lundi 29 mars 2010

Nouno Judlin : ER DE FLAHUTET - 5 CANSOUN - 1937

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Nouno Judlin


Est-ce une chanson comme nous le suggère la présentation, en Provençal, du recueil de Nouno Judlin, ou bien une poésie.



Je ne suis pas suffisamment spécialiste pour en saisir l'éventuelle différence ! Dans tous les cas, ce texte est dur, très dur, en dehors de toutes formes d'existentialisme, banal ; il est l'image d'un début de siècle triste que cette première moitié du 20 ème...

Guerres, crises économiques, conditions de vie encore précaires, toute cette période est dans ces deux verions (française & Provençale) de ce texte
... nous montre qu'il peut être l'heure de l'Espoir.


Alain Marchand
L'arlésienne



L'ouro d'espèr

L'ouro d'espèr vai pica,
en van la pos suplica,
siés souleto,
bèn souleto.
Lou silènci es alentour,
que te plouro un dòu d'amour.
Siés souleto,
bèn souleto,
freirejant emé la mort,
espampairis de bèus ort,
e tant palo
que siés talo
qu'uno qu'à plus set de res.
Inguènt, baume n'i'a plus ges
que soulage
lou sòuvage
patimen de toun mau-cor.
'n'autro peno es en accord,
'me ta peno,
e vous meno
tòuti dous en rudo man.
Quau saup, moun Dieu, se deman,
en rajado
benurado
uno oufrèndo de soulèu
farié pas toun cor nouvèu ?
Mai prétendre
de l'atèndre
lou poudé te n'a quita.
L'ouro duro ei sens pieta.
Soun aguio,
lento, tuio.
Miejo-niue vèn de passa.
Lou calèu vai s'amoussa,
siés souleto,
bèn souleto.
L'ouro d'espèr a pica.




L'heure d'espoir

L'heure d'espoir va sonner.
En vain tu peux la supplier.
Tu es seule,
bien seule.
Le silence est alentour
qui pleure pour toi un deuil d'amour.
Tu es seule,
bien seule,
fraternisant avec la mort»
gaspilleuse de beaux jardins,
et si pâle
que tu es telle
qu'une n'ayant plus soif de rien.
Onguents, baumes, il nest plus rien
qui soulage
le sauvage
dénuement de ta souffrance.
Une autre peine s'accorde
avec ta peine
et vous mène
tous les deux d'une main rude.
Qui sait, mon Dieu, si demain
un rayonnement
heureux,
une offrande de soleil
ne rajeunirait pas ton cœur ?
Mais prétendre
l'attendre
tu n'en as plus le pouvoir.
l'heure dure est sans pitié,
Son aiguille,
lente, tue.
La mi-nuit vient de passer.
Le croisset va s'éteindre.
Tu es seule,
bien seule.
L'heure d'espoir a sonné.




Nouno Judlin
- 1937 -


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samedi 27 mars 2010

Yves Gourgaud : Jean-Baptiste FAVRE (additions et corrections)

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Ive Gourgaud par son texte ci-dessous nous donne un poème qui a valeur de scoop puisque issu d'un manuscrit inconnu!!!
Nous avons déjà parlé de cette auteur dans Marsyas en publiant un extrait du siège de Caderousse (sur ce lien)


PANORAMA DE LA LITTÉRATURE CÉVENOLE (suite)

