jeudi 8 juillet 2010

Alan Broc : Xavier-Marie Bonnot

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Ammé soun noum de bandit en tracciou, aquel ome es marsihés e escrieu de roumans pouliciers coumo "Les âmes sans nom" que coumenço à Marsiho (pas "Marseille") e que coumporto de retours (de flash-backs en francés) en Irlando en en Bretanho.

L'autour bouto un gloussàri di mots marsilhés à la fi, à coumença per "Marsiho". I o també "mouloun, argeras" (nàutri dïzen argelas) "dégun....."

L'autour esplico en abans-dire que se i o un separatisto bretou d'estrèmo-drèito dien soun rouman, e que s'o pas cap de simpatìo per l'oucupaciou (dounc pas tampauc per Alibert e lis oucitans) eimo be lis aparadours dis identitats regiounalos, "tant necssàris fàcio à l'unifourmisaciou de la moundialisaciou".


Veirés de neo-druides bretous, e de neo-druides ligours.

Passejarés à Belfast à la raso del bàrri naciounalisto de Falls Road e del bàrri uniounisto Shankill.



Belfast, una vïlo cousternanto e seduzento à l'encop qu'èro chantado per un groupe de musiqueto en 1978 dien soun titoul "Belfast", qu'èro dien li juke box: "Belfast ! Belfast ! tioulouloulou !"

Lis actours parlou gaelique de cops, l'autour nous hou dïs mès bouto la fraso en francés.

Li Marsihés sou pas de francés lambda.

Aquel lhibre es en pocho agaro e costo min de 7 euròs.




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mercredi 7 juillet 2010

Louïs Debrons : Nuèt de junh - « Lo Cobreto » del 1er de junh de 1925

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Nuèt de junh


Dinc lou cèu picalhat de luzentos estièlos,
Clar, e plô balajat de nibouls ou rantièlos,
La luno, bourriòu d’or, esclairo lou païs,
Suls ginolhs del belet l’efantou s’atunis.

Pels boscs lou roussinhòu gisclo sa cascalhado,
Lou mèrle, delai lonh, respound d’uno estuflado.
Dinc un sanhas la graulho engrano soun rau-rau,
D’un pargue retrounis la bramado d’un brau.

Pels prats les saltaboucs s’estiròssou dinc l’èrbo
Ound lúcio çai e lai l’argent de quauco sèrvo,
Una forço de fé, de bestiau e de mèu,
Amm aquelo de flours, s’espandis pel courtièu.

Lou caumàssi del jour à la fresco fo plaço,
Uno ratopenado en l’èr foulejo, passo,
E lou mounde rendut de trabalh vo rounca
Jusc’à que lou souguelh sul puèt torne darca.



Louïs Debrons
(majourau del Felibrige)

Paregut dinc « Lo Cobreto » del 1er de junh de 1925
(e tournat pareisse dinc un numerot dis annados nounanto)

Indicos del majourau Clemens Besoumbo :

Las rantièlos : dans le texte : les toiles d'araignée.
Lou bourriòu : la galette de blé noir
Giscla : crier
Un sanhas : un marécage
La graulho : la grenouille
Les saltoboucs : qui saute les boucs, les sauterelles
La sèrvo : le réservoir dans un pré
Una forço : dans le texte : un parfum
Lou caumàssi : la chaleur pesante
La ratopenado : la chauve-souris




Soleil de minuit



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mardi 6 juillet 2010

Ive Gourgaud : LE TRAITRE EST DEMASQUÉ !!

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Traitre ou vrai ou faux Félibre :
Louis Maurice Faure
Président de conseil &
Ministre de l'instruction publique



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LE TRAITRE EST DEMASQUÉ !!
Ive Gourgaud


Ma demande d’ « enquête » sur l’auteur de déclarations publiques fortement anti-occitanes au sein du Félibrige, publiée par l’ami Sèrgi sur MARSYAS2, nous a valu deux contributions de belle venue :

Le Majoral Rémi VENTURE nous a précisé et sa « place » dans le Félibrige actuel, et sa philosophie de l’intervention publique : à visage découvert. Nous avons un lutteur loyal, qui discute argument contre argument : il a pour cela et la formation intellectuelle et le poids que donne une capacité de travail bien au-dessus de la moyenne... Je parle de la moyenne d’activité des Majoraux actuels, laquelle moyenne me paraît très... moyenne, au regard des nécessités du moment : les heureuses exceptions, comme Pierrette Bérengier, Marie-Noelle Dupuis ou Bernard Giély, entre autres, ne suffisent pas à cacher la forêt des « majourau dourmihous », ce ventre mou qui prétend diriger le Félibrige et sur lequel s’appuient –c’est le jeu démocratique, dans une organisation qui ne l’est guère- les Catau qui disent la Parole Officielle. Par son travail de mistralien, Rémi Venture est intouchable au sein d’une organisation qui se réclame encore de la « pensée et de l’oeuvre » de Mistral.

