dimanche 30 mai 2010

Poèsies d'enfants des Alpes ! - 1989

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Un des plus hauts sommets de Provence
le Monviso



Un thème original & dans une langue originale, le Provençal de del'autre coté des Alpes, en Piémont!


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La primiero parapiolo

Nono, nouneto,
ài vist 'na parpaiouleto.
Es bello, es jauno,
a prou de pouchins biancs.
Cercavo uno fioureto
per s'arpausar n'estis.
A troubà ben de chatins,
de marguerites, de balaròts.
S'es pausà souplo en pauhet
e m'à dich:
La primo es arrubà, fihet !




Nicolò COMETTO
Sancto Lucio de Coumboscuro/
Scuola elementare, classe prima
(councours de 1989)



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La proumiero viouleto


Il ee naissuho sû lou bort de la vìo,
de sus lou bouissoun,
eicuro, mà bello e profumà.
Il ee venguho noû dire
que la primo ee arribà,
que, tra pâ-gaire, las randoulinas
tournerén à soun ni,
que tuchi lh'albres,
un aprè l'autre,
se croberén de flours !
Il ee venguho à proumettre
à tuchi li paures,
que st'uvèrn î patian bién,
que la faré pâ pi freit.
Pâ-utagaire, lou soulelh,
encà tièdde,
acoumensaré à eichaudà,
la tèrro tourneré rigoulhouso
bou lou travalh de l'ome
à la gràssio delh Boun Diou!!


Robèrta PRONO
Roure - Val Clusoun /
Eicolo elementaro
(councours de 1989)


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samedi 29 mai 2010

Avant Propos de la Genèsi : La Haggada - F Mistral

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Traduction de la Haggada, par F. Mistral, livre rabbinique des traditions des carrières de Carpentras, Cavaillon, Avignon,...
Textes lus durant la Pâque juive ou Pessah, il y en eu une version chrétienne que Mistral nous donne dans son Avant-Propos de la traduction de la Genesi , le texte ci-dessous sert d'introduction !



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DEMANDO. — Quau saup ço qu'es un ?

RESPONSO. — léu. Un es noste Dieu, que règno
dins lou cèu e sus la terro.

D. — Quau saup ço qu'es dous ?

R. — léu. Dous es li taulo de la Lèi.

D. — Très ?

R. — Es li patriarcho, Abraham, Isa e Jacob.

D. — Quatre ?

R. — Es nôsti maire Saro, Rebèco, Rachèu e Lia.

D. — Cinq ?

R. — Es li cinq libre de Mose, lou Pentatèuque, nosto lèi.

D. — Sièis ?

R. — Li sièis libre de la Mischna (coumentàri dòu Pentatèuque).

D. — Set ?

R. — Li set jour de la semano.

D. — Vue ?

R. — Li vue jour d'avans la Circouncisioun.

D. — Nàu ?

R. — Li mes di femo prens.

D. — Dès ?

R. — Li coumandamen de Dieu.

D. — Vounge ?

R. — Li vounge estello (dòu sounge de Jòusè).

D. — Douge ?

R. — Li douge tribu d'israèl.

D. — Trege ?

R. — Li trege atribut de Dieu.






La Genèsi

Traduction F Mistral
Publié par l'Astrado


1990


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vendredi 28 mai 2010

Armand Lunel : LA REINE JEANNE - 1962

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Les "Suds" eurent leur Reine, une "vraie" méditerranéenne au sang chaud!!!



LA REINE JEANNE

JEANNE 1 re, comtesse de Provence, reine de Naples, de Sicile et de Jérusalem, était l'arrière petite-nièce de Saint Louis et la petite-fille du roi Robert si justement nommé le Sage, dont un mémorialiste de l'époque, Villani, assura qu'il fut plein de sens naturel et de science, illustre maître en théologie et excellent philosophe, nécromancien fameux, riche enfin de tous les talents et de toutes les vertus. Pour notre Jeanne malheureusement, cette hérédité combien enviable! S'inscrivit sous la forme d'un zéro. Elle n'était guère intelligente; elle n'avait ni instruction ni culture; elle ignorait le latin indispensable à la rédaction et au contrôle des actes publics; et ce qui reste à souligner, puisque ce fut le principal, elle était parée des grâces les plus lascives, brûlant de tous les feux de la chair et la cuisse aussi légère quela cervelle. Sans compter les amants qu'elle savait choisir d'une œillade impérieuse parmi les jeunes seigneurs de sa cour, elle consomma tour à tour quatre époux, tenant ainsi avec chacun d'eux le rôle d'une mante religieuse couronnée.

Le premier, son cousin, André de Hongrie, lui fut imposé par une décision politique de son grand-père, qui fit célébrer leur mariage à Naples, quand ils n'avaient lui que sept ans et elle, neuf. Qu'attendait-elle déjà de leurs Jeux d'enfants, petit mari et petite femme ? Tout. Elle n'eut jamais rien ou presque de cet ourson des Carpates, qui s'enragea de n'être que prince consort et qu'elle prit de plus en plus ça horreur. En 1343, quand à la mort de l'aïeul elle monta sur le trône, elle n'était encore que dans sa dix-septième année. En 1345, elle venait d'atteindre sa dix-neuvième, lorsque dans leur résidence estivale d'Aversa, le n° 1 fut étranglé de nuit, à la porte de la chambre conjugale, par l'escouade de ses favoris. Le moins qu'on puisse dire, à sa charge comme à sa décharge, c'est que, si elle n'ordonna pas, elle sut et elle profita.

