mercredi 16 novembre 2011

P. Azema : L'ENSEGNAMENT DE LA LENGA D'OC E LOUS ESTUDIANTS DE MOUNT-PELIE

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Université Paul Valéry
Montpellier III


L'ENSEGNAMENT DE LA LENGA D'OC
E
LOUS ESTUDIANTS DE MOUNT-PELIE


Abèn reçachut communicacioun d'aqueste vot, que sèn urouses de publicà, après nostes grands counfraires quoutidians:

" L'Association amicale des Etudiants de Montpellier réunie en Assemblée générale le 21 novembre 1918, dans la salle des séances du Conseil municipal de la ville de Montpellier, considérant qu'au moment où la vie économique de la France va nécessiter une renaissance de la vie régionale, il serait désirable que cette renaissance s'étendît à tous les domaines, même à ceux de la pensée.

Estimant d'autre part que c'est aux divers représentants des populations méridionales qu'il appartient de lutter contre une ignorance de notre passé et de notre langue, ignorance favorisée dans le Languedoc par l'insuffisance des études méridionales dans notre Université Montpelliéraine (le savant enseignement de M. le professeur Millardet ayant plutôt un caractère philologique et par là même étant restreint à des auditoires d'élite).


L'Association émet le voeu:

Que les six Conseils généraux de notre région: Aveyron, Aude, Gard, Hérault, Lozère, Pyrénées- Orientales, et les huit Conseils municipaux de ses villes importantes: Alais, Béziers, Carcassonne, Cette, Montpellier, Narbonne, Nîmes, Perpignan, prennent l'initiative de voter annuellement la subvention nécessaire (24.000 francs) à la création de trois enseignements (chaires et conférences) près la Faculté des Lettres de Montpellier, qui auraient pour objet les études suivantes:

-Langue et Littérature provençale moderne avec conférence de dialecte languedocien;
-Langue et Littérature catalane moderne
;
-Histoire et Géographie des trois provinces méditerranéennes : Languedoc, Roussillon, Provence.


L'Association des Etudiants espère que les Conseils ci-dessus nommés tiendront à honneur de réaliser ce voeu légitime, et de mériter ainsi la reconnaissance des Etudiants languedociens, catalans, provençaux."



Es pas dins aqueste journal, tout entiè counsacrat à l'aparament e à l'ounou de nosta lenga, que cau dire emé quanta joia saludan la requèsta das estudiants de l'Universitat clapassièira. Faren soulament una remarca, touta à la lausenja de nostes jouines coumpatriotas. Demandoun pas au goubèr de Paris d' autrejà, pèr un ate de benvoulencia, las cadièiras d'ensegnament mièjournau.
No! reclamoun aquela creacioun de l'inteligencia e de l'iniciativa de nostes representents loucals e regiounals. Aplicoun lou principe mantun cop prouclamat aici: — Davans de reclamà de libertats nouvellas, serviguen-nous de la qu'abèn. Metoun carrament lous Counsels municipals de la regioun drech-en-drech de soun debé e de sa respounsabilitat.
Pas que pèr acò, e quanta que dugue n'èstre la seguida, aplaudissèn au vot de l'Amicala des estudiants:
nous farà toujour veire s'abèn de conse e de grand ciéutadin, de vertadiès patriotas, ou pas qu'una banda de rampelins e d'armagnolas coufits dins la graissa rancida de la poulitica de clouquiè.


Decembre 1918


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1 commentaire:

Anonyme a dit…

Ce texte a été publié par le journal de guerre dirigé par Azéma, Lou Gal, N°84, le 15 décembre 1918.