Favre

8. Jean-Baptiste FAVRE : additions et corrections

Dans la première mouture de mon évaluation de JB Favre, j’ai laissé la part encore bien trop belle à la critique occitanisante, qui veut faire de notre auteur un « anti-philosophe » alors que son oeuvre dit précisément le contraire. C’est ainsi que le papet (« petit pape ») de cette critique, Robert Lafont, est amené à écrire dans sa Nouvelle histoire de la littérature occitane (tome II, page 467), à propos de la « situation intellectuelle de Fabre » ce tissu d’inepties concentrées en une seule phrase :
« Anti-philosophe par principes et par usage linguistique, il appartient bien au siècle des philosophes »
On aura noté que pour ces occitanistes frottés d’un marxisme de salon (car il existe, en matière de critique littéraire, un marxisme éclairant -mais il n’est pas occitaniste), l’emploi de la langue cévenole est « anti-philosophique »...
Pour le reste, ces amateurs (au mauvais sens du terme) n’ont jamais compris deux choses pourtant bien simples, voire évidentes :
- Favre ne naît pas « prêtre » : son état ecclésiatique (avec le statut social et la prudence qui vont avec) peut-il expliquer par exemple l’écriture du "Jean-l’an-prés" ?
- Le marxisme vulgaire de Lafont lui fait prendre le choix linguistique de Favre pour une « aliénation sociale », ce qui passera au mieux pour une plaisanterie : bien au contraire, l’écriture en patois permet de dépasser sa condition sociale d’intellectuel contraint par la langue officielle à des positions orthodoxes. Autrement dit, Favre est peut-être un « anti-philosophe » lorsqu’il écrit en français (et les exemples cités par Lafont sont tous des travaux en français) ; mais quand il écrit en cévenol, sa pensée est tout autre, à l’aune de sa liberté de création : en cévenol, il peut moquer la papauté dans son grand poème héroï-comique du Siège de Caderousse tout comme il peut faire exploser les conventions sociales et leur hypocrisie dans cette prose entièrement « philosophique » qu’est son "Jean-l’ont-pris".

Cette perspective suffit à montrer que les « contradictions » que Lafont croit déceler dans l’oeuvre et la personnalité de Favre n’existent en fait que dans une critique occitane incapable de saisir l’essence de l’écriture d’oc à cette époque précise. On ajoutera que, même pour un auteur aussi connu et reconnu que Fabre, Lafont montre toute la légèreté de sa lecture : ne va-t-il pas jusqu’à affirmer (page 475) que Jean-l’ont-pris « est ainsi nommé parce que son père est aux galères » alors que tout lecteur du roman sait bien qu’il a été pendu haut et court ? Toute la vacuité prétentieuse de la critique occitaniste est ainsi concentrée sur notre grand écrivain, hélas...
Un troisième fait semble conforter ce que j’affirme plus haut, et même le dépasser : pour ceux qui pourraient croire qu’en français JB Favre n’est qu’un curé réactionnaire et « anti-philosophe », voici un scoop, ou plus exactement un texte qui méritera sûrement d’être commenté et exploité par plus averti que moi. Dans ses oeuvres manuscrites, on trouve ce poème que je livre tel quel à la réflexion du public et des spécialistes :


Chanson pour les francmaçons
de La Loge de S. R.

dans ce temple majestueux
rien de fastueux
n’eblouit les yeux ;
mais sa simplicité
offre plus de beauté
que l’ Éclat faux et vain
du plus grand dessein
de l’orgueil humain.

la Sagesse le massonna,
la vertu l’orna,
l’amour y regna ;
le vice en est dehors,
et malgré ses efforts,
il ne viendra jamais,
par de noirs forfaits,
en troubler la paix.

le Silence, l’Egalité,
l’honneur, l’Equité
font sa sureté.
loin ces Esprits hautains,
indiscrets ou malins,
dont les fougueux transports,
de cet heureux corps
romproient les accords.

oubliez ici votre rang,
la vertu vous rend
seule vraiment grand ;
ce temple est le cercueil
où doit tomber l’orgueil ;
point de prétention,
de division,
ni de passion.

les hommes sont faits pour s’unir
et le vrai plaisir
nait de ce désir.
à ce penchant si doux
sans crainte livrons nous ;
laissons le censurer,
pour en murmurer
il faut l’ignorer.