Sur ses vingt et un ans, elle s'adjugea son n° 2, un autre de ses cousins d'une branche rivale, Louis de Tarente, un superbe oiseau de proie, dont elle avait été la maîtresse du vivant d'André et qui était sûrement du parti des assassins. Après quoi, craignant le pire, comme le roi Louis de Hongrie, impatient de venger la mort de son frère, descendait avec ses troupes sur Naples, elle ne trouva son salut que dans la fuite, s'embarqua clandestinement pour la Provence et, après avoir essuyé une terrible tempête, arriva saine et sauve à Marseille, où son premier soin fut de confirmer tous les privilèges de la ville, précaution qui lui valut un accueil triomphal des habitants. Ensuite, il y eut l'étape d'Aix ; mais là les barons du pays, plus méfiants et un peu moins emballés que les gens de Marseille, commencèrent par une opération de chantage et, tout en lui prodiguant toutes sortes de marques d'attachement et de respect, ils la retinrent prisonnière dans son palais comtal jusqu'à ce qu'elle eût juré de ne jamais rien aliéner de la Provence et de n'y nommer que des fonctionnaires indigènes. Libérée sur cette promesse qu'elle était bien décidée à ne pas tenir, elle parvint au terme de son voyage, Avignon, alors décimé par la peste noire. Là, après avoir obtenu du pape Clément VI une absolution tacite pour le meurtre de son premier mari et la dispense canonique pour son mariage avec le second, comme elle avait grand besoin d'argent pour rentrer à Naples, elle en fut réduite à vendre sa bonne ville d'Avignon pour quatre-vingt mille florins d'or. Par bonheur pour elle, le roi de Hongrie s'était fatigué en route et avait dû renoncer à son expédition punitive. Mais le n° 2, Louis de Tarente, se montrait aussi désagréable et encore plus autoritaire que son prédécesseur. Par une série d'intrigues et de violences, il réussit à priver la Reine de tout pouvoir effectif et à régner à sa place. En 1362, ce fut encore une chance pour Jeanne, quand il mourut pour s'être refroidi dans l'eau de son bain.



La même année — c'est dire combien le veuvage fut bref! — l'insatiable s'offre son n° 3, un gigolo de haute futaie, Jacques d'Aragon, roi de Majorque, plus jeune qu'elle de onze ans et beau comme un Adonis; ce dont avec son tempérament elle ne pouvait que se réjouir; mais il était en proie à des crises de frénésie épouvantables, à tel point que pour s'en débarrasser elle l'envoya finir ses jours à la conquête des Baléares.

De nouveau veuve en 1375, elle eut son quatrième numéro en la personne d'un vieil et solide condottiere allemand, Othon de Brunsvvick. Sans héritier direct pour assurer sa succession malgré tant de coucheries, elle commit l'imprudence d'adopter le duc d'Anjou, Louis, frère du roi de France Charles V, aux dépens de son neveu, Charles de Duras qui, dans sa fureur, rassembla une armée hongroise avec laquelle il s'empara de Naples en 1381. La malheureuse Jeanne s'y trouva prise, à sa merci, comme dans une ratière. Internée dans un château des Apennins, elle fut livrée à quatre bourreaux magyars qui, pour venger le meurtre d'André de Hongrie, l'étouffèrent, après lui avoir lié bras et jambes, entre deux édredons; digne fin d'une souveraine qui avait toujours préféré les plaisirs du lit aux devoirs du trône.

Son règne, rempli de sang, de luxure et de sottises, fut un désastre pour la Provence perpétuellement livrée aux factions des seigneurs en révolte, à la guerre civile et aux ravages des Grandes Compagnies, ces corps francs de Gascons, d'Anglais et d'espagnols qui, pillant, tuant et violant, répandaient partout la misère, la panique et la mort. Or, malgré une telle accumulation d'aventures scabreuses et de fautes politiques, si invraisemblable que paraisse la métamorphose, cette Jeanne se détache, s'élève et resplendit avec F auréoler dans notre folklore, de toutes les séductions et de toutes les vertus d'une princesse de conte de fées. Belle, héroïque, juste, pieuse, bienfaisante, protectrice du Gai Savoir et Présidente — l'expérience ne lui manquant pas! — des plus brillantes de nos Cours d'amour, elles n'aurait vécu que pour assurer le bonheur des Provençaux et en être adorée. Les souvenirs de son libertinage ont bien laissé, ça et là, des traces comme dans le dicton : « Acô es la puto Jeanne ; lou darié la gagno ». « C'est la, P...Jeanne; le dernier la gagne ».
Mais ce ne sont que minces et imperceptibles bavures à côté du rôle sinistre de vamp qu'elle joue dans la légende napolitaine; et si dans les rues chaudes d'Avignon, d'Arles ou de Marseille, une ou deux maisons trop accueillantes en firent jadis leur marraine, comme il advint aussi à Madeleine et à la très chaste Laure, tout cela ne pèse pas beaucoup en face du nombre incalculable de palais de châteaux, de donjons, de calvaires, d'aqueducs, de puits, de fontaines et taême de caraires, ces chemins réservés à la transhumance qui, de nos joura encore, portent son nom en témoignage de ses libéralités. On se gardera d'oublier, aux Baux, le Pavillon intitulé de la Reine Jeanne, mais élevé par une Jeanne de Quiqueran en 1581, et, où Mistral a voulu prendre le modèle de son tombeau. Et puisque Carpentras s'enorgueillit de ses berlingots, Aix, capitale historique de la Provence, ne pouvait faire mieux que d'offrir aux gourmands du monde entier les calissons de sa reine. Jusque dans la pâtisserie, la voilà à l'honneur! On ne s'étonnera donc point que le maître de Maillane, en lui
consacrant une tragédie d'ailleurs manquée, ait tenu à prendre le relais d'une de nos plus complaisantes traditions et se soit ainsi expliqué dans sa préface :

"La reine Jeanne appartient à un groupe défigures historiques, telles que Caïus Marius, Ossian, le roi Arthur, le comte Raimon de Toulouse, notre bon roi René, la duchesse Anne de Bretagne, Roland, le Cid et autres, auxquels se rattachent dans la mémoire populaire les légendes héroïques, les traditions de la race, les monuments mystérieux...
La belle Jeanne est pour nous Provençaux ce que Marie Stuart est pour les Écossais : un mirage d'amours rétrospectives, un regret de jeunesse, de nationalité, de poésies enfuies".