Quant à Jean Lafitte, il nous livre, en quelques phrases très synthétiques, son jugement d’ensemble et sur la « politique linguistique » de Mistral et sur les dérives (au sens d’ abandons au fil de l’eau) du Félibrige actuel. Occasion de rappeler que Yan/Jean est le co-auteur d’un ouvrage de plus de 200 pages (La « Langue d’oc » ou leS langueS d’oc ?, Pyrémonde 2009) qui aligne les faits, les preuves et les arguments en faveur de la pluralité linguistique en terres d’oc : il attend toujours (et nous avec lui) que le Félibrige qui prétend « incarner » la pensée mistralienne et qui conteste globalement notre position (ce qui est bien son droit) veuille bien lui faire savoir quels ARGUMENTS il oppose aux nôtres. Il me semble que Mistral, lui, ne craignait point la confrontation : depuis ses débuts avec la querelle qui l’oppose aux « troubaïres » marseillais jusqu’à la fin avec sa célèbre Lettre sur la graphie (en 1913, un an avant de mourir) qui renvoie les Occitans (déjà ) à leur néant prétentieux (déjà), sa longue vie n’est que combat intellectuel et volonté d’expliquer ses positions. Lui au moins n’a jamais mérité ce cruel jeu de mots sur « capoulié » et « capounié » : il n’avait pas toujours raison, mais il était toujours courageux. Je vous parle d’un temps / que les moins de cent ans...
Ces deux interventions immédiates et spontanées prouveront à tous (si besoin est) la qualité de nos positions et de leurs défenseurs... ce qui ne signifie pas que nous avons le « seul chemin de Vérité », comme dirait l’autre : on n’a sans doute pas assez médité sur la position extrêmement originale et féconde du Félibre d’Auvergne, partisan de l’unité de la « Langue d’oc » et en même temps de la pluralité des « langues de culture d’oc ». Si, au lieu de ne voir en lui qu’un imprécateur, les Catau voulaient bien réfléchir un peu sur cette autre conception de la pluralité (et de l’unité), peut-être avancerions-nous sur le chemin de l’échange, au moins intellectuel...
Il est donc temps pour moi de vous livrer les « secrets » de ce texte anti-occitan dont je demandais aux lecteurs de retrouver l’auteur : si je feignais d’en ignorer les sources (Rémi le faisait justement remarquer), si je l’avais parsemé de trous volontaires (marqués par des /.../), c’est parce que je ne voulais pas que le repérage soit trop facile.
J’ai bien eu devant moi un article, mais tout à fait complet, et signé d’initiales qui ne laissent aucun doute sur l’identité de l’auteur : la scénographie du « traître » n’était qu’un clin d’oeil à l’actualité sportive, mais aussi, plus sérieusement, un avertissement aux Catau qui s’en sont déjà pris au Majoral Venture en lui reprochant d’avoir tenu des propos « anti-félibréens ». Quand ils sauront qui a signé les imprécations anti-occitanes que vous avez lues, ils seront, je l’espère, plus prudents dans leurs indignations...



Voici donc la vérité : cet article (dont j’ai reproduit les passages les plus marquants) date d’il y a près de 60 ans, puisqu’il paraît dans la revue FE qui a pour sous-titre MESADIÉ FELIBREN et pour Baile, à l’époque, un certain René JOUVEAU, qui sera Capoulier (1971-1982) et qui est Majoral depuis 1943 lorsqu’il va écrire cet article « scandaleux » dans le numéro 146-147-148 de l’ ESTIÉU 1952 ! L’article a pour titre Après Clarmount, il paraît en page 2 sur deux colonnes, et il est signé de ses initiales R.J.