oüi, chanter, rire, et boire au frais,
garder nos secrets,
voilà nos forfaits.
venés, esprits jaloux,
vous unir avec nous ;
quand vous les connoitrez,
vous vous dédirez,
et vous en rirez.

mais si ces plaisirs innocens
souvent renaissans
sont peu séduisans ;
daignez apprendre au moins
quels sont les autres soins
dont nous nous occupons
en bons francs massons
hors de nos chansons.

dans ce temple, objet de vos cris,
l’amour ni ses ris
ne sont point admis.
l’amitié dans les coeurs
y répand ses douceurs ;
et, dans nos entretiens,
serre les liens
des vrais citoyens.

nous vivons dans la chasteté,
dans l’humilité
dans la charité.
fidèles à nos rois,
nous respectons leurs Loix,
et celles qu’à dicté /sic/
pour l’humanité
la divinité.

s’il est des frères malheureux,
nous avons pour eux
des coeurs généreux :
touchez de leurs besoins,
par les plus tendres soins,
en dignes francs massons,
nous les consolons,
nous les soulageons.

nous ne tolérons rien de bas,
un juste compas
règle tous nos pas.
le crime et ses noirceurs
ne souillent point nos moeurs,
nous fuyons tout excez,
même en nos banquets,
malgré leurs attraits.

c’est assez nous justifier,
on aime à crier,
laissons abboyer.
c’est autant de perdu ;
rien n’emeut la vertu,
amis, plus de raisons,
ne nous défendons
qu’à coups de canons.

venerable, soutenez nous,
frères armez vous,
unissons nous tous.
bourrons, tirons, corbleu,
allons, feu, triple feu,
après de tels exploits,
l’envie aux abbois
recevra nos Loix.


Transcription à la lettre de l'écrit du XVIII ème siècle



Bien sûr, il resterait à authentifier définitivement l’appartenance de ce poème aux oeuvres de Favre : je laisse ce soin aux spécialistes, me contentant ici de donner la référence précise : Oeuvres de Saint Castor, volume VI, pages 167-173 de la pagination manuscrite (manuscrit 25 (6) de Montpellier).


Yves Gourgaud, mars 2010


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mercredi 24 mars 2010

A. del SOURELH : JOUVOS MESTRESSOS - 1913 - Escolo Moundino

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Magritte



JOUVOS MESTRESSOS

Embelinairos sount las drolos
Qu'al tour de vingt ans, à p'r aqui,
S'en van galoupa, farivolos,
Ardidos e l'aire couqui...
Braves gouiats cercant mestresso,
Un journ, pe's camis souloumbrous,,
Las culissetz, flous de tendresse;
E, lours galants, que setz urous!...

Car, frescos, escarravilhados,
Las migos de vingt ans
An carressos, d'amour, floucados,
Qu'enivron lous galants...
E lours avansos amistousos,
Per pla passa lou temps,
Aisidoment sount engajousos
Coumo un sourire del printemps !...

E las aimatz coumo un terrible,
Voulent que n'ajon que per vous,
Per vous tout soul, qu'es pas poussible
D'èstre mai sot ou mai gelous...
E, risco d'en veni per èstre
Un vièlh tirannas, las tratatz
Coumo s'en siatz l'absoulut mèstre,
Taloment que las desiratz...

Car, frescos, etc...

0, mes la flou qu'aviatz causido,
Que cresiatz la flou del bounur,
Dins vostres degts es lèu blasido,
Car l'amour n'as res de segur...
La jouvenso, se nou ie paro
De perlounga sous bous mouments,
Fug à galop, sens crida garo
E prene de mainajoments...

E, frescos, escarravilhados,
Las migos de vingt ans
A caressos, d'amour, floucados,
Qu'enivron lous galants...
E lours avansos amistousos,
Per pla passa lou temps,
Aisidoment, d'èstre engajousos,
Passon, èi-las! amb lou printemps!...