Mais comment cette Reine, malgré sa réputation exécrable et pour la plus grande part trop bien fondée, a pu et peut encore jouir en Provence d'une aussi paradoxale popularité, alors qu'elle n'y a séjourné que quelques mois et que, dès son retour à Naples, elle s'empressa, parjure à son serment, de révoquer les franchises qu'elle ne nous avait accordées que sous la contrainte?



Un historien éminent, Emile Léonard, dont les travaux ont enfin établi irréfutablement la triste vérité sur Jeanne 1 re, a suggéré avec beaucoup d'esprit et de finesse qu'il s'agirait d'un cas psychologique pareil à celui de M. Perrichon. Quand elle fuyait le courroux du roi de Hongrie, ce sont des galères provençales qui vinrent la recueillir dans le golfe de Naples; ce sont les Provençaux qui lui offrirent alors un refuge et un asile; les Provençaux encore qui, tout au long de ses épreuves, lui restèrent fidèles et de leur mieux lui portèrent secours. Finalement, toute la gloire qu'ils s'étaient acquise en lui rendant de tels services, et dont ils s'estimaient d'autant plus fiers qu'elle les mériterait davantage, ils devaient généreusement la faire rejaillir sur leur royale obligée. Si son bref passage en Provence y laissa, pour reprendre l'étonnante formule de Mistral, l'éblouissement d'un météore, le roman de sa jeunesse, de son sex-appeal et de ses malheurs y fut sans doute pour beaucoup. Comme elle était partie pour ne plus jamais revenir, peut-être faut-il interpréter aussi cette transfiguration de son histoire comme une autre histoire de Princesse Lointaine : loin des yeux, près du cœur et par la suite notre mémoire collective, procédant à la toilette de ses souvenirs, fit tomber les oripeaux sanglants et les linges souillés de la reine Jeanne, pour ne garder que son sceptre d'ivoire, ses aiguillettes d'or et sa robe de velours blanc immaculée.

Armand Lunel ;
"j'ai vu vivre la Provence"
Fayard - 1962
Avec la permission de Mme Astruc sa Fille.

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mercredi 26 mai 2010

Juon-Mari GASTON : MIOUNÈLO - ( Auvergnat )

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MIOUNÈLO


Après Mistral e sa Mirèio
Dimpiei lontèms abio l’idèio
De canta – raibe fuol d’un paure troubadour –
Uno oubergnato joubenèlo
Que s’apelario Miounèlo.
Aquel jour es bengut. Suors de l’oumbro, ma bello,
Buole t’enmantela de glorio e d’esplendour !

Illustre efont de la Prouvenço
Que Calliopo, à ta neissenço
Dinc toun bret d’amourié benguè poutouneja,
E que, dinc sa lengo dibino
Lou grond poueto Lamartino
A l’Oumero noubel de la raço latino
Quond ligiguè tes bers coumparabo deja !

Del cap del cièu flourit d’estièlos,
Coumo un pradel de pimpanèlos,
Ound lou brabe sent Peire un jour m’aculiro
Ombe sa barbo grisounonto ;
Guido la marcho trantioulonto
D’un pastre del Cantàu que, d’uno mô tremblonto,
Umblomen, dariès tu, be semena soun grô.

Mestre, toun obro es immourtalo.
L’èclo reial, d’un soul cuòt d’alo,
Escalado les puèts ound piàutou ses coutis ;
Mes la mesengo carbounièro
Puot pas darca dins sa flaquièro
Les aures les pus nauts que buordou la ribièro,
Nimai les ousselous apelats reipetits.

E tu, que benguères sus terro
Per arranca de la misèro,
Uno nuèt de Nadàu, les omes pecadous
Que touchour lou diaple tourmento,
E que, sul la mountogno sento
Dabon Joan l’apostoul e ta maire doulento,
Mouriguères, clabat, sul l’aure de la Croux;

Senhour divenc, ò nostre Paire !
Embouio agaro toun esclaire
Coumo un oussèl del cièu sur moun front se pousa;
Atàu moun obro coumençado
Al sòu de la noubèlo annado
Pel fiot del Sent-Esprit saro purificado
De tout ço que pourio en elo t’oufensa.

............



Un jour que gardabo sas oulhos
Al miet de las bloundos estoulhos
Ound filhos e garçous benou glena l’estìu;
Lóugièro coumo uno blueto
Uno pauro catarineto
Que, poueticomen, dins nostro lengo eicito
Apelon, mai que mai “pouloto del Boun Dièu”,

Talo uno rèino, espassejado
Dunqu’ati per uno alenado,
Douçomen se pousè sul rebers de la mô
De nostre pastre que, pecaire,
Semblè entendre, tremoulaire,
Uno bouès que disio – soui l’amo de toun paire;
Fai toun bouot, Piorrounel, n’esperes pas demô !