Ceux qui se reporteront à la totalité de l’article verront qu’en aucun cas je n’ai déformé la pensée de René Jouveau : je le répète, j’ai juste caché des éléments qui auraient permis un repérage trop facile (par exemple, dans ma dernière citation, j’ai ôté le nom de ce Majoral qui avait conseillé au Capoulier de l’époque d’ ana chascun de soun coustat, autrement dit de faire scission avec le Félibrige occitanisé : c’était Bruno Durand, grand poète et mistralien tout aussi décidé que Jouveau ou S.A Peyre.
Quelle leçon doit-on tirer de la lecture d’un tel texte ? Tout simplement que ce n’est pas le Collectif Prouvènço, ni l’Alliance des Langues d’oc, ni le Félibre d’Auvergne ni MARSYAS ni Gourgaud qui ont « inventé » l’opposition IRREDUCTIBLE entre « Occitans » et Félibrige. Relisez les jugements de René Jouveau, ils sont sans appel.
Les Catau vont-ils nous prouver que Jouveau était un mauvais Capoulier, en le comparant avec l’actuel ? Ce serait assez intéressant... Vont-ils nous affirmer que l’ « époque a changé », et que l’occitanisme n’est plus un danger pour le Félibrige, mais une chance ? C’est aussi vraisemblable que l’appartenance du Catalan à la « Langue d’oc », selon Mistral : vérité en 1876, erreur plus tard. Mais on aimerait au moins savoir depuis quand, et à la suite de quel miracle, l’occitanisme a cessé d’être un ennemi ?

Petite anecdote pour terminer là-dessus : vient de paraître en Alès (décembre 2009) une étude sur une oeuvre du Majoral Paul Gaussen. Cette oeuvre est rebaptisée dans le titre « CAMISAS ET /sic !!/ CORDELIERS » (titre original mistralien : CAMISOS E COURDELIÈS) On aura compris que le texte a été « mis en graphie occitane », ce qui à la rigueur pourrait passer si le transcripteur avait bien voulu indiquer que le texte original était en graphie mistralienne. MAIS CE N’EST PAS LE CAS : à aucun moment le lecteur ne saura que la graphie d’origine était du bon mistralien, donc parfaitement standardisée (et autrement mieux qu’en occitan, puique le mot cévenol MÈS « mais » est réécrit MAS page 8, MAI page 9 et MÈS page 10 !!!)
Pour faire bonne mesure, dans la notice « Qui était Paul Gaussen » (pages 55 à 58) on ne trouvera PAS LA MOINDRE ALLUSION à l’appartenance de Gaussen au Félibrige : les mots « félibre » et « Félibrige » n’apparaissent pas une seule fois dans l’ensemble de l’ouvrage. Ce qui devrait encourager les Catau à préparer une nouvelle manifestation avec leurs bons amis occitanistes, qui n’ont même pas la reconnaissance du ventre. Car être chien couchant, c’est une vocation que d’aucuns ont élevé au niveau d’un art, grâce à une pratique constante et soutenue...

Contentons-nous, comme le préconisait un autre grand mistralien (M.F. Delavouet) de rire de bon coeur aux galéjades félibresques.


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lundi 5 juillet 2010

Alan Broc : Sant Benezet & Avignoun - St Bénézet & Avignon

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Souto la nèu
10/01/10


Une note bien de saison, le Festival d'Avignon arrive & combien ignorent en le foulant le pourquoi du Pont St Bénézet !!!

Alan Broc , nous éclaire en Auvergnat sur ce pâtre devenu saint & peut être dans la langue qu'il parlait alors ! :



Sant Benezet èro un pastre del Vivarés. (Vivarés vers 1165 — Avignoun, 1184). Sa legendo counto qu’à l’atge de tretge ons, anè en Avinhou e coumencè d’i bastï un pount soubre lou Rose, qu’èro plô malaizit de traversa à-n-aquel endrèit.

Fouguè d’en primier mau recebut per l’avèsque, mas Benezet oubtenguè puèi lou proudèl del perbosc de la cieutat e se metè à l’obro amé quauques coumpanhous, que coungreièrou ammé guel una counfrairesso laïco, coumo s’en creabo forso à l’epoco,
aplegado à l’entreté e à la coustrucciou di pounts per facilita li desplaçomens di pelegris e di vouiajadours.


À sa mort, en 1184, lou pount d’Avinhou èro pas inquèro achabat, mas devio l’èsse tres annados d'après. Aqueles elements de biougrafìo legendàrio sou dinc una Vïdo redigido al sègle XIII.
Lou culte d’aquel sant patrou d’Avinhou es en tout cas ben atestat dien lis annados 1230-1250, per de verbaus de miracles atribuïts à soun intercessiou. Sei rèstos èrou venerados dinc una chapèlo plô frequentado per li pelegris, situado soubre la treseno arco del pount.



En 1699, aquessos relìquios fouguèrou desplaçado à la glèisio-catedralo d’Avinhou d’ounde passèrou à la glèisio Sant-Daidier al sègle XIX.

Sant Benezet se festìgio lou 14 d'abril.