P'r acô, de las primos mestressos
Rèsto un souveni sens parèl;
E l'on raivo de lours caressos
Coumo d'un vi blous e vermèlh
Que siaudoment ennairo l'amo,
Quand, sounco, en enmagenaciui
Pus tard, des plasés de madaino
Poudetz cerca las sensacius...

Car, frescos, escarravilhados,
Las migos de vingt ans
An caressos, d'amour, floucados,
Qu'enivron lous galants...
E lours avansos amistousos,
Per pla passa lou temps,
Aisidoment, sount engajousos
Coumo un sourire del printemps!...



A. del SOURELH

- 1913 -
Sur La Terro d'Oc
Escolo Moundino
de Toulouso




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lundi 22 mars 2010

Giuseppina Amodei : testo bilingue Calabrese - Italiano

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Poésie bilingue en dialecte calabrais avec traduction en Italien ! Une première dans Marsyas, la calbre est un pays comme la Provence & surtout Marseille, où les reste d'une culture grecque classique sont encore très présents. Dans cette poésie, en dialecte de Reggio di Calabria, une ode au passé au présent masi surtout à ceux ,qui nombreux ont du quitter le pays natal!


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Dinnu ca simu i figghi furtunati
'ndavimu u suli pe' pani profumatu
e u mari duci pe' stutari a siti

Dinnu ca stu profumu gersuminu
chi s'imbrischia cu rrangia e cu limuna
fu 'mpastatu cu nostru stessu cori

'Ndi dissiru co turcu e lu normannu
u grecu l'armenu e u bizantinu
ficiru razza pura da bastarda
e ca li nostri 'ntinni du penseru
'ndannu u poteri i sgrancinannu a luna

Ma nugghu 'ndi 'nformau ca simu stati
da sempre ttraversati e 'ntrappulati
da vortici da timpa e da tempesta
ca simu criaturi scarsi e nudi
e 'ndi sfrattaru da lu nostru tajiu
da li casi di rocca e di sdirrupu

E ccussì suli suli 'ndi 'ndi jimmu
intra a rrughi di strani - nui straneri -
chi nostri testi all'aria e a nostra voria
e sperti e muti sempri in cerca in cerca
i chigh'urtimu mmorzu i poesia
chi nnughu mai lu potti 'mpastoiari
chi nnugghu stuta e nnugghu po' llordari
mancu li vuci chi s'incappucciaru

Ora 'mpastammu a nostra crita duci
ca crita carda du rrestu du mundu
ora potimu diri ca sapimu
quandu cocchiunu parra du doluri
ma non volimu fari na bandera
ma non volimu fare na bandera.

Reggio di Calabria


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Calabresi

Ci dissero che siamo i fortunati figli
che hanno il sole per pane
ed il mare per spegnere la sete

Ci dissero che il profumo
di arancio e gelsomino
sono stati impastati con la pelle
del nostro interno sentire

Ci dissero perfino che l'arabo il normanno
il greco il bizantino
fecero razza pura da bastarda
che i nostri filamenti di pensiero
hanno il potere di graffiare il cielo

Ma nessuno informò
che siamo da sempre attraversati
da Vortice e Tempesta
creature dalle vesti stracciate
sfrattate
dalle case di roccia e di dirupo

Così siamo andati
nei vicoli stranieri
con teste altere
portando il nostro orgoglio
di vagabondi silenziosi
cercatori insaziabili dell'unico
spicchio di poesia
non ancora ingabbiato
non ancora sporcato
dalle squallide lingue incappucciate

Adesso che abbiamo impastato
la nostra creta con la creta del Mondo
potremo dire di essere
tra coloro che comprendono il dolore
senza farne bandiera.



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dimanche 21 mars 2010

André Chamson : poésie bilingue Provençal - Roumain!

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« Raiòu* per lou sang, Prouvençau per la pouesìo, Francés per la rasoun »

(* Raiòu = Cevenòu)


Es atau que se definissio Andriéu Chamson (1900-1983) alquau la revisto Lou Felibrige counsagro un article sinhat per Louïs d’Andecy, Mèstre d’Obro.

