mardi 3 novembre 2009

Alan Costantini : lou meravihous crestian (article bi-lingue)

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Tout bèu just avans d'acaba l'annado Mirèio.


Mireille par Victor Leydet


Mirèio

lou meravihous crestian


Celebran aqueste an lou cènt-cinquantenc anniversàri de la publicacioun dóu proumié cap d’obro de Frederi Mistral : Mirèio.
Aqueste long pouèmo en douge cant a pèr erouïno uno chato, Mirèio, e tout-de-long dóu raconte lou meravihous se mesclo au verai, la legèndo à l’istòri. Tóuti aquélis elemen enmenèstron pèr de bon uno epoupèio. Segound la definicioun classico lou meravihous es l’intervencioun d’èsse subre-naturau dins lis aciouns umano. Aqui avèn dos meno de meravihous : aquéu dóu cant VI counsacra à Taven, la bono masco que viéu famiheramen emé lis esperitoun de la religioun de la naturo, pièi l’autre qu’aparèis à coumta dóu cant VIII, lou meravihous crestian.

Sabèn despièi Le génie du christianisme de Chateaubriand que lou meravihous crestian es en rèn inferiour au meravihous dis anciàni religioun, mau-despié Boileau pretendènt que dóu meravihous lou crestianismo n’èro sènso. Lou meravihous aqui es li sant qu’intervènon dins l’astrado de Mirèio.
D’abord Sant Gènt que pietadousamen endico un pous à la chatouno qu’à la pepido. Pièi li Sànti Marìo Jacobe e Saloumé - li sorre devers maire de la Vierge Marìo segound uno tradicioun atestado despièi la Legèndo daurado - prènon la paraulo pèr ié faire lou raconte de ço qu’an viscu en Palestino, de soun desbarcamen en Prouvènço e de la proumiero evangelisacioun dóu miejour di Gaulo. De dela de sa pedagougìo istourico, li Santo acoumpagnon lou revessamen esperitau de Mirèio. Vengudo dins soun santuàri pèr óuteni son unioun emé Vincènt, l’erouïno va pau à cha pau agué la desiranço de l’escrèt amour.

A la fin, trasfigurado, mounto dins la barco di Santo pèr èstre emparadisado. Uno di plus bèlli representacioun de Mirèio es estado facho pèr lou pintre prouvençau Vitour Leydet. L’artisto a pinta la jouvènto d’esquino, coume acò cadun pòu imagina sa caro coume i’agrado ; sèmblo veni trasparènto fàci au soulèu dins un clarun qu’anouncio adeja sa luminouso apouteòsi.


Alan Costantini


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Watteau : L’Embarquement pour Cythère (1718)
Berlin - Musée de Charlottenburg


Mireille
le merveilleux chrétien


Nous célébrons cette année le cent cinquantième anniversaire de la publication du premier chef-d’œuvre de Frédéric Mistral : Mireille.
Ce long poème en douze chants a pour héroïne une jeune fille, Mireille, et tout au long du récit le merveilleux se mêle à la réalité, la légende à l’histoire. Tous les ingrédients d’une véritable épopée sont ici réunis. Selon la définition classique le merveilleux est l’intervention d’êtres surnaturels dans les actions humaines. Nous avons ici deux sortes de merveilleux : celui du chant VI consacré à Tavèn, la bonne sorcière, qui vit familièrement avec les esprits de la religion de la nature, puis l’autre qui apparaît chant VIII, le merveilleux chrétien.

Nous savons, depuis Le génie du christianisme de Chateaubriand que le merveilleux chrétien n’est en rien inférieur au merveilleux des anciennes religions, en dépit de Boileau qui prétendait qu’il n’y avait pas de merveilleux chrétien. Le merveilleux ici ce sont les saints qui interviennent dans la destinée de Mireille.
D’abord Saint Gens qui miséricordieusement indique un puits à la jeune fille qui meurt de soif.. Puis les saintes Marie Jacobé et Salomé - les sœurs utérines de la Vierge Marie selon une tradition attestée depuis La Légende dorée - prennent la parole pour lui faire le récit de leur vie en Palestine, de leur débarquement en Provence et de la première évangélisation du midi des Gaules. Au-delà de leur pédagogie historique, les Saintes accompagnent le retournement spirituel de Mireille. Venue dans leur sanctuaire pour obtenir son union avec Vincent, l’héroïne va peu à peu avoir le désir
du pur amour.

A la fin, transfigurée, elle monte sur la barque des Saintes pour être conduite en Paradis. Une des plus belles représentations de Mireille a été faite par la peintre provençal Victor Leydet. L’artiste a peint la jeune fille de dos, ainsi chacun peut imaginer son visage comme il lui plaît ; elle paraît devenir transparente face au soleil dans une clarté qui annonce déjà sa lumineuse apothéose.

10/2009


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1 commentaire:

Avignon a dit…

Très touchant tableau de Leydet.