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dimanche 4 juillet 2010

Yves gourgaud : Du Félibrige aujourd'hui - avec réponse de Rémi Venture & Contribution de Jean Lafitte !

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Les pages de Marsyas 2 sont à la diposition de Yves Gourgaud sur une polémique qui agite le Félibrige en ces jours d'après Santo Estello ...


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Caravaggio : le Baiser de Judas



QUI EST LE « TRAITRE » ?


On a tous en mémoire la tragi-comédie d’ une équipe de France de football dont le capitaine dénonce publiquement, non les erreurs ou les horreurs commises, mais le fait que la presse en ait fait état : « Il y a un traître parmi nous, et il faut savoir qui : c’est ça le problème », disait-il en substance.
Je soumets aux lecteurs de MARSYAS le même problème : j’ai sous les yeux des extraits d’un article de presse qui, parlant du Félibrige, se montre d’un anti-occitanisme épouvantable ; il menace même le Félibrige de SCISSION (cf. plus bas). Or certains passages prouvent à l’évidence que l’auteur ne peut être qu’introduit dans le saint des saints du Félibrige, à savoir le Consistoire : il s’agirait donc d’un MAJORAL qui aurait rendu publiques des affaires et dissentions internes à l’organisation.
Qui est le traître ? Je vous demande de m’aider à le démasquer. Voici les extraits de l’article, accompagnés entre parenthèses de mes propres commentaires, en français :

« Quand proutesterian, soulet (ce mot est mis en relief dans le texte original) contro l’eleicioun d’un Oucitan à la cigalo de /.../, semblavo que li Prouvençau, incounsciènt dóu dangié, pensavon autramen que nautre. »

(La langue provençale est ici peu claire : l’auteur parle-t-il en son propre nom (SOULET), ou au nom d’un groupe (PROUTESTERIAN, NAUTRE) ? Autre problème : l’auteur est-il Provençal lui-même ? Il écrit en mistralien, mais il semble s’opposer aux « Prouvençau » inconscients. Une seule chose est sûre : il considère qu’élire un Occitan représente un DANGER, cf. la suite)

« Or, aquelo eleicioun coustituissié uno atencho à la situacioun dóu Mistralisme en Prouvènço. Èro uno brèco dins la cadeno adeja proun magagnado dóu Felibrige prouvençau. Aquéli que n’èron esta lis oubrié sabien ço que fasien. Lis avian avisa, avans lou vote, de l’errour qu’anavon coumetre en favourisant l’eleicioun d’un Oucitan /.../ Vouguèron rèn entendre. »

(Les accusations se précisent : l’auteur avait tiré la sonnette d’alarme, mais « les Provençaux » du Consistoire n’ont rien voulu entendre. Donc, si l’on suit le raisonnement, ils sont responsables, bien sûr, de l’élection d’un Occitan, mais avec cette élection c’est LE MISTRALISME EN PROVENCE qui est atteint, alors qu’il est déjà mal en point, selon l’auteur. Les Majoraux provençaux sont donc ici accusés d’aveuglement ou pire encore, de collusion consciente et réitérée avec les ENNEMIS DU MISTRALISME. L’accusation, on le voit, est très grave : s’il s’avérait que le Majoral Venture soit l’auteur de cette accusation (ce que je ne crois pas), nul doute que des voix haut placées s’élèveraient au sein du Félibrige pour réclamer son exclusion. Surtout que la diatribe n’est pas terminée :)

« Adounc, la cigalo anè à /.../ qu’ ansin pousquè auboura lou pavaioun dóu Counsistòri sus soun annèisso marsiheso de l’IEO de Toulouso »

(Au détour de cette phrase, on voit que l’auteur considère l’entreprise occitane comme une INVASION : Marseille devient une « annexe » de Toulouse, une place forte conquise par l’occitanisme. Et le Consistoire est clairement et directement accusé de COMPLICITÉ : c’est bien son « pavillon » qui va flotter sur ce territoire annexé par l’ennemi. On retrouve l’accusation, très grave, d’ intelligence avec l’ennemi : le Consistoire a trahi la Provence au profit d’une entreprise étrangère hostile : l’Occitanie, sa capitale Toulouse et son armée de croisés IEO)

« I’aguè, urousamen, en Prouvènço, de majourau que, pamens, sentiguèron lou dangié /.../ Falié empacha que la brèco s’agrandigue e que cènt an de Felibrige prouvençau se vegue arrouina pèr l’intrado massivo au Counsistòri d’uno majourita oucitano. »

