras aquelo douno que toun cor me gardo, pèr l’empourta dins ma demoro. Que fugue bello quenoun-sai e que posque t’en óufri sa pariero !
E Minervo dis iue glas aguènt ansin parla, s’envoulè, pièi despareiguè coume un aucèu ; mai ié leissè dins lou cor la forço e l’audàci emé la mai vivo remembranço de soun paire. E lou cor plen de cregnènço, pensè dins éu qu’èro un Diéu. Pièi lou divin jouvènt s’avancè di Calignaire.



Traduction Charloun Rieu



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lundi 17 mai 2010

Presse de Marseille - en lengo Nostro - 2 exemples années 1860-1870

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Tout le monde a pu voir les plus connus des titres des journaux, qui le plus souvent, furent des hebdo ou des mensuels en format journal quotidien classique.
Nous vous présentons deux exemples moins notoires de cette presse à vocation populaire & marseillaise !


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PASTOURALO
(extrait)

Cantado oou mariagi de Monssn Paul Duvoyes, alor coumissari centraou Azaï, eme Madamisello Anaïs Roubaon, de Berro,
Per J.-B CAILLAT, soun countour



PARLA

Un matin, su lois bords qu'arroso la Durenço.
A la pouncho doou jour, soulet et pensatiou ,
En alucant lou ciel, lou beou ciel de Prouvenço,
Oou chant ! doou roussignoouquaouqueis fes mi diseou :
Oh ! qu'es hurous aqueou que sus aquesto terro
Poou refpirar l'halen de seis chieros amours !
Qu'à jamai coneissu lou pes de la misero,
Et que poou recueilli loo fruit seis labours !

Ero un jour de printems et deja la bergiero
Per si rendre oou valoun avie quilla l'hameou,
Hurouso de jouir de l'aoubo printaniero,
Cantavo esto cansoun en gardant soun troupeou :



(Air du Parjure)

Deman sera festo oou vilagi,
Deman la pastouro Anaïs,
Douno sa man en mariagi
Oou pastoureou Paul (l'Adonis).
Toulis leis filhos de soun agi,
Deis plus bellos flours doou bousquet,
Voudrien per un grand avantagi,
L'ouffri de sa man lou bouquet ! (bis).

PARLA.

A soun premie couplet, à sa vouas ben doucetto,
Venguet se li mesclar d'un jouine pastoureou
Qu'escoulavo pas luenc, asseta su l'herbetto,
Lois sons harmonioux de soun doux chalumeou ! ....




Lou Rabaiaire

1862


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dimanche 16 mai 2010

Almanac Patoues : Deux nouvelles en patois ariégeois - 1930

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La langue de l'Ariège me semble assez hermétique, vous la livre comme, comme je l'ai trouvée !


Collection Personnelle



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Et bi de Purgatori



En un bourdaou de Païs de Saout, prochi de Quillan, y abi0 un brabe paysant, Loupi de Paloumèro, qu'èro pla estimach per toutis es siébis besis.

En deforo de tout, pourtabo un souèn parliculiè per un faoutinet, a io pourtado de fusil de sa maïsou, qu'attirabo soun attensiou e que li permttio, arn fi deras bregnous, de rempli dios ou tres futailles d'aquetch bi petit que petillo en bersan le à taoulo.

Qu'èro un trabailladou è un balent.

Soun mes gra plase, en courent dech hiber, qu'èro de plasa caoucus traquenars péra faginou e gat martre. Quant y abio yo battudo a Sangliè que s'ourganisabo, se preparabo su' cop. Èro toustem le prumè a prene sa carabinou en bandoulièro,
marchabo en lesto déra troupo e, lé moument bengut, se caoucarré remudabo dins un gaffouil dé bouchés ou dé rouminguèros, la prumèro ballo qu'èro toustem Loupi que la plasabo a boun endret.


X


Aqueros annados de bounhur e de tranquillitach nou poudion pas s'eternisa. Aoutan de felicitach y abio, aouta granou fuc 'ra catastrofo.

Catinous, la brabo e fidèlo coumpagnou, qu'abio partajat sas penous e sous plases, li fuc rabido en yo semanou.
Fort urousoment li dichabo dus drolcs Julou e Poulet, qu'èron granets e saïjes e que coumensabun d'accoumpagna le papa quant se randio a trabail.
Tout aco suffisio pas per distrè e tranquillisa le paoure orne. A parti de dio dera mourt de sa fenou debenguec triste, soumbre, se plagno de douions é surtout de io migrènou
countinuelio. Qu'èro l'aïnat Julou, que li abio de dise :

— Pay, mous cal ana a faoutin, per bese se les rasins soun pas malaoutis !...
Loupi prenio soun cor de peiro, seguissio soun filh. Se figurabo que Catinous n'ero pas la mes urouso dins l'aoutre moun e que beleou se noubabo encaro per lountens en purgatori. L'ideo li prenguec d'ana trouba moussu l' curé e — se besounh èro'—de coumandali caouquios messos.
Le dimenje mayti arribo al presbitari abans la granou messo e le ritou, en besen las bounous dispousicious de Loupi, li diguec sul cop :

— Bengueras après la messo e minjaras un paouc de soupo ambe jou !...