L’autour preciso ben pel grond public qu’Andriéu Chamson es lou paire de Frederico Hébrard, la roumancièro espouso de l’actour Louis Velle.

L’article es entitoulat « Andriéu Chamson » e souto titoulat : « Ome de letro engaja dins toùti li resistènci. »

Es un article biougrafique mai que mai que vau pas repeta pel menut. Noutarèi eici pamen que foundè la Brigado Alsaço-Loureno ambé Malraux. Al generau de Lattre que s’espantarò de veire tant de Proutestants dedin sas troupos, respoundrò : « Moun generau, acò’s eisa de lou coumprene, bailejas uno armado de voulountàri. »

D’àutri faguèrou uno auto chausido. Moubilisat quauques mes daprès dien l’armado de la Franço libro, Robert Lafont desertè.

Proutestant dinc un païs catoulique, resistent dinc un païs oucupat, felibre dinc una Franço jacoubino, Andriéu Chamson escrivio :

« Moun umanita la mai simplo caup tout entiero dins aquéu mot « resista », dins aquéu mot ai desbubert touto moun afiscacioun pèr lou poueto de Maiano. »

Supausi que belcop de vàutri sabet qu’escriguè « Roux le bandit », lou rouman que lou faguè celebre à 24 ons. N’escriguè d’àutris en francés e fouguè recebut à l’Acadèmio Franceso en 1956. Lou jour de sa dintrado, i diguè glouriousomen de vers de Frederic Mistral.


Soubre soun espaso d’academician, faguè escalpra : « resista », en lengo d’o.
Mas çò me desplai de parla d’un escrivan ou d’un poueto sèns lou cita.

Vaqui de troçs d’un de si pouemos que pareguè també en revirado roumaneso :



Lou Cant de la revengudo


Aro, fau revira devers la vido.
Dins lou bourboui, la primo vai greia.
Vese mounta la lus esbalausido
Que li soulèu d’ivèr an coungreia.

Sus lou camin que mestrejo la coumbo,
Dins un esbléugimen, me siéu cala,
E vese plus, mounte que moun iue toumbo,
Que flour d’amelo e que flour de lila.
Tout en un cop, la flourido enaurado
Dins li bartas escampo sa belour,
E li poumié, sus l’enclin de la prado,
De larg en larg, fan de rodo de flour.

Que siegue bluio o rouginello o blanco,
La flour grasiho is aubre vertadié
Coume au fougau d’ivèr lou fiò de branco
Beluguejavo au mitan di landié.

Quaranto cop ai vist toun espandido ,
Dins l’espèr, lou bonur… e noun jamai
Sus mi bouco t’aviéu tant bèn sentido,
Farandoulo de mars, d’abriéu, de mai.

T’ai vist au tèms qu’ère dins la mountagno
Un cadelas ’mé lis àutri garçoun,
Que trevavian pèr li baus e li sagno
Dins li rebaus jitant nosto cansoun.
……………

Mai, au jour d’uèi, ta sabo s’amoulouno
Dins li rampau pèr lou ferre estrassa,
E ti flour fan li proumiéri courouno
Sus li toumbèu di sóudard matrassa !

Mai que lou dòu es grèvo la memòri !
Li qu’an toumba soun mort un cop de mai
Quand sian tourna, dins l’estiéu sènso glòri,
Vers lis oustau que reveiran jamai.

Jamai pamens, tèms nouvèu, tèms de primo,
Ai regarda coume regarde vuei
La carnacioun e l’agriero encaro imo
D’aquéli flour qu’escampo toun ourguei.

Jamai, jamai, dins li tèms d’alegranço
Ai regarda coume regardarai
Tou gau greia dins la desesperanço
E toun ordre mounta sus lou varai.