(Si le Majoral Venture était l’auteur de ces lignes, cela ressemblerait furieusement à un plaidoyer pro domo !...
Le mot DANGER est écrit pour la seconde fois : les majoraux de Provence ne sont donc pas tous vendus à l’ennemi occitan. Mais le danger est clairement défini : LE FELIBRIGE PROVENCAL est MENACE DE MORT par les manoeuvres occitanes, et avec lui un siècle de Mistralisme en Provence. On remarquera bien sûr que ce sont les arguments du Collectif Prouvènço, que le Félibrige officiel juge si « extrémiste » : le traître soutient exactement les mêmes thèses, et son anti-occitanisme me semble même encore plus radical dans ses formulations, avec son vocabulaire guerrier et son appel pressant à « la patrie en danger »)



Il y a donc réaction vive contre les manoeuvres occitanes, et contre-réaction de la part des félibres occitanistes, si l’on en croit ce passage :
« L’ Escolo parisenco « coumpren pas ‘quéli manifestacioun d’un « racisme » grafi »
(S’agit-il du « Viro-Soulèu », ridiculement rebaptisé « Vira-Solelh » par la bande occitaniste menée par le Majoral Fourié ? En tout cas le traître ne se laisse pas impressionner par cette accusation :

« Nòsti legèire sabon ço que fau pensa d’aquéu « racisme » grafi /.../ E quand nous espingoularien enca mai l’etiqueto de « racisto », noun poudrian pèr acò leissa l’eiritage mistralen à l’asard d’èstre descara pèr uno reformo grafico qu’es la negacioun de cènt an de Felibrige prouvençau »

(Le traître n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il affirme qu’il a déjà exposé ses opinions devant le public. Mais surtout, il livre en une phrase l’essentiel de son intervention : L’OCCITANISME GRAPHIQUE EST INCOMPATIBLE (« es la negacioun ») AVEC L’IDEE FELIBREENNE ET MISTRALIENNE. Selon lui, l’ « héritage mistralien » est mis en danger de mort par l’occitanisme graphique (remarquons qu’il n’envisage nullement les autres aspects de l’occitanisme, le politique en particulier : son combat est GRAPHIQUE)
C’est bien sûr un très rude coup porté au Félibrige officiel qui admet en son sein des majoraux occitanistes et fiers de l’être (à l’heure actuelle : Fourié, Passerat et bien d’autres) : selon le traître, ces majoraux oeuvrent directement CONTRE MISTRAL ET LE FELIBRIGE. Cette accusation est d’une grande force, et même d’une grande violence.)

« Vaqui tout. Se lou volon coumprendre, lou Felibrige miejournau pourra countunia soun camin. Se noun, se devèn nous pèu-tira ansin entre gènt d’eici e gènt d’eila, tant alor faudrié segui lou counsèu que baiavo / ...?.../ au Capoulié e ana chascun de soun coustat »

(La conclusion est terrible : soit le Félibrige « comprend » le danger mortel que représente l’occitanisme, même réduit à sa dimension graphique, soit LA SCISSION DEVIENDRA NECESSAIRE.)

Je ne crois pas avoir jamais lu un tel jugement dans les critiques portées par le Collectif Prouvènço sur le Félibrige : qui est donc ce traître infiltré dans l’organisation et qui en démolit si férocement la politique de compromission avec les Occitans ?
Je compte sur les lecteurs attentifs et assabenta pour nous donner ici lou mot de Santo Claro. Bien entendu, je garantis authentiques toutes les citations de cet article.



Yves Gourgaud,

juillet 2010

L'avis de Roumié Venture suite à la prise de position ci-dessus :

" Adiéu, à Marsyas 2,

Assabenta pèr uno amigo, vene de legi lou documen d'Ives que metiguères i'a gaire sus toun blog, e mounte ounte siéu evouca. Dins aquelo escasènço e pèr que li causo fugon claro, ai de te precisa ço que vaqui.

- Siéu plus esta presènt à uno sesiho dou Counsistori despièi la Santo-Estello de Grèus...
- Adounc, i'ère pas mai aquesto annado que li cop d'avans, mume se mandère moun poudé à Mario-Nadalo Dupuis pèr pousqué vouta, en particulié pèr lou Paire Desplaches qu'a touto moun estimo.
- Se M.-N Dupuis me rendiguè pièi comte dis eleicioun de majourau, me diguè pas rèn de ço que se ié diguè toucant lou rèsto de soun ordre dou jour. Sabe dounc pas rèn de ço que se ié passè, e M.-N. pourra te lou counfierma...