Le bisitur demandabo pas millou, se rcendec a l'ouro fîxado. Nou bous parli pas de menuch, nou y manquabo pas re.
Quan furen a dessert, le curé fec pouna per Janetoun yo bouteille pleo de tataragnous e tout en li bersan un boun beire, li dix :

— Aqueste que le deras amous de Purgatori !...
— Eh be, respoun Loupi, s'en beben d'aqueste dela oun e ma regrettado Catinous, n'e cap era penou de tira Ion, moussu curé. Nou n'aben cap de la bou a caso !



UN FARSUR

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vendredi 14 mai 2010

Charloun Riéu : L’OUDISSÈIO d’OUMÈRO - AVANS-PREPAUS

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L’OUDISSÈIO d’OUMÈR
O
REVIRADO AU PROUVENCAU
Charloun Riéu


AVANS-PREPAUS

De tóuti li tradusèire dóu grand Oumèro, crese bèn que pas un se i’es mes en trin em’ un bagage de sciènci grèco tant minçounet coume lou miéu ; pamens, à dire lou verai, estènt enfant, e ’n coumpagno de quàuqui drouloun à pau près de moun age, m’avien manda à l’escolo vers un nouma Moussu Chabaud, qu’avié pèr tèms jita la raubo sus
d’unbouissoun, causo raro alor. Aquéu mèstre tencha de grè e de latin me n’avié aprés li proumiés elemen, sus l’estiganço de faire de iéu un capelan. Mai tóuti aquélis estùdi fuguèron pas de durado : Moussu Chabaud partiguè dóu Paradou, e iéu, alor einat de cinq enfant, mi parènt pas trop riche, me faguèron ana rustica dins li mas de Crau e de Camargo pèr ié gagna ma vido ; e, à parti d’alor l’idèio de dire messo fuguè virado de caire.
Soulamen, aquéli nòu o dès mes d’escolo qu’aviéu fa vers aquéu brave mèstre qu’ai jamai plus revist, avien leissa dins iéu un recaliéu d’envejo de coumpausa o de tradurre, que tard o tèms devié se reviha. D’efèt, sènso parla de cansoun, aguènt legi tout jouine encaro lou bèu pouèmo de la Jerusalèn Deliéurado dóu Tasso, m’empressiounè talamen que lou vouguère tradurre : ço qu’ai fa bèn plus tard.
Quàuquis an après, quouro la Soucieta di Bon Prouvençau venguè de Marsiho i Baus pèr ié restabli la fèsto dóu Pastrage, emé lou fin escrivèire Auzias Rougier (en quau dève la prefàci de mi Nouvèu Cant dóu Terraire), se parlè d’uno traducioun de l’Oudissèio : e d’aquelo ouro espeliguè dins la glèiso di Baus. Un pau avans que la ceremounié dóu Pastrage, aguèsse coumença, que la pichoto carreto menado pèr un móutoun flouca aguèsse fa soun silencious varai, esbrihaudanto di candeleto abrado, que li pastre plega dins si jargo de cadis, au son dóu fifre e dóu tambour se sieguèsson fa passa l’agneloun emé si pastoureleto, iéu, emé lou brave A. Rougier, acantouna vers la porto de la capello parlerian plan-planet de cansoun e de que sabe iéu, quouro pièi me demandè s’aviéu pancaro acaba ma traducioum de la Jerusalèn ; ié respoundeguère que tout acò èro lèst e qu’ère en trin de revira en prouvençau lou Telemaque de Feneloun : " — De que vas faire aqui, me diguè. Lou Telemaque de Feneloun es uno obro bello, se vos, mai escricho dins un estile tant fignoula que lou prouvençau au coustat pòu pas proudurre un gros efèt ; e la Jerusalèn d’après lou prince Lebrun, encaro mens, belèu. S’ai un counsèu à te douna, sarié de tradurre lou cant de Nausicaa, de l’Oudissèio: aqui pourriés èstre dins la bono draio."
Ço que fuguè. La semano d’après aguère de l’editour Pau Ruat, un ami de longo toco, la bello traducioun d’Oumèro, de Lecomte de Lisle : tre la reçaupre me meteguère à legi la bello istòri de la chato d’Alcinòu ; e après, la meditant, me semblavo que vesiéu uno d’aquéli bèllis Arlatenco, anant lava bugado emé sis amigo au grand Rose, se despachant pièi pèr ana faire eissucha soun linge is aubo blanquinello ; ausissiéu si siéule e si cacalas, e me semblavo d’entre-revèire li sagno di palun dóu Mas Tibert o de l’Esquinau.