Vaqui de trouçounets de la revirado roumaneso :

CÎNTEC DE ÎNTOARCERE

Iată că trebuie să te întorci spre viaţă.
În mlaştină, primăvara va încolţi.
Eu văd cum urcă lumina orbitoare
pe care soarele iernii a îngramadit-o.
….

Fie albastră sau ruginie sau albă,
floare se aprinde în arborii care renasc
precum iarna, focul ramurilor
Scînteiază în vatră.
…………..

Niciodată, niciodată, în vremuri de veselie,
eu n-am văzut, cum o voi vedea,
bucuria ta cîntînd peste deznădejde
şi disciplina ta înalţîndu-se peste dezordine.



Sur une idée & une tradction roumaine d' Alan Broc

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vendredi 19 mars 2010

Michello Craponne & Li Pimpinello : dissate proumié de Mai (pub associative)

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Li flour de la primo

Vous counvide à n'en veni descurbi quauquis uno e n'en tasta quauquis alestimen, lou dissate proumié de Mai ( lou tantost) à Castèu-Nòu-de-Gadagno: saren au jardin, à coustat d'Akwaba, 500 camin di matousso.

Es l'assouciatioun « Li Pimpinello » ( que n'en siéu la clavarello é lou pivéu) que ourganiso dous cop l'an uno rescontre per li jardinié afouga, e per li curious; aqui podon escambia: plantun, grano, óutis, counséu, ajudo.



Se voulès ren escambia,vous poudès veni proumena, tasta à ma cousino-fèro. I aura perèu uno presentacioun d'espaventau ( sares li benvengu s'aduses lou vostre !), e de jo e d'animacioun per li drole. L'intrado ei d'à gratis. Em'aco vous pourrès refresca à la begudo, e manja de pastissarié.
A vespre, pourrès soupa en musico emé uno cantarello que ié disoun « Flour » e uno fanfaro « Pipo for People »; S'avès besoun d'entre-signe,me poudès souna o m'escriéure ( lou cap-redatour de Marsyas 2 vous baiara moun adreisso eleitrounico)

N'en proufiche per vous anouncia que per lou 3 d'óutobre alestissen uno autre acampado que se debanara au Castèu de la Capello, à Castèu-Nòu-de Gadagno, e i'aura un fube d'espousicioun: boutanico, tablèu, de couferènci, e faren meme uno grando plaço à la culturo Prouvençalo. Vous n'en dise pas mai per aro, n'en parlarèn un autre cop!


le lien de l'association Les Pimprenelles (en cliquant ici)

Michello Craponne
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jeudi 18 mars 2010

Beziès : CABALCADO DEL 7 MARS 1872

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Quelques mois après la capitulation de Sedan & après la Commune ; ce texte très curieux, hors d'âge, viscérallement anti-allemand.
Ecrit dans la plus pure tradition de la langue parlées alors à Béziers,ce texte est étonnant, il préfigure la Boucherie de 14-18...


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CABALCADO DEL 7 MARS 1872


DISCOURS RIMAT

Bendut per lous Membres del
CERCLE DE L'UNIOUN



Al proufit de la Souscription Natiounalo



Damos, Messius, salut. Se bey sen sus la plasso,
Es pas per lou plasé de béni fa paillasso ;
Aben pas per aco nostre cor prou jouious ;
Cal pot rire en bejen souti pais malerous!
Digus prebesio pas, O tus, Franço tant bèlo,
Que berios dins un jour eclipsa toun estèlo.
Es pas pla len lou tens oun, daban toun succès,
Lous poples, tous besis, te baïsabou lous pes.
Alors eros l'efan gastat de la Bitouèro ;
Sus toun leyt de laouiès, sul couyssi de la glouèro,
Dourmissios à l'abric de toun tarriple bras ;
Cap de tous enemich se remenabo pas.
Mais un jour, jour maoudit! uno tarriplo guerro
Benguet te rambersa coumo fa lou tounerro
Quant derrabo d'un cop un chaine de cent ans,
Aytal te maïssounet may de cent milo e fans.
Et Paris affamat en droubiguen sa porto,
Te ramberset pel sol, sanglanto, miejo morto.