- Autro causo. Quouro vole m'espremi sus quauco-rèn d'un biais clar em'ouficiau - e mi pousicioun soun bèn couneigudo...- es pas moun biais de pas signa un pretendu article - que fuguè publica mounte ? Ives Gourgaud dis pas rèn aqui dessus...
- Signale que s'aguèsse vougu afourti quauco-rèn, l'auriéu fa dins lou magasino que n'en siéu l'un de si baile, valènt-à-dire Me Dison Prouvènço.
- Se pourra d'aiours arremarca que pèr uno voulounta bèn chausido de nosto redacioun, parlan pas gaire, vuei, dis afaire felibren dins Me Dison Prouvènço. Noun soulamen pèr pas empura lou gavèu - e se saup que nosti raport emé lou Felibrige soun tras que marrit...-, mai tambèn pèr ço que i'a de causo, en Prouvènço, enca mai marrido - vèire lou papafard messourguié emai faus de l'IEO sus la "Crotz de Provença" publica pèr espandi dins noste païs un insigne qu'es pas siéu dins l'escasènço de l'oucitanisa...

Adounc, te sariéu duvènt de bèn vougué publica aqueste message dins toun blog pèr bèn faire counèisse ma pousicioun aqui dessus e leva touto ambigüeta.


Roumié VENTURO


en français :

Alerté par une amie, je viens de prendre connaissance du document publié sur ton blog par Yves Gourgaud, dans lequel je suis évoqué. A toutes fins utiles, je me permets de préciser ceci;

- Je n'ai plus assisté à une séance du Consitoire depuis la Sainte-Estelle de Gréoux-les-Bains...
- Je n'étais donc pas présent cette année, même si j'ai envoyé un pouvoir à Marie-Noëlle Dupuis afin de pouvoir voter, en particulier pour l'Abbé Desplanches qui a toute mon estime...
- Si M.-N Dupuis m'a rendu compte des élections de majoraux, elle ne m'a aucunement tenu au courant des propos tenus au Consistoire. Je n'en sais donc rien du tout, et cette dernière pourra te le confirmer...

- Par ailleurs, lorsque je veux prendre une position claire et officielle - et mes position sont bien connues...-, je n'ai pas l'habitude de ne pas signer un prétendu article - publié où ? Y. Gourgaud est muet à ce sujet....
- Je signale que si j'avais voulu me manifester, je l'aurais fait dans les colonnes du magasine dont je suis l'un des responsables, c'est-à-dire Me Dison Prouvènço.
- On remarquera par ailleurs par une volonté délibérée de notre rédaction, nous n'évoquons guère aujourd'hui les affaires félibréennes dans Me Dison Prouvènço. Non seulement pour ne pas envenimer nos rapports déjà tres mauvais avec le Félibrige, mais aussi parce qu'il y a aujourd'hui en Provence des choses qui se passent et qui sont encore plus graves - cf. le prospectus faux et mensonger de l'IEO sur la "Crotz de Provença" visant à diffuser dans notre pays un insigne qui n'est pas le sien afin de l'occitaniser...

Je te serais donc infiniment reconnaissante de bien vouloir publier cette mise au point.





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Enfin est pour conclure la réponse d'un Gascon qui est loin d'être une réponse de Gascon (c'est facile je sais) : Jean Lafitte




Je n'ai pas le temps d'écrire longuement sur le débat soulevé par l'article d'Yves sur Marsyas, et d'ailleurs je n'ai pas encore achevé mes réflexions sur le sujet.

Mais l'approfondissement des écrits de Mistral qui sont censés fournir la doctrine du Félibrige me conduit de plus en plus aux propositions suivantes :

– Mistral jeune homme s'est trouvé embarqué dans un « provençalisme » poétique et patriotique largement ignorant des réalités du monde d'oc;
– ignorant de par sa situation sociale tous les problèmes du petit monde d'oc, celui qui ne savait guère s'exprimer en français et subissait la loi des « Moussus », il a pu poétiser à sa guise;
– ayant eu l'immense chance d'être présenté à Lamartine, fort influent à l'époque, et sous la fausse étiquette d'un jeune poète paysan, il a vogué sur la célébrité et s'est consciencieusement appliqué à soigner son image (Fébus, Henri IV et bien d'autres l'avaient compris et pratiqué avant lui);
– héritant des mensonges de Jean de Nostredame qui avaient si bien fait de tous les troubadours des Provençaux, il a étendu la Provence et le provençal à tout l'ensemble d'oc;
– ayant fondé son « Empire du soleil » sur l'erreur, voire le mensonge, il a fourni à l'occitanisme tout ce qu'il lui fallait pour s'étendre à son tour à tout le monde d'oc;
– soucieux de plaire et d'être applaudi, il a servi à ses auditoires le discours qui plairait; il en résulte une successions d'à-peu-près et de contradictions qui empêchent de mettre noir sur blanc un « Symbole » qui condenserait la pensée de Mistral en un nombre réduit de propositions;
– le Félibrige, en feignant de s'appuyer sur cette indéfinissable « pensée de Mistral », est un bateau sans boussole, balloté par le mouvement des idées, et pire encore par la disparition inéluctable des langues d'oc dans la société moderne.

