mardi 26 avril 2011

Jean-Baptiste Bégarie : LA LUE - Traduit par André Joly-Suberbielle

.






LA LUE



Jean-Baptiste Bégarie


1. O Lue ! quau nèn haroulè
Mey que tu cour las galihorces
Quoan dab lou gran sourelh au soum dou tou
soulè / E hès à las estorces ?”

2. Quaucop lou plasè ʻsbarluèc
De-ns ha tatès que lʼarrougagne
E lunan darrè-u broulh coum lou mounard trufèc
Dʼarrîde sʼescargagne.

3. Quaucop tabè gaytan sʼou pouy
Dou cèu brusla-s la blue rase,
Que bedém eslita-s, bère dab sou cap couy,
Nouste lue de case.

4. Quʼarròdie coum u bòlou dʼor,
Regan tout dous lʼestèle yaune,
Sauneyayres luècs au cerbèt de biscor
Que la boulém ta daune.

5. Que bòlie sous calots de nèu
Coum lou cap dʼu taure cournude,
Lou nèn enlusernat, acatan lou ridèu
Dou brès, que la salude.

6. U sé yoenin, au cèu bluard,
Lou bòlou dʼor hasè hielade,
Cusmeran lous arrays en u baram escarp,
Quʼère u bèt sé de hade.

7. Lou lugra sʼeslupiabe au glap
De las pesquites choalines,
E la lue courrè, chens da nat tume-cap
Debat de las peyrines.

8. Lʼoelh briac, que dechàbi ʼn lʼarriu
La loue danse briulante,
Quoan ue estèle au cèu eslinchan, coum u hiu
E cadou per la cante

9. Quʼère u brouch. Sa bergue dʼarèu
Quʼabè lusit en lʼescurade.
Que bedouy, lusent dʼoelhs, u perrac de cameu
Seguì la mè peytade.


Yulhet 1911


*-*-*-*-*-*-*




Lune ! Quel folâtre gamin
Plus que toi court par les ravines
Quand avec le Soleil là haut dans ton attique
Tu luttes à bras-le-corps ?”

Parfois le capricieux plaisir
De nous taquiner la titille
Et, derrière un nuage nous épiant, minot moqueur,
De rire elle sʼesclaffe.

Et quand sur les hauteurs on voit
Sʼembraser la bure bleue du ciel,
On aperçoit glissant, avec sa tête lisse,
La belle Lune de chez nous.

Roule que je te roule, comme une boule dʼor
Elle effleure lʼétoile jaune :
Lunatiques rêveurs, cerveaux tourneboulés,
Nous la voulons pour Dame.

Vole que je te vole sur les cimes enneigées,
Tête encornée de taureau :
Lʼenfant enluminé écarte le rideau,
Du berceau la salue.

Un soir céruléen, dans ma prime jeunesse
La boule dʼor filait, tirait en enfilade,
En un lisse halo ses rayons rassemblait,
Féerique soirée !

Lʼastre du jour à la morsure
Des gentils vairons échappait
Et la Lune courait sans donner de la corne
Sous les petits galets.

Lʼoeil chaviré, jʼallais laisser dans le ruisseau
Leur frémissante farandole
Quand du ciel une étoile comme un fil sʼarracha
Et sur la rive sʼabîma.

Un sorcier ! Sa baguette de houx
Dans la pénombre avait brillé.
Je vis un spectre de chameau, étincelant,
Suivre lʼempreinte de mes pas.


Juillet 1911

Traduit par André Joly-Suberbielle


.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

demain 17 février 2015 Centenaire de la disparition du jeuner poète-soldat

Daniel ARANJO

Marsyas II a dit…

Merci de cette info ... Cruciale pour le devoir de mémoire... D'autant que je suis ne un 17/2
Merci mr Aranjo