Sedan

Pey la pes se faguet, à quane pris gran Dious !
Sans counta lous affrouns, las humilialious,
Cinq millars à paga, dos proubinços perdudos,
Et ço qu'encaro ran las counditious pus rudos,
Jusquos al pagamen, hoirn'ou ! proufanatiou !
Dins sieïs departamens un cors d'occupatiou !
Lous Francèses, Messius, que sou sus la frountieiro,
Bèsou daban sous els uno armado estrangeiro,
Per la lè del pus for encaro sou fourçach
Dins sous propres oustals de nourri de souldach.
Ah ! se sabias de qu'es cant un souldat ibrougno
(Crèbi que d'y pensa de racho, de bergougno)
Dis al Payré : Meinn-her, ta fillo me coumben ;
Ay moun sabre à la ma, me coumprénes, baï-ten !
Loù Payre que pot pas suppourta tant d'aoudasso ,
Qu'es Francès aban tout, saouto sus la pigasso,
Aban que lou Prussien se sègue rebirat
D'un cop al mieeh del froun pel sol es espatat.
Lou Payre es-dins lou cas d'uno justo defenso,
Mais lou juche Alleman prétend, dins sa sentenço,
Qu'el a tort, qu'à coumés un lache assassinat ;
Cinq minutes après lou paoure es fusillat.
A moun abis, sega, crézi qn'es pas poussible
Qu'on posque suppourta de destin pus hourrible ;
Bézou pas lou moumen que seroou delibrach
Des michans tratamens d'aqueles selerach.

Les antis "Boches" primaires

Suppousas qu'à Beziès, pertout dins las carrieiros
Bejesses des Prussiens las figuros groussieiros,
Lou regar insoulen et lou geste brutal,
Esprès fa rabala sul pabat lou bancal ;
En passan ensulla las fennos et las fillos,
Pointa lou deshounou dedins bostros famillos...
Oh nani ! pourias pas ou beïre de sang frech ;
La racho bous fario rousiga lous pougnech ;
Pey dedins bostre oustal carrio loucha de troupo ;
Sérias mêmes foursach de l'y fayre la soupo,
D'y bayla bostre leyt, à taoulo lous serbi ;
A bèles farradach lampaïoou bostre bi.

L'Europe après 1870

Quane bel jour, Messius, cant dins bostro impatienço
Per baoutres sounnio l'ouro de delibrenço ;
Quant del leban al nor, del miechour al couchan,
Berias tout lou pais, ambé lou même ban,
Per paga la rançou qu'exiget sa ribalo,
Founda la Souscription de l'obro Natiounalo,
L'or que se dounara sabès qu'es destinat
A cassa l'Alleman de l'endrech occupat.
S'ourganizo pertout Cabalcados et Coursos ;
L'appel es gêneral, coumpren toutos las boursos;
Paoure porlo toun soou, in riche, tous escuch ;
Grosses et pichoch douns seroou pla ressachuch.
Franço, toun defaous esd'estre trop generouso ;
As toujour ajudat uno sœur malérouso;
Maïnachejabos pas toun or ni tous souldach ;
Mais as, per toun malheur, trabaillat per d'ingrach,
Quant en cinquante noou madame l'Italio
Ressachet de ta ma touto là Loumbardio.
Sans tus, moussu l'Anglés, cinq ans aparaban,
Ero mes en dérouto al baloun d'Inkerman,
Lou saoubèros aqui d'uno bèlo fretado ;
Et quant eles t'oou bist meurtrido, desarmado,
Quant debioou te pourta lou secours de soun bras,
T'oou laissât toutes dons dins un grand embarras.
Per lou tems a beni permet que béy tou digué,
Souhaiti que per toujour la lihou te serbigue :
Nou ! t'occupes pas pus de redressa lous tors;
Tant pis per tous bezis quant seroou pas prou fors.
Aro per toun hounou, cal que te saoubes soulo ;
Conto que tous éfans bendroou toutes en foulo
Pourta l'or et l'argea, acos lou soûl mouien
Que te réussira per cassa lou Prussien.