À mon avis, dans son réduit provençal, ignoré par les occitanistes qui bougent — sauf pour l'inviter à des Béziers et Carcassonne qui sonnent comme Canossa — le Félibrige ne représente plus rien et disparaitra bientôt, avec la honte d'avoir ouvert ses portes à ses pires ennemis. Mais ont-ils entendu parler du cheval de Troie ?

J'ajoute que je n'éprouve aucun plaisir à ce constat.




Jean Lafitte

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vendredi 2 juillet 2010

Joan Fay : Villulo - Escrit vers 1960

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Villulo

D’i o mai de trento ons dïnc la ribièiro d’Autro
Al mié de las parets al ras del vièlh casau,
À l’aurièro del bosc, al pè de la coustièiro
Croumpèri tres pradous per d’i faire un oustau.


E prenguèri cossé e la pico e la palo
E per desbartassa e per tourna basti,
E plangeguèri pas ni moun temps ni ma peno,
Pas mai que fai l’auvèl quand soun niu vòu basti.


Lo lioc encanhardat guel toplô m’agradavo,
Les vezis èrou lonh de me desagrada,
Saion de mèmo sang, de mèmo fusto faits,
De l’auvirnhat al breç avion tetat lou lait.


Lonh de Tautal-Soubrô e de moun Nord-Cantau
Aprenguèri à counéisse e les rius e las costos
E atabé les boscs coumo lours boutarots,
Amai se les chassanhs en garrics se mudàvou,

Coumo la rocho en roc, coumo lou chi en cô,
Eici coumo d’amount la lengo èro parièro,
Les mots coumo la frucho aviau mèmo sabour,
Las vacos e lei vachos aviau mèmo coulour…

Coumo al pè dels voulcans ràjou parièros lavos,
Quon que sio lou coustat flàirou parièros flours,
Eici coumo d’amount tô frescho sourd la fount…
Ammé l’ourtou darrié, la naturo à ma porto,
Aimi moun oustalou al mié dels pradelous.

L’oustau n’es pas plô bèl ? Es prou bèl per nous dous !
Prou de linho l’ivèr per de cranos flambados
E prou d’oumbro l’estieu per fugi las suzados,
E se vé un amic o quaucun de passatge
Soun ouro sarò nostro es toujour plô-vengut.

Aqui lonh del rambalh del mounde e de son brut
Torni trouba lou calme de mon primier atge
E en respira l’aire vieu de mas mountonhos
Proufeiti plenomen d'èsse dinc ma camponho.

À coubèrt dels vièlhs rocs passarèi mes vièls jours
Aqui m’arrestarèi suau e per toujour.


Escrit vers 1960, mas Joan Fay, nascut durant l'estieu de 1914, es toujour aqui !

jeudi 1 juillet 2010

N. Dal Falco Quadretti a spiral - années 80

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Le Chat & le renard
Property N. Dal Falco



Quadretti a spirale



La guerra tra Pirano e Isola (Istria)

Partirono un giorno da Pirano con una zattera per bombardare Isola. Sulla zattera avevano montato un cannone scavato nel tronco di un fico. Al ritorno, la sera, dal molo li gridarono com'era andata; il capitano della spedizione rispose: « Tre feriti a bordo, tutto fumo .... figurarsi ad Isola».
Il comandante ha la faccia gonfia, pedicellosa; occhiali con lenti spesse, unte come la visiera del cappello. E' un tipo facondo, porta il montgomery, di storia in storia, di campanile in campanile ti racconta la costa, i paesi, le sfide.
Il nostromo, sta al timone, il suo orizzonte è la bussola; i suoi occhi scivolano continuamente dall'ago della bussola a quello del timone. Il suo viaggio non registra promontori, nè porti, nè baie ma solo numeri, comandante o primo: « Vai per 169 » - nostromo: « Uno, sei , nove».