Tô lèu qu’es facho la domondo
La bestiouno alero s’alondo
E sons mai s’atarda, bistomen prend soun bòu,
Touto minusculo e lóugièro,
A l’endessus d’uno ouglonièro
Del tems que lou souguel que darco la ribièro
Ensemble fo canta busqueto e roussinhòu.

L’ouro es esquito e perfumado.
Des longs escabèls de fumado
Se debòusou dins l’èr que coumenço à bruni.
Partit de la glèisio roumono,
Lou cont doulent de la campono,
De l’aurièro des buos dunqu’al found de la plono,
Roudelo à trabers comps dabon de s’agani.



..........

Qu’ero las darnièros semonos
Que gardabo fedos e monos
Pes comps de la “Pradèlo” omb “Toupou” soun labrit,
Car lou bouriaire, aquelo annado,
Li abio counfiado la bacado
Que mountabo l’estìu se perdre sul l’òussado
Del coustat d’à Mandalho, al pe del Puèt Marit.

Dimpiei que sabio la noubelo,
Cado mati, la demuiselo,
Quond lou souguel lebont esclairo lou cièu blus
Dabon lou jour que l’acoumponho
Lontems fissabo la mountonho
En pensant: quond Piorrou quitoro la camponho
Pendent quatre longs mes, ailàs! nous beiren plus !


Zo bous declare, per ma fiato,
Qu’ero uno poulido oubergnato
La filho de l’Alino e de Moussu Guiral,
Lou cuarrou de la Granoulièro,
Buorio impourtonto de Bercuèro,
Un bilache qu’arroso uno fresco ribièro
E qu’oumbrachou, l’estìu, lou bergne e l’ouseral.

Cò’s ati que nostro erouïno,
Filho unico, seje ons à peno,
Ero nascudo en mai, quond les tels sou flourits.
Ambe sa facio rousinèlo,
Ses uèls sourisents, Miounèlo
Ero la plus graciouso e gionto demuisèlo
De soun bilache, amai càu dire, del païs.


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Acò's uno grondo obro de Juon-Mari GASTON, felibre d'Auvernho e grond poueto, nascut en 1911 e toujour verd. Véni de recebre Miounèlo amm una letro e uno dedicaço que mostro una tèsto toujour vivo.

La revisto Lou Felibrige o publicat un article de Nadal Lafon, l'Auvirnhat coumplexat que se lengadoucianiso dien lou noum e dien l'escrit soubre "l'Aucelum dins Miounèlo".

Almen deciagabo qu'aquel grond pouemo, lou pendent de Mirèio en auvernhat, èro estat editat en 1990 e que'n demoro quauques esemplàris.

Miounèlo 21 E (17 + 4 de port. Es un gros lhibre)

de coumanda à

Jean-Marie Gaston

Le Bourg

15340 Calvinet


Miounèlo s'achabo mièl que Mirèio puèi que se maridou à la fi, e lis entravadis sou min grèus. En fait es un pretèste per chanta l'Auvernho, sa naturo, e ilustra un pauc sas tradicious, mas li vèrs sou plô balançats.



Alan Broc
Avril 2010


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mardi 25 mai 2010

S.A. Peyre : VAI-T'EN VEIRE SE VEN.

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Léoplodine Hugo



VAI-T'EN VEIRE SE VEN

Vai-t'en vèire se vèn,
Dins la lus e lou vent,
La chato incouneigudo ;
Vai-t'en vèire se vèn,
0 s'es despareigudo.

Belèu que t'adurra,
Dins un rampau cura,
Uno abiho escoundudo ;
Belèu que t'adurra
Sa vido semoundudo.

Sara belèu rèn mai
Qu'un eslùci de mai
E troubado e perdudo ;
Sara belèu rèn mai
Que cerco à la perdudo.


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VA REGARGER SI VIENT...

Va regarder si vient,
dans la lumière et dans le vent,
une jeune fille inconnue ;
va regarder si elle vient,
ou si elle est disparue.

Elle t'apportera peut-être,
dans une branche creuse,
une abeille cachée ;
elle t'apportera peut-être
l'offrande de sa vie.

Ne sera-t-elle rien de plus
qu'un éclat de lumière en mai,
et trouvée et perdue ;
ne sera-t-elle rien de plus
que recherche éperdue ?



S.A. Peyre
édité en 1968 par
Ed. Max Ph. Delavouët

(paru in l'Astrado -1990)

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lundi 24 mai 2010

2ème Acampado de Gremoun

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2009


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Vendredi 4 et Samedi 5 JUIN 2010

Au foyer Francis Perrigot à Aigremont Entrée libre

2èmeAcampado de Gremoun

Rencontres Cévennes- Provence



Hommage à Jan Castagno

La 1ère Acampado de Gremoun, en 2009 a marqué l’amitié entre les peuples provençal et cévenol par l’inauguration d’une plaque sur la ligne de rencontre de nos deux langues, la signature du Traité d’Aigremont et des festivités pendant toute une Dimenchado.
La 2ème Acampado perpétue cette manifestation et en fait déjà une tradition. Elle se situe dans la dynamique du Collectif La Fierta Cevenolo qui œuvre à la reconnaissance de l’identité cévenole et dans celle du Traité d’Alliance des Langues d’Oc.
C’est donc encore Aigremont, berceau de ces rencontres qui accueillera l’Acampado 2010 à laquelle vous invite Lou Clu, en partenariat avec le Collectif Prouvènço et avec le soutien de la Communauté de Communes « Autour de Lédignan », du Conseil Général du Gard, de Groupama et du Crédit Agricole pour cette grande fête qui associera cérémonies, danses, chants, contes, galéjades, expositions et spectacles.