Bismark

Lous qu'abés pas donnât moustra-bous généreuses ;
Donnas per delibra lous paoures malerouses
Que soufrissou la mor, y a tout aro dous ans,
De pourta dessul col lou pe des Allemans.
Dounas, dounas toujour, dins l'obro natiounalo
Cal pas se prébale d'uno oupiniou ribalo;
Dounas per delibra la Franco d'aquel flèou ;
De que fa 1'oiipinioun, de que fa lou drapèou, ;
Que segue rouge ou blan, boun inquiètes pas gayre ;
Un efan a ban tout deou secouri sa mayre.
Sans doute toun budget perdra de soun aploun
Se cal fayré ambé d'orso qu'à pas fach lou ploun ;
Et beyras l'Alleman que l'interès gouberno,
Empourta, tous millouns al touns de sa caberno.
Mais nous rappelaren tout so que nous a fach
L'Allemagno en lachan sus naoutres sous souldach.
Des crimes qu'oou coumés gardaren la memouéro.
Aouren per lous fletri lou poutéou de l'Istouéro,
En attenden qu'un jour la justice de Dious,
La fague mettre al ban de toutos las nacious.
Et se jamay besès en roun sus nostros places,
Aqueles musiciens carrach, à larjos faços,
Fendre per musica trombonos et pistouns,
Bous y troumparés pas, es aoutan d'espiouns
Embouiach per Bismark ; se demandou l'aoumorno
Un geste suffira.... Per aqui l'on s'entorno.
Bous boou fayre couneisse en feniguen, Messius,
La coumunicatiou del gran Nostradamus,
Moun counfraïre citât per legi dins lous astres.
En bejen sul païs foundre tant de désastres,
Bourguet saoupre se Dious lous farrio lèou feni,
Et per yeou counsultet lou libre d'abeni.


Nostradamus

« Alcofribas, m'adich, dejal'ouro s'abanço
« Que déou fayre cessa lous maleurs de la Franço.
« La Guerro la meltet à dous dech de la mor ;
« Mais se relebara graços à soun effor.
« Que mette sans regret sa bourso à foun de calo ;
« Que porte soun argen à l'obro natiounalo ;
« Francèses dounas dounc, pourtas d'un cor jouious,
« Lous homes bostre argen, las fennos lous bijous,
« La Franco del toumbèou soullebara la peyro,
« Guerido la beirès quitta la serpeilleiro ;
« Forto, grande, sera, per ordre del destin,
« Lou remors éternel desoun lâche assassin,
« Et sul libre ay legit uno marco certaino
« Qu'y fara randre lèou l'Alsaço et la Lorraino.

Ainsi Damos, Messius, despacha-bous, dounas,
Perque Nostradamus aoumen se troumpe pas,
Se dounas un paou may, debançarès l'epoco
De l'accoumplissimen d'aquel bel oroscopo.
Uu darniè mot enfin ; bous boou dire moun but :
Ay fach aquel discours per paga moun tribut ;
A moun paoure païs, se bous l'ay fach entendre,
Cal que me lou croumpès, et benen bous lou bendre
En ne dounan cinq soous, me pagas moun trabal,
Ne coumbèni, cinq coch pus care que non bal ;
Mais l'intentiou fa tout, ou coumprenés d'abanço,
Donnas dounc sans counta, delibrarés la Franco.



X.... MEMBRE DEL CERCLÉ.



Béziers, IMp. DELPECH.