14 giugno '86, Campo de'Fiori

Un uomo che parla italiano con accento tedesco; capelli bianchi, barba sale e pepe, non molto alto con gli occhiali e una borsa a tracolla pesante. Girando le spalle al cinema Farnese di segna con foga su di una pagina non più grande del palmo della mano, pescando in un mazzo di matite colorate.
Appare concentratisssimo e intenzionato a sbrigarsi. Per spiare il suo lavoro mi avvicino mettendomi così nel suo stesso punto di vista. Il mercato si rivela in tutta la sua carica di colori e di forme guizzanti.
Si proprio guizzanti, sotto i tendoni la luce cola come in un acquario. Nello schizzo coloratissimo sembra quasi che vi sia stato gettato dentro un pesce famelico pronto a far strage.
Le scorze rosso-nere di certi aranci sembrano ferite rapprese. Quando le addenti hanno un gusto di terra amara, di sabbia vulcanica.


Maremma.
Fichi giganti, monolitici, nei campi gialli, eucalipti che risuonano come voliere; qualche venerabile agave dalla pelle rugosa di drago. Il treno sgambetta passando accanto ad una volpe indecisa su un muretto. Al bivio di Montemerano un uomo piscia tra due fili spinati. Capannelli di pecore incastrate per farsi ombra in testa.

Via dei Coronari e dintorni.
Una strada del centro, domenica pomeriggio. Fa caldo, le persiane sono accostate. Poca gente indecisa. La luce si scioglie nell'aria come tempera.

Qualcuno immerge l'orecchio nella radiolina; una sensazione di benessere mi fa camminare con passo disteso. All'improvviso, dalle finestre di un'oratorio si diffonde un canto languido, una supplica innalzata in una lingua sconosciuta. Poi, altrettanto improvvisamente, al coro si aggiunge un tamburo e dei sonagli.
Il canto sale solenne. Chi prega nella chiesa? Sono dei preti copti, disposti in semicerchio nella penultima cappellina della navata sisnistra. Si appoggiano su dei lunghi bastoni con manico a "T"; davanti l'uomo con il tamburo li sprona ancheggiando.

J.S Bach, suite n° 2 per orchestra.
La musica barocca, archi e ottoni, è la musica del risveglio.



24 agosto '85, le api di San Romano, Puy S. Vincent.

La cappella di San Romano ha il camapnile addossato all'edificio come una freccia sull'arco, puntata contro il cielo. La cappella sporge sul ciglio della vallata e l'ombra aguzza del campanile si proietta come l'ago di una meridiana sul versante opposto, risale il bosco, il prato bruciato, il ghiaione, la roccia rossa di licheni ritagliata nell'azzurro.
Ai piedi della cappella dove la strada d'erba si interrompe davanti ad uno scoglio di granito c'è una fila di casette argentate, avvolte in un silenzio febbrile, tra partenze e arrivi che seguono i binari della luce.


12-5-'85,Sant'Ivo alla Sapienza.

Oggi ho visto l'interno per la prima volta. Mi è parso semplicemente, rigorosamente un pulpito di luce.


3 marzo '85, convento di San Francesco a Palestrina.

Poi, padre Ettore, vestito del suo lungo gembriule nero che mi faceva pensare ad un tipografo o al commesso di un negozio di tessuti, ciabattando in un paio di scarpe da ginnastica con le punte tagliate, tenendo sempre in mano la berretta gialla di lana, ci aprì la stanzetta dove aveva vissuto San Carlo da Sezze.
Il santo racconta nelle sue memorie che tra quelle quattro mura si difese dagli attacchi di diavolacci d'ogni risma. Ironia della sorte, la dentro era stata sistemata una cyclette.
Era impossibile non pensare a San Carlo seduto sopra che ìedalava come un matto, inseguito dall'orda di diavoli.


Sala d'attesa della stazione di Trieste.

Forti come Diane, gesti rapidi, decisi, visi seri, sorrisi a mezz'aria che vanno a morire sull'angolo della bocca. C'è anche Taras Bulba: faccia di cane, orecchie di cane. Le donne con i calzoni alla turca sono magnifiche, fumano a sazietà, con applicazione orientale. Tutti sono vestiti a strati come i loro pacchi.
La nonna, la madre, la zia, la moglie apparecchia: mezza pagnotta integrale, un vasetto di maionese, uno di peperoni verdi sott'olio, una salsiccia nera ricurva e mangiano tranquillamente, caschi pure il mondo, le punte dei piedi divaricate.


Alta Brianza.

Hanno attaccato delle striscioline di carta bianca sulle facciate delle case, lungo la recinzione dei giardini; passando dal paese verso sera sotto un cielo grigio e afoso hai l'impressione di attraversare una cittadina bombardata con brandelli di tende alle finestre.



Nicola Dal Falco

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