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Pour tout renseignement : Lou Clu
04 66 83 45 46 - 06 11 81 67 40 - 04 66 56 64 69 - clu@live.fr


Programme

sous réserve, susceptible de modifications

Vendredi 4
- 18h30 Ouverture
- 19h. Théâtre cévenol : « La disputo au liè » de Jan Castagno par la Cie Gargamela
- 19h.30 Repas avec animation par les patoiphones du Clu et du public
- 21h.30 * Prime time : lecture par les Clubaïre d’extraits des « Sources de la liberté » (Les Camisards) de Claude Aubry traduits par Yves Gourgaud
* Chiron, chanteur et conteur provençal

Samedi 5
- 10h. Jan Castagno par J.Allègre (C.A.D.E.) Comité d’Animation de La Vabreille
- 12h. Intronisations par la Confrérie des Vins de Pays du Gard
et la Compagnie des Mange-tripes d’Alès
- 13h. Repas avec animations
- 15h.30 Rencontres Lengo Nostro autour de textes et des littératures des Cévennes et de Provence animées par Yves Gourgaud, Félibre, Editeur AigoVivo, professeur de Langues d’Oc et par les animateurs du Collectif Prouvenço.
- 18h. Défilé dans le village en circulade
- 19h. Repas-baleti animé par les Boulegaïres de Chamborigaud
avec toute la journée des animations : danses, contes, galéjades et chants par des groupes de Provence et des Cévennes, par l’animatrice provençalo-cévenole Claude Fayet et par les patoiphones du Clu.

Exposition Jan Castagno pendant toute l’Acampado

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dimanche 23 mai 2010

LA BÈSTIO DEL GIVOUDAN - la Bète du Gévaudan (Alan Broc)

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LA BÈSTIO DEL GIVOUDAN
toujour eitant misteriouso




Al coumençomen se parlè d’un loup, mas d’una forço inacoustumado e ammé de reaccious particulièro. Amai soun pelau èro mai faube que lou di loups.

Un film recent reprend una teourìo ja vièlho qu’un ome pervers se sario escoundut souto de pèls de loups per faire de crimes countro lis efonts e lei jouventos. D’àutri dïzou qu’hou faguè soubre l’estiganço d’un coumplot di clèrgue per tourna lou Poble à la religiou, qu’avio pamen jamai quitado.

Pamen sen be fourçats de veire que i avio una bèstio, ou de bèstios.

Vaqui sèns trop de coumentàris, de renduts de quauques uns de si rescountres.


COUMENCÈ DÏN LOU VIVARÉS

N’en parlou pel primier cop en Vivarés, pas en Givoudan, lou 30 de junh de 1764.
« Una drollo de quatorge ons del vïlatge dis Ubas estado chapado per una bèstio fero. »

PASSO TALÈU DÏN LOU GIVOUDAN

A la fi de setembre, acò fai ja tretge persounos que sou estados tuados per la bèstio.

Lou 27 d’ouctobre, moussu de Labartho, gentilome de Maruéjous escrieu à d’amics sèus :

« Aquelo bèstio es tô leugièro à la courso que se mostro dïn la mèmo journado à de distanço enormos, e que torno pareisse à l’endrèit d’ount’ èro partïdo, ço que faguè cranhe al coumençomen que n’i aguèsso mant-uno. Soun agilitat es inquèro mai dificilo de crèire : fai tres jours qu’un païsô qu’avio trat tres cops ammé soun fuzilh, pouguè pas l’empacha de l’aganta i rounhous maugrat un grond coutelas à faire lis esclops que tenio à la mô, e maugrat que virèsso toujour per l’esquiva. »

Poudet pensa qu’aquel païsô que mouriguè de sei nafros quauques jours daprès, aguè leze de finta la bèstio e de veire qu’acò èro pas un ome !

Moussu de Labartho escrieu ço que lou païsô e d’àutri testimònis li aun dït :

« Aquelo bèstio o la tèsto larjo, plô grosso, estïrado coumo la d’un vidèl e achabado en muzèl de lebrier. Lou piau roussèl, gaire-be rouje, es regat de negre per l’estïno, lou pitre es larje e un pauc gris, lei chombos de davont sou un pauc bassos, la coeto forço larjo e forço plô fournido. Courre en boumbissent, lis aurilhos drèitos ; sa marcho al pas es forço lento. Quand chasso s’aclato ventre à terro e se rebalo ; laidounc semblo pas mai bèlo qu’un gros reinald. Quand es à l’estricado que li counvé, se rounso soubre sa predo e l’afaire se counclus en uno clunhado. Minjo lei fedo en l’aire, drèito soubre si pès de darié. Atau, es prou bèlo per ataca un ome à chaval. Sa pagèlo es mai nalto que la d’un grond loup. Es lepeto del sang, di tetous e de la tèsto. Torno souvent al cadabre qu’es estado fourçado d’abandouna, e se l’aven enlevat, guelo leco la terro se i o de sang. »
Quand o devourat una jouvento ou un efont, à la garganto, aclapo si rèstos dien la terro, coumo per se faire de reservos per l’ivèr.

Lis autouritats de la prouvìncio damandèrou d’ajudo. Quatre coumpanhios de voulountàris venguèrou de Cliarmount, apiejados per cinquanto-sièi dragouns. Mas lou remembre de las dragounado es demourat e la poupulaciou coulabouro pas ammé li souldats. S’en vaun.


UNO IENO

Is entours de Langounho, de vïlatgés se radunèrou, armats de fourchos, de picos, de coutèls. Faguèrou una grondo batüdo e tuèrou una bèstio. Lou curat afourtiguè qu’èro uno ieno, bèstio africano vengüdo dïn lou Reiaume sèns que se sapièsso coumo. Aluquèrou de fiocs de joio.

Mès ti-avet que quauques jiours daprès, apareguè endacon-mai en Givoudan e ataquè d’autros persounos. Ero ressuscitado ! Amai on la vezio à de liocs diferents al meme moument.

UN OME

Se de gents pensou d’uèi que poudio èsse un ome, almen après la ièno, es qu’aguèrou l’impressiou de cops qu’entendio lou lengatge dis omes.

« Un jiour un païsô, en l’avisant, avio cridat en patai à sa filho : « Mari-Ano, apòrta-mi la destrau ! » e la Bèstio avio fugit.

D’un aute coustat, quau pot saber se la bèstio avio coumprés ou se lou simple toun de la voutz e lou noumbre de persounos l’aviou pas faito fugi.

Mai impressiounat e mai parlant per l’ipoutèsi d’un ome qu’aurio proufitat de l’escazenço ; un cop la bèstio despoulhè una drollo de dez-o-sèt ons, li talhè lou cap, li coubriguè lou cos de si fardos, tournè bouta lou cap, ammé soun bounet, talomen plô que quand la troubèrou, creguèrou d’en primier que dourmissio. Chalio avedre de môs per faire tout acò.


PASSO EN AUVERNHO

Valentomen coumbatüdo dïn lou Givoudan, la bèstio partis en Auvernho. Devouro una fenno de 45 ons à La Fajo, pròchi Vedrino-Sant-Loup, dioucèsi de Sant-Flour. Près de Chantoloubo, ataco puèi un drolle di piaus fournits e li emporto uno partïdo de la pèl del cràni.




LIS EFONTS VALOUROUS DEL GIVOUDAN

Puèi torno dïn lou Givoudan, ounde la coumbatou ferounomen, li quites efonts !

Lou doutge de ginié 1765, d’efonts gardabou lei bèstios de lours parents soubre la mountonho pròchi Saugues, dïn la paròquio de Chanaleios : cinq drolles e duoi drollos, de nau à ounge ons.

Saben lours noums que meritou d’èsse retenguts : Maddaleno Chausse, Jano Gueffier, Jaque Costou, Jousep Panafieu, Juon Pic, Jaque-Andriéu Portofais e Juon Veyrier.

Li parents, prudents, lis aviou armats d’una broco, amm’ una pielo de coutèl al cap, tengudo per un estuch. Soubtomen la bèstio s’aturo, menaçairo. L’aviou pas vïsto venï ni augido.

Cossé, lis efonts se radunou, desestujou lours pïcos, faun lou sinne de la croutz e afrountou la Bèstio. Aquelo d’atï viroulejabo à lour entour, en esquivant las pielos. Chircabo d’aganta un di dous pichounèls. Salto à la garganto de Jousep Panafieu ; mas li tres einats la fissou de lours pounchos e la bèstio requiolo. Gardo la gauto de l’efont dïn sa goulo, e la minjo. Puèi torno e se rounso soubre lou pichou Juon Veyrier e l’emporto maugrat li cops de lanço. Lis àutri la perseguissou, mas courre mai vïste. Aun l’idèio de la buta vers uno sanho, ounde lei quitos vachos mau gardados s’enfangou. La manobro capito prou plô.

Un di tres perseguissèires fo aquelo proupausicioiu gaire glouriouso : Leissen-li Veyrier e partissan del temp que lou minjarò.

Mas Jaque-Andriéu Portofais se reganho : Anan à l’ajudo de Juon. Lou delibran ou peirissen toutes.

Li sièi drolles d’enferounissou soubre la Bèstio. Fissai-li la tèsto, lous uèlhs, la goulo, ço-coumando Portofais.

Mas la Bèstio es trop nalto e podou pas atenhe lis ueis. Capito quitomen d’aganta la pielo de Jaque-Andrieu Portofais, sèns larga Juon Veyrier que té souto uno de sas pautos. Mas lis àutri s’encapudou, e la bèstio boumbis en darié, en largant sa predo.

Jaque-Andrieu Portofais (Portefaix) fouguè premiat de sa valenço. L’estat li paguè de bouns estùdis, que faguè à Mountpelier, e devenguè ouficier d’artilhario.

Espandïdo per li coulpourtaires, soun istòrio esmouguè lou plô jouve Gilbèrt Mothier de La Faieto, que vóuguè rejounhe li chassadours. Aurio vóugüt se batre soul à soul ammé lou moustre, èsse lou sant Jòri de l’Auvernho.


JANO MARLET

Uno auto valento fouguè Jano Marlet, espouso de Pèire Jouve, del masatge de La Bessièiro, entremié Sant-Albô e Lajò, uno terro de boscs e de roubinos, un païs de loups, de loubas, de loubatas e de loubards.

Al mitan de mars de 1765, la Bèstio avio ja sannat à Prunièiro una fedo e un tessou. Puèi darquè lou Truèire à un ga, e se troubè en Auvernho davant la bòrio de Pèire e Jano Jouve.

Aquelo fenno de santat delicato, èro maire de sièi efonts, e prendio lou souguilh ammé li tres mai jouves deïn lou jardi. Erou per tourna dïn la bòrio : primier lou drolle de sièi ons, puèi sa maire, puèi la filho de nau ons que pourtabo soun frairou de quatorge mes.

D’un cop, Jano augis lou brut d’una pèiro que toumbo del mur de la courtiau. Se revïro e vèi la Bèstio qu’o saltat soubre la droulleto, que l’o faito toumba e que li té lou bras dïn sa goulo, del temp que la pauro sarro soun frairet per lou proutegi. La maire desarmado se rounso soubre la Bèstio e li fo larga sa filho. La drollo se relevo e fico de pednados à la Bèstio. La maire s’enguilho entremié li dous coumbatents. La Bèstio requiolo e vïro lou cap vel drolle de sièi ons. Jano Jouve lou coubris de sa persouno. Empounho la Bèstio à la garganto, ensajo de l’escana.

La maire e la Bèstio lhuto cos à cos, de las pautos, dis àrpios, di caissaus. Lou moustre requiolo d’un cop, aganto lou droullet per la tèsto e l’emporto. Jano la ratrapo e arranco lou drolle. La Bèstio fo toumba Jano, torno aganta lou drolle, e vòu fugi. Jano ramasso sa pèl, aganto una pèiro, salto d’escambarlou soubre la Bèstio e li martèlo la
closco. La bèstio la torno faire toumba e s’esbinho ammé sa predo. Jano la reté per la coeto. La Bèstio la tïro de l’aute latz de la mureto.

Irousomen, à-n-aquel moument lou paire e li dous filhs einats tornou di champs. Un fisso la Bèstio à cops de baiouneto, del temp que soun cô la moussego. La feruno achabo per partï en renounçant à sa predo. Mas lou paure droullet avio la caro desquissado e informo, e mouriguè tres jours après.

L’erouïsme de la maire faguè de brut e arribè is aurilhos del rèi Louvis XV que li faguè remetre tres cent lieuros. Mas lou meme sir, la Bèstio devourabo un droullet à Chanaleios.



LA GRONDO BATÜDO D’AUVERNHO

Duoi batüdos se devou rejounhe. Uno partis de Servièiros, e l’auto de La Fount del Fau. La jounhudo es previsto al Bosc Negre.

Lou 9 d’agoust de 1765, à uno ouro del vèspre, lou curat de Paulhac, l’abat Bertrand Dumount arribo e counto ço qu’es arribat lou meme mati à sa sirvento, Mari-Jano Valet, de dez-o-nau ons. Una drollo galhardo, biaissudo e valento :

« Ero à quinge cents pas al sud de Paulhac ammé sa sorre Tereso, mai jouvo de dous ons, e anabo à la bòrio de Broussous. Deviou traversa uno isclo coubèrto de vernhats, entremié dous bras del rieu que s’escampo dïn la Deijo, un pauc mai lonh. I o dous darcadous que permetou de passa. Del temp que caminabou en terren descoubèrt, aun avisat la Bèstio que lei roudabo. O vóugut se rounsa soubre Mari-Jano. Mas èro armado d’uno baiouneto que soun paire li avio fargado, e o tustat la Bèstio al pitre. Aquelo d’atï o bramat fourejomen, en pourtant la pauto de davont à sa nafro, coumo uno persouno l’aurio fat. Puèi s’es escampado dïn lou rieu, ounde s’es roudelado mai d’un cuòp, abons de sourti e de dispareisse. »

Amm’ acò, li batèires anèrou à l’endrèit que la Bèstio avio atacat lei jouventos. Lei questiounèrou, agachèrou la baiouneto inquèro pleno de sanqueto soubre tres póuces de loungour. Troubèrou de piados de la Bèstio e de traulhos. Lei seguèrou, e veguèrou que lou loup avio bourdejat lou rieu, e que l’avio passat e tournat passa en mant-un
lioc, abans de dispareisse.

L’abat Dumount mandè un raport di faits à Moussu de Sant-Prièst, intendent del Lengadò à Mountpelier, ounde se legissio :

« I veirés que la Bèstio fero es bessai estado nafrado mourtalomen per una segoundo pieucèlo d’Ourlhens ou del Givoudan que lou cèu avio destïnado à-n-aquel espet per delibra la proubìncio del moustre afrous que les tracasso despuèi tont de temp… S’aquelo Bèstio mouris pas del cuòp qu’o recebut, cò’s segur que n’en sarò aflaquido per loungtemp. »

Ensajèrou d’atira la Bèstio soubre una fenno artificialo pleno de pouizou. Deguisèrou una fedo en pastresso, del temp que li chassaires s’escoundiòu. Mas la Bèstio soulfinè aquessos trampèlos groussièros.

Aladounc faguèrou apèl al rèi.

De Versaios Louvis XV mandè Antòni de Beauterne, soun lioc-tenent dei chassos e porto-arcabuso, ammé uèit gardo de las capitanarios reialos.

Arribè à Cliarmount al mié del mes de junh. Se fo remetre per l’intendent d’Auvernho, Ballainvilliers, de chavals, de miòus de bast, de petards per li traire pels boscs e espouruga la Bèstio e la destousca, vint lanços enmargados « per lei metre entre lei môs de païsôs demié li mai vigourous e li mai sàbis ». Se trasporto puèi à Sant-Flour, puèi al Malzieu, en Givoudan. Repartis si gardos dïn li vïlatges dis entours. A la fi de junh, sa pichouno armado es ja prèsto e coumenço lei batüdos.

L’astre fai que la Bèstio se té tranquillo durant quaucos senmonos.


LOU FAMOUS JAN CHASTEL E SOUN FILH ANTÒNI

Lou 15 d’agoust de 1765, dous cavaliers d’Antòni de Beauterne rescountrou Chastel e si dous filhs. li cavaliers s’aprèstou à passa per uno sendo estrèito per prendre lours postes de chassadours e damondou i tres Givoudanés se lou passatge es segur, se i o pas de sanhos.

"Anas-i, ço-dïs lou paire. Poudet sègre tranquilles."

Mès al cap de sounque detz pas lou primier chaval s’enfango fin lou ventre. Li dous àutri gardo aun de mau à sauva l’animau e lou cavalier.

D’aquel temp li tres Chastèl s’espoufidou.

Li cavaliers s’en vaun e faun un raport à Antòni de Beauterne, qu’escrieu i jutges de Saugues que faun enclava Jan Chastèl, dït « lou Masc », e si dous filhs. Lou mai jouve se souno Antòni. S’èro fat dis Uganauds del Vivarés, puèi di galerians de Touloun, èro estat fat presounier per li piratos d’Algier. Avio renegat la fe catoulico per pouder èsse delibrat countro rençou. Un cop tournat en Givoudan, viscabo isoulat al mié di boscs, ammé de côs e de loups un pauc aprivadats.

Lou medici de Saugues coumto :
« Un cop, mountèri à lour bòrio, que la maire èro malauto. Al moument de tourna, fazio negro nueit. Jan m’avio beilat dous loups coumo escorto, en me precisant : Fai mèfi de toumba pas, que te devourariou ; e un cop à l’ousta, doublides pas de lour douna una tourto de pô. »

Adounc pouden dïre que :

li Chastel aun marrido reputaciou. lou passat un pauc misterious e plô particulier del filh Antòni renforço la suspiciou. Abelis de loups.




BEAUTERNE S’EN TORNO

Beauterne repetabo que voulio tourna à Versaios abans la sazou marrido. Ti-avet que lou 21 de setembre desquilho un loubatas dïn la valado d’Alaier en amount de Brieude.

Henri Pourrat farò remarca :

« Quonho crespïno ! Talèu arribat dïn aquel cantou ounde la Bèstio es pas jamai vengüdo, desquilho d’un cop de canardièro un loubatas dïnc un bosc que pertanh à de mounjos. Amm’ acò, demié toùti lis àutri chassaires, acò’s vers guel que la Bèstio arribo, e guel jinco talomen plô, que li mando uno balo dïn l’uei. »

Lou loup es pourtat soubre l’estïno d’un ase fin Cliarmount. Tres ciroges l’empalhou e Beauterne torno à Versaios ounde Louvis XV li douno uno pensiou de milo lieuros ammé lou drèit de bouta la Bèstio dïn sis armos d’escut.
Pel rèi, l’afaire es achabat.
Pamen li Givoudanés e lis Auvirnhats tuou la Bèstio inquèro sièi cops.
La Bèstio s’es tengudo tranquillo quand li Chastel èrou en presou, se tenen pas coumte del loubard tuat per Beauterne.
Mas aquel loubard inoucento touto la famìlio, qu’o larjour, e que participo ei batüdos.

Lou 19 de junh 1767, soubre lou pendïs d’ubac del Mount Mouchet, pròchi lou vïlatge d’Auvers, lou marqués loucau e sa troupo de chassadours batou la mountonho. La Bèstio es estado vïsto pel bosc de la Tenazeyro. Lou senhe d’Apcher dispauso sis omes per l’encercla. Jan Chastel n’en fazio partïdo, ammé soun chapelet, « e sei diablarios » ço-diziou d’ùnsi. Se bouto de ginoulhous e legis lei litanios de Vierge, lou fuzilh pausat près de guel, quand aviso la Bèstio, à cinquanto pas, soubre soun quiòu, que lou finto, paziblomen.

Prend lou temp d’achaba sa pregàrio, barro soun missau, plego li mericles, lei boutos dïn sa pocho, sèns se despacha. Empounho lou fuzilh, jinco, trai. La Bèstio toumbo soubre lou flanc e guel li crido : (Acò’s rapourtat en lengo d’o dïn li raports de l’epoco souto aquelo formo)

Bestia ! N’en mandjaraz pa puz ! » (Remarcat li –Z qu’endïcou que lou – S finau es mut en auvirnhat)
Charguèrou lou cadabre de la Bèstio fin lou chastèl de Bescos, ounde lou marqués demourabo. La balo de Chastel li avio traucat lou còu e petat l’espallo gaucho.
Jan Chastel anè à Versaios mas Louvis XV pretendè que la Bèstio esistabo pas mai despuèi dous ons. Jan Chastel oubtenguè almen del dioucèsi de Mende que li paguèssou 72 lieuros.



COUNCLUSIOU

La Bèstio tuet peraqui cent persounos. La chifro es pas preciso que saben que de gents fouguèrou coumpletomen minjats. I aguè de dispareguts, e dïn li cadabres troubats, n’i aguè qu’èrou pas più qu’un boucinou de cos.

De legendos circulèrou soubre Antòni Chastèl, que lis Algerians l'auriou chastrat - acò's vertat qu'hou faziou souvent - e que sario devengut fòu à se vouler venja soubre tout lou mounde.
So qu'es sigur es que sabio aprivada de loups. Moun ipoutèsi es que i avio mant-uno bèstios. So qu'es sigur es que n'i aguè almen uno qu'èro plô mai bèlo qu'un loup acoustumat, e soubretout amm una coulour de piau prou diferento.

Aladounc, de qué se trachabo ?

Una bèstio exoutico, mès quonho ? Una ieno sario pas estado tant grosso coumo dïzou li testimònis amai se la descripciou jounto plô. Pouden pensa també à un loup aprivadat e nouirit regulieromen, adounc plô galhard, ple de forço. L'atitüdo de la Bèstio davant Jan Chastèl manco d'agressivitat. Semblo espera un sinne de soun mèstre. Fau l'ipoutèsi que uno dei bèstio tuarèlo èro un loup aprivadat per Antòni, e que Jan decidè d'arresta lis espets sanguinous del loup de soun filh.

Acò clarifico pas tout, mas parcialomen.



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