L’Oudissèio en man, aqui, un bon an de tèms, me meteguère en trin à tafura dins li diciounàri grè. E quouro cresiéu d’avé fa obro acabado, i’aguè ‘ncaro proun grame à tria. Anère, rèn de mai pressa, vèire moun Mèstre e moun ami, En Frederi Mistral, à Maiano, pèr fin de saupre ço que pensavo de moun travai. La proumiero causo que me demande, sieguè que n’i’en legiguèsse un cant. Mai tre m’entèndre me diguè que, sènso m’èstre leva dóu sujet, m’ère esmarra en voulènt tradurre pèr à pau près e pèr d’espressioun trop courrènto e vulgàri, la noblo simplicita, lou bèu realisme dóu pouèto ; e que lou miés sarié de tout revèire e de se teni lou mai proche poussible dóu tèste gregau. E pèr acò faire me mandè vers moun bon ami Jóusè Bourrilly.
Me vaqui dounc mai à recoupia moun manuscri ; coume me l’avié counseia lou Mèstre, anave tèms en tèms vers moun brave cambarado; e ensèn travaiavian, de fes touto la journado, embarra dins sa chambro, à courre à l’après d’un mot que sarrarié de mai proche lou mot just dóu pouèto; vo bèn à caro-vira ‘no fraso, à la faire mai cantadisso. Enfin, em’ un estrambord e uno fe qu’an pas moula un moumen, avèn tout revist, fraso pèr fraso, mot pèr mot. Tambèn se pòu, dins tout aquéu trebau, que quauco deco nous ague escapa. I’a pas de drai que noun n’en laisse passa.
Deve dire tambèn l’ajudo preciouso qu’ai agudo d’En Jan Monné, Presidènt de la Freirié Prouvençalo qu’a bèn vougu espelugueja uno partido dis esprovo e n’en courregi li fauto d’ourtougràfi e d’acènt: ço que n’èro pas un travai minçounet ; e, en fin finalo, i bràvi coulègo Pèire Fountan, Pio e Esclangoun de Touloun, que dounèron soun bon cop d’espalo pèr li terme de marino.
Aro, segound mounte aquéu libre toumbara, n’i’en a que poudran dire que coumprenon gaire; d’efèt, li noum gregau, di gènt e di diéu, qu’avèn vougu garda tau que (en li tradusènt founeticamen à la prouvençalo), poudran susprene en primo abord lou legèire que i’es pas acoustuma. Mai, ai dins l’espèro qu’acò lou rebutara pas. La vido Oumerico es talamen proche de la nostro, de nosto vido de pèd-terrous, de marin o de pastre! Li causo, li gènt e li sentimen chanjon talamen pau à travès di centenau ! La gènto Nausicaa, l’avisa Ulisse, lou fidèu Pourcatié, lou sena Telemaque, la prudènto Penelopo : acò soun de gènt que couidejan à touto ouro. E de que i’a de mai pretoucant qu’aquéu brave chin, jasènt sus sa sueio, que counèis soun mèstre après vint an quand res dins l’oustau l’a recouneissu, e que mor en s’aubourant, tout rampous, vers éu.
Pièi à-n-aquéli que troubaran qu’avèn pas proun balança pèr emplega de mot un pau escabissous, fau bàn que responde que nosto bello lengo prouvençalo, despièi Frederi Mistral, es proun richo pèr permetre de sarra de proche un tèste coume aquest, e de tradurre un mot just pèr un autre mot just. Se la lengo fougouso dóu grand Oumèro devié se tradurre en paure patoues, sarié pas necite de prene tant de peno, e de veni après Lecomte de Lisle.
Adounc, en bandissènt aquéu libre, en acabant aquéu dur pres-fa, ai l’espèro que sara legi au mens coume un bèu rouman pèr li pastre, li lauraire, tóuti aquéli que rusticon ; e que de det rufe, à la vihado, faran courre aquéli pajo ounte ai gausi proun d’ouro que deviéu à la som em’ au repaus.

Enfin aquéli que vivon de la vido de l’esperit e que sabon, ié veiran ço que fuguè à soun espelido aquelo Grèço, quouro nous paufiquè sus de ro imbrandable li foundamento de nosto civilisacioun.

E aro me rèsto à gramacia mi souscrivèire di sacrifice qu’an fa pèr l’enantimen d’aquelo obro. Pousquèsson si fiéu e si rèire-pichot-fiéu, dins l’aveni, èstre urous de vèire au pourtissòu d’aquéli cant li noum bèn-ama de sis aujòu.



Charloun Riéu.
Au Paradou. Pèr St-Jan d’estiéu